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Sortie « de la fleur au fruit »

Samedi 8 juin 2019

Rendez-vous botanique

L’association ARBRE a donné rendez-vous dans la plaine de Beaulieu ce samedi à 16 h pour une promenade botanique afin de découvrir tout le chemin parcouru par nos petites fleurs des prés et des bois pour enfanter de jolis fruits. Yves Caraglio, enseignant-chercheur au CIRAD, gibecière bien remplie, mènera la petite troupe composée d’une vingtaine de personnes vers des découvertes somptueuses. L’an dernier la sortie s’était déroulée dans le Bois du Renard et l’observation s’était arrêtée à la fleur.

Le soleil est de la partie. L’ombre est rare. Un premier arrêt à la sortie du parking permet à Yves de rafraîchir les mémoires sur le système de la fleur qui regroupe les organes mâles et femelles qui donneront naissance au fruit : les sépales ou le calice, les pétales forment la corolle. C’est ce que l’on voit de loin, ce qui est attractif pour les yeux et pour les insectes. Les pièces périanthaires masquent les organes de reproduction. Nous allons nous intéresser au gynécée, la partie femelle de la fleur (formée par les carpelles). 

Yves a apporté plusieurs fèves. La feuille verte assure la photosynthèse sur la plante, il existe une feuille un peu particulière qui porte les ovules (qui permettront la formation des graines), on appelle cet élément la feuille carpellaire. Pour illustrer ce qu’est la feuille carpellaire, il suffit d’ouvrir une gousse de fève en deux : une lame verte (la feuille carpellaire) qui porte des ovules qui se sont transformées en graines. Cette feuille carpellaire s’est refermée sur elle-même enfermant les ovules à l’intérieur. La fleur comporte ainsi une ou plusieurs feuilles carpellaires que l’on appelle plus facilement un carpelle. La fleur comprend un ou plusieurs carpelles (de 1 à 5). On peut distinguer la ligne de soudure sur l’exemple de la fève (carpelle unique. L’ensemble des carpelles constitue l’ovaire. La fève va s’ouvrir sur les deux côtés –sur la ligne de soudure et sur la face opposée, le dos-. Les campagnols le savent eux qui ouvrent la fève sur le dos pour grignoter les graines des fèves bien suspendues grâce à des petits filaments, équivalents du cordon ombilical.

Yves continue la cueillette avec des petites poires. On retrouve les traces de la fleur dans la petite couronne composée de 5 pics –le calice, puis les traces des étamines-. Au centre, les pétales sont tombés. Yves dessine : l’ovaire est sous le calice mais ce n’est pas toujours le cas. Il coupe la poire en deux et nous invite à regarder l’intérieur : on voit comme des petites gouttes translucides, ce sont les feuilles carpellaires avec deux ovules par feuille. Ce que l’on appelle couramment « les pépins », ce sont les graines. Le fruit naît de l’épaississement de l’ovaire formé par l’ensemble des carpelles, ici pour la poire on dénombre 5 carpelles. Les poires sauvages font partie de la famille des rosacées.

Yves cueille une petite branche fleurie. Il y a beaucoup d’étamines sur la fleur. On découvre que chaque partie verte correspond à une feuille carpellaire. Nous avons affaire à une ronce, rubusla mûre. La partie dure de la mûre est attachée au carpelle. Chaque petit carpelle va grossir et donner un petit fruit qui va se coller à son voisin, et on mangera la mûre avec dans chaque petit fruit globuleux les graines. Le fruit est plus appétant que la graine qui sera ingérée par un oiseau et prédigérée puis rejetée dans ses excréments. La ronce fait aussi partie de la famille des rosacées. Dans cette promenade, nous sommes dans une démarche de vulgarisation qui consiste à simplifier des phénomènes plus complexes.

On se déplace un peu pour changer de registre avec une plante moins flashie qui appartient à la famille des céréales –les poacées ex. graminées-. Ces plantes ont des fleurs. Les fleurs ont du pollen. En les agitant on disperse le pollen. Yves fait un dessin. Les étamines sont à l’extérieur. Le vent est le pollinisateur. Pas besoin d’insecte. On distingue « le style » au sommet puis les stigmates. La fleur est simple. On ne la verra pas. Yves nous montre la partie qui constitue ce que l’on appelle le « son » de la folle avoine.

De la fleur à l’inflorescence : la plante met en place des fleurs sur une même tige, l’ensemble des fleurs s’appelle une inflorescence, sur la tige du bas vers le haut on passe des fleurs les plus anciennes aux plus jeunes, c’est une inflorescence appelé « grappe ». Quand toutes les fleurs partent d’un même point et sont à la même hauteur, l’inflorescence s’appelle une ombelle, c’est typique de la famille de la carotte (les ombellifères). La marguerite(ici une artémise) est une inflorescence « contractée », elle mime une fleur ! En l’ouvrant en deux, on découvre plein de petites fleurs. Dans chaque minuscule fleur, les pétales sont soudés. Les fleurs périphériques sont les plus anciennes et ont des pétales de grande taille et soudées en une lame blanche qui forme la couronne blanche de la marguerite. Sur cette fleur, les étamines qui supportent le pollen sont collées entre elles. Après la pollinisation, il y a la formation d’un petit fruit qui ne s’ouvre pas et qui est disséminé par le vent. Dans cette « marguerite », on distingue donc les fleurs en tube au centre et les fleurs avec la grande corolle blanche sur la périphérie. 

On poursuit la balade pour s’arrêter devant un parterre de fleurs violettes qui comptent 5 pétales et qui appartiennent à la famille des mauves. Elles ont deux petites pièces supplémentaires en dessous du calice. Les étamines sont soudées en un tube, on distingue aisément les gros grains de pollen blanc. Quand les étamines sont flétries, on voit le style qui est allongé avec ses 5 stigmates en étoile.

En longeant une petite vigne, Yves cueille une petite grappe qui est une inflorescence complexe. Chaque grain provient d’une fleur,  on retrouve les traces de la fleur avec la présence des étamines au-dessous de chacun des petits fruits en formation.

Au tour de la fleur de la carottede passer à la loupe, composée d’un ensemble d’ombelles simples regroupées elle-même en une ombelle. Elle sent bon. Elle est proche de la fleur de la cigüe. 

La scabieusevioletterappelle la marguerite avec une inflorescence contractée mais elle est différente : elle n’a pas de fleurs tubulaires, les étamines non soudées sont bleues. Elle produit de jolis fruits verts.

Sur le chemin ombragé, rencontre avec un églantier blanc. La fleur est composée de 5 pétales, 5 sépales et beaucoup d’étamines. Les pétales légèrement rosés et odorants en font une fleur attractive. Chez les rosacées il y a trois manières de passer de la fleur au fruit :

  • Les carpelles sont fermés : poire, pomme
  • Les carpelles indépendants se développent au-dessus : la ronce, la fraise
  • Les carpelles sont libres mais cachés : églantier (ce fruit s’appelle un cynorhodon ou plus prosaïquement un « gratte-cul »).

Dans une même famille comme les rosacées, il peut ainsi y avoir de grandes différences au niveau des fleurs puis par conséquence au niveau des fruits, même si toutes comportent 5 sépales et 5 pétales.

A la fin de la balade retour à la fève avec la gousse produite par l’arbre de Judée. Il s’agit du même type de fruit que la fève du début de la promenade, le fruit s’appelle une gousse, il est typique de la famille des  légumineuses.

Après plus de deux heures et demie de promenade au contact d’une nature souriante les apprentis botanistes vont s’efforcer de regarder autrement et plus attentivement les petites fleurs qui ornent chemins et champs de nos campagnes.

Merci à Yves pour ses explications fleuries et son coup de crayon magistral comme on peut le voir en illustration de ce compte-rendu.


Régine Paris
avec la relecture d’Yves Caraglio


Rendez-vous le samedi 15 juin à 20h30 pour une mini-conférence.
Yves Caraglio reprendra et approfondira le processus du passage de la fleur au fruit, salle Edmond Carrère (au-dessus de la bibliothèque) à Restinclières.

Sortie ornithologique

Samedi 11 mai 2019

La plaine agricole de Beaulieu

Les oiseaux de la plaine de Beaulieu ont eu un franc succès samedi 11 mai avec quelques 35 adultes et 7 enfants qui se sont retrouvé à 7h30 à l’ancienne station de levage pour une promenade silencieuse.  Un départ matinal ne les a pas découragés. Equipés de six longues-vues et de jumelles, sous la conduite de Karline Martorell, ornithologue, et d’Yves Caraglio, botaniste et bénévole de l’association ARBRE, grands et petits marcheurs ont tendu l’oreille –les deux quand c’était possible- pour tenter de reconnaître nos amis chanteurs. C’est le Rossignol philomèleque l’on reconnait d’emblée même s’il refuse de se montrer. Il nous accompagnera tout au long de cette balade.

La plaine héberge 6 à 8 outardes canepetières. En tant qu’espèce menacée elles font l’objet d’un programme de conservation au niveau national. Chemin faisant Yves réussira à en photographier une avec une proie dans le bec. Nous en verrons trois en vol, une femelle et deux mâles. Difficile dans ces conditions de les observer à la lunette. Pour effectuer tout son cycle biologique, cette espèce a besoin d’une mosaïque de milieux agricoles alternant friche ou pâtures, luzerne et colza.

Karline nous signale deux coucous geais, cet oiseau bien connu pour pondre dans le nid des autres et notamment dans les nids de Pie bavarde tout en abandonnant leur progéniture… Puis c’est le chant de l’Hypolaïs polyglotte qui se montrera un peu plus tard et qui nous accompagnera pour le reste de la balade.

Hypolais-polyglotte (©Yves Caraglio)

Karline nous indique que 80% des oiseaux sont identifiés à leur chant faute de pouvoir les voir de près. Aussi elle n’hésitera pas à nous les montrer sur le guide ornithologique qui ne la quitte pas.

Si on a l’oreille un peu exercée on peut reconnaître le chant de la Caille des blés qui se cache bien dans les champs.
Des pigeons ramiers sauvages passent dans le ciel. On peut en voir un à la lunette.

Tentative de Karline de nous faire entendre sur son mobile le chant du Loriot d’Europe en espérant qu’un vrai lui répondra. Présence aussi d’un mâle de Pie-grièche écorcheur, en halte migratoire, observée dans une vigne. Cet oiseau est connu pour empaler ses proies sur des buissons épineux, d’où son nom d’écorcheur.Bien haut dans le ciel passage d’un Faucon crécerelle, le plus commun des faucons, qui vit dans les vieilles bâtisses. Puis c’est au tour d’une Buse variable en vol qu’Yves arrive à photographier. Son envergure peut atteindre 1,10 m à 1,30 m.

Buse variable (©Yves Caraglio)

A la lunette nous pouvons voir le Bruant proyer qui possède une petite dent au niveau de la mandibule supérieure, bien visible lorsqu’il chante. Ce Bruant est fréquent en milieu agricole.

On entend aussi les martinets noirs et on distingue un Héron garde-bœufs au plumage nuptial en vol. Nous avons également pu entendre une Locustelle tachetée, chantant dans les fourrés. Celle-ci n’est présente qu’en halte migratoire et repartira très certainement dans les prochains jours.  

Héron-garde-boeuf (©Yves Caraglio)

Présent aussi dans la plaine le Circaète Jean-le-blanc, de couleur claire avec une tête marron. C’est un rapace et son régime alimentaire est principalement constitué reptiles et plus particulièrement de serpents.

Circaète-Jean-le-Blanc (©Yves Caraglio)

A la fin de cette promenade printanière d’un peu plus de deux heures, Karline nous montre quelques jolies plumes ramassées au sol comme celles très colorées du Loriot d’Europe ou du Rollier d’Europe.

Compte tenu du succès de cette sortie, deux balades seront programmées la prochaine fois.

Merci à Karline pour toutes les informations fournies. Il ne nous reste qu’à tendre l’oreille et à ouvrir grands les yeux. C’est pas gagné mais on peut toujours essayer.


Régine Paris
Relue par Karline Martorell et Yves Caraglio

Sortie observer les oiseaux

Dimanche 1er juillet 2018

La plaine de Beaulieu-Restinclières-Saussines

Répondant à l’invitation de l’association Restinclières Beaulieu pour le Respect de l’Environnement (A.R.B.R.E) 20 personnes dont 4 jeunes ont retrouvé Karline Martorell (Ornithologue/Herpétologue) qui a conduit la sortie ornithologique dans la plaine pour observer les oiseaux.

La sortie devait avoir lieu plus tôt dans la saison mais les conditions météorologiques nous ont contraint de différer. Aussi, ce dimanche 1er juillet à 17h n’était pas le moment le plus propice. Néanmoins nous avons pu nous instruire tout en observant et écoutant quelques oiseaux.

Pour commencer nous avons observé une Pie-grièche à tête rousse perchée en haut d’un arbre. . Il s’agit d’une espèce protégée à fort enjeu en région (espèce assez sensible).

pie grièche à tête rousse

Toujours très difficile à voir, le Rossignol philomène fait entendre son chant dans un bosquet le long du ruisseau la Gendarme.

Perché sur le dos d’un cheval dans un pré, nous observons le Héron garde-bœufs. Il arbore son plumage nuptial ; des plumes orangées sur la tête, le dos et la poitrine. Son bec est jaune et ses pattes rougeâtres. En plumage d’hiver, son plumage deviendra entièrement blanc.

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héron garde-bœufs (image fond d’écran libre de droit)

Dans un bosquet de frênes nous entendons un Loriot d’Europe avant de le voir surgir en vol ondulé, révélant brièvement son plumage jaune et noir.

Loriot d'Europe Oriolus oriolus Eurasian Golden Oriole

Écouter le chant du Loriot d’Europe

Dans le ciel quelques Pigeons domestiques nous survolent puis très haut nous observons un vol de Mouettes mélanocéphales. Ces dernières ont la tête noire et se distinguent en vol de la mouette rieuse par l’absence de noir au bout des ailes.

Nous observons le passage de Martinets noirs puis de Moineaux domestiques puis, planant sur les champs une Buse variable cherche probablement une proie (petits mammifères, reptiles batraciens, insectes).

Le chant mélodieux de la fauvette se fait entendre au fil de la balade.

Habitué des zones agricoles, en particulier les pâtures et les champs de céréales, un Bruant proyer posé sur un arbre se laisse observer. Son bec est court et conique, adapté à un régime alimentaire principalement composé de graines. Son plumage est relativement terne et présente peu de différences entre la femelle et le mâle.

Avec nos longues-vues, nous parvenons à localiser un Tarier pâtre, un petit passereau caractérisé par un cou blanc et la poitrine orangée

Sur un le sommet d’un pilonne un Moineau se régale, une cigale dans le bec. Une Tourterelle turque fait une pause sur un fil électrique.

Plusieurs fois entendue mais très difficile à voir une Outarde canepetière chemine dans une vigne au pied des oliviers.

Pour terminer la sortie, Karline nous monte quelques plumes d’oiseaux : les nuances de bleu des plumes du Rollier, le jaune et noir des plumes du Loriot d’Europe, les plumes blanches et noires finement dessinées de l’Outarde canepetière et les plumes duveteuses de rapaces nocturnes (Effraie des clochers et Hibou moyen-duc) qui leur permettent de voler en faisant le moins de bruit possible.

Bientôt 19h30, la balade s’achève, il fait chaud et l’activité des oiseaux diminue. Tout le monde s’accorde pour dire que l’année prochaine il faudra se donner rendez-vous plus tôt dans la saison et plus tôt dans la journée, avant les fortes chaleurs.


Catherine Fels
Relue par Karline Martorell et Yves Caraglio

 

Sortie les fleurs près de chez vous

Samedi 21 avril 2018

Quartier du Bois du renard à Beaulieu

Compte rendu de la sortie découverte des fleurs sauvages

Vingt-six personnes se trouvaient au départ de cette sortie botanique proposée par l’ARBRE et animée par Yves Caraglio. Le choix du lieu n’était pas anodin, puisqu’il s’agit d’un environnement récemment urbanisé, où des espaces boisés et des clairières ont toutefois été préservés. Le comportement des plantes et leur floraison sont donc particulièrement intéressants à observer en pareil cas.

Les premières fleurs rencontrées n’étaient pas sauvages, puisque du romarin a été planté à l’orée des noues, permettant de retenir l’eau sans bétonner davantage. Le groupe a poursuivi son chemin sous les pins d’Alep et les chênes verts bordant un ancien chemin de carriers, bien visible au sol à l’usure des pierres par les roues métalliques des charrois. Premier arrêt pour observer les petites fleurs jaunes des buissons du genêt scorpion (genre Genista), avec leurs tiges hérissées de piquants bien acérés. Ils appartiennent à la famille des fabacées (fèves), puisque leurs fruits sont contenus dans un petit haricot. Yves nous en distribue quelques fleurs, pour nous montrer les parties mâles et femelles -étendard double, comme un petit casque sur le dessus et en-dessous, comme un petit bec, la carène. A quelque distance, on aperçoit un autre buisson à fleurs jaunes, la coronille, une autre fabacée mais dont les fleurs sont disposées en couronne.

1-coronille

Yves Caraglio décrit la coronille.

Un second arrêt devant une superbe euphorbe, la Characias ou grande Euphorbe, très répandue dans nos garrigues. Yves nous montre que sa tige contient un suc blanc épais, du latex (comme dans l’hévéa qui appartient à la même famille botanique) très corrosif. Les petites taches noires des fleurs sécrètent du liquide sucré attirant les insectes pollinisateurs et plus particulièrement les fourmis. Yves dessine la fleur, la partie femelle avec ses 3 loges qui contiendront les graines et à la base, la partie jaune (étamines) qui est la partie mâle.

2-Euphorbe-characias-ou-Grande-Euphorbe

Le groupe pénètre dans une pinède bordée de maisons sur la gauche et s’arrête pour examiner les petites fleurs mauves d’un parterre de trèfles – encore des fabacées, avec les fruits contenus dans des petites gousses avec une sorte de dent poilue à la base. On observe de près la fleur mauve, avec ses 5 pétales en corolle, qui disparaîtront plus tard, tandis que le calice (5 sépales), persistera.

A l’orée d’une clairière qui embaume le thym (Thymus Vulgaris), nouvel arrêt pour étudier la floraison de cette plante omniprésente dans le Midi. Nous observons les 4 lobes bien visibles de la petite fleur et apprenons qu’un cinquième est soudé à l’ensemble le tout formant un petit tube. Il existe une soixantaine d’espèces de thym en Europe, onze sont présentes en Sibérie (!). Il appartient à la famille des labiées ou lamiacées, des plantes dicotylédones. Chez le Thym, certains individus n’ont que des parties mâles, ou bien femelles. On observe le calice vert, soudé, en-dessous, tandis que la corolle, dessus, est colorée pour attirer les insectes.

Voici ensuite une belle orchidée sauvage, le limodore qui ressemble un peu à une grosse asperge violette. Yves explique que l’insecte pollinisateur qui visite une autre orchidée, la Barlia ou Himantoglosse vient chercher une récompense et il repart avec les pollinies (les parties mâles de la fleur). Il s’agit d’une récompense d’ordre gustatif (nectar), ou bien d’ordre sexuel, comme dans le cas de l’ophrys bécasse juste à côté (espèce d’orchidée), où le grand pétale (le labelle) mime la femelle de l’insecte. En l’absence de femelles, l’insecte mâle attiré par l’odeur de phéromone de la plante tente de s’accoupler avec le… labelle. Si aucun insecte ne vient visiter la fleur de l’ophrys les pollinies vont fléchir et féconder la fleur et la reproduction s’effectuera par autofécondation.

Plus loin, dans une autre clairière, le sol est tapissé de plantes à petites fleurs bleues – c’est l’aphyllante de Montpellier, un monocotylédone (liliacées) composé de tiges et de fleurs, sans feuilles apparentes. En fait, il existe bien une feuille, mais transparente – c’est la tige verte qui fait la photosynthèse. La fleur se compose de 3 pièces externes et 3 pièces internes toutes de la même forme et de la même couleur ; on parle ici de tépales plutôt que de calice et corolle.

Un petit garçon demande des précisions sur les classifications botaniques, souvent difficiles à comprendre pour les profanes. Yves explique que l’être humain aime classifier et répertorier ce qui l’entoure mais les critères peuvent changer avec le temps et le degré de connaissances.  La classification dite « classique » en botanique est celle de Linné, un naturaliste suédois né en 1707. Pour la petite histoire, l’aphyllante est dite « de Montpellier » car Linné recevait bon nombre d’échantillons de plantes des universitaires montpelliérains, renommés pour leur excellent niveau, notamment en botanique.

La fumeterre, rencontré au bord d’un sentier, appartient à la famille des papavéracées (pavot, coquelicot), même si à première vue, il ressemblerait à une fabacée. Mais c’est son éperon à l’arrière de la fleur qui le distingue. Les fleurs poussent en grappe, et la plante possède des vertus médicinales. Le groupe s’arrête ensuite autour de plantes à jolies fleurs roses – des vrais géraniums sauvages, et non des pélargoniums, comme les prétendus géraniums qu’on achète en pots. Celui-ci, dit géranium de Robert, n’a pas une odeur très agréable. La feuille comporte des nervures partant d’un seul point ; certaines espèces sont très découpées (Erodium).

Des petites fleurs d’un jaune très lumineux tapissent le sol d’une partie de la clairière ; c’est la potentille, une rosacée comme le fraisier et l’abricotier. La fleur comporte 5 pièces disposées en cœur, avec en son milieu – plein d’étamines. Comme le fraisier, la potentille est une plante rampante.

Yves propose à ceux que cela intéresse de faire des inventaires, c’est-à-dire des herbiers, des plantes séchées dans les pages d’un annuaire, par exemple, afin de vérifier les cycles de vie des plantes d’une année à l’autre, en milieu ouvert (ici, par la construction du lotissement).

Sur le chemin du retour, on découvre de beaux buissons d’aubépine à fleurs blanches (même famille que le pommier et l’églantier). C’est un Crataegus monogyne (une seule pointe au centre), proche de l’azérolier (la pommette) ou le rosier, très épineux.

Le bord du sentier est tapissé de pâquerettes, des astéracées portant des fleurs qui naissent sur une inflorescence appelée capitule. Les fleurs du pourtour ne sont pas des pétales mais des fleurs en forme de languette. Celles du centre, jaunes, appelées fleurs tubuleuses, parce que leur corolle forme un tube, sont hermaphrodites. Ainsi, ce qu’on considère ordinairement comme une fleur de pâquerette n’est pas, du point de vue botanique, une fleur unique mais un capitule portant de très nombreuses fleurs.

La plante à fleurs blanches qu’on découvre ensuite est la fausse roquette (Diplotaxis Erucoides), de la famille des crucifères avec leurs pétales blancs disposés en forme de croix, c’est la famille du chou que l’on nomme maintenant la famille des Brassicacées.

Nous atteignons la fin du parcours en boucle, un bassin de rétention (la plupart du temps, totalement sec), aménagé pour partie en amphithéâtre pour des spectacles ou, comme aujourd’hui, un cours de botanique… Les participants s’assoient en demi-cercle autour d’Yves pour un récapitulatif sur les fleurs rencontrées en chemin.

8-fin-sortie-botanique

Il nous dessine la tige, le pédoncule, le réceptacle des pièces de la fleur. Les plus externes sont les sépales formant le calice ; leur nombre varie de 3 pour les monocotylédones, à 5 voire 6. A l’intérieur, les pétales et au centre, l’ovaire avec un style. Autour de l’ovaire, les étamines et le pollen dans les anthères. Certaines ont un réceptacle plus évasé, avec sépales, pétales, étamines, et l’ovaire en-dessous, au fond du réceptacle.

L’ovaire peut être infère (en dessous) ou supère (au dessus de la fleur), le développement du fruit le montre bien. Exemple : la courgette, c’est l’ovaire (graines à l’intérieur), et les pièces colorées de la fleur sont au sommet.

L’observation des fleurs aurait été différente dans les carrières, où la pierre a été extraite pendant longtemps. Après cette perturbation à long terme, le terrain a cependant été recolonisé peu à peu par de nombreuses espèces de plantes.

Les trois phases de la botanique peuvent se réaliser dans des sorties plus poussées : reconnaissance (détermination), inventaire, puis classification. Certains participants aimeraient en faire ultérieurement un essai. A suivre, donc…

Merci à Yves pour cette promenade instructive (et parfumée), en cet après-midi ensoleillé d’avril, propice aux découvertes botaniques.

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Louise Achard
avec la relecture de Yves Caraglio

Sortie découverte des amphibiens

Vendredi 16 mars 2018

Les carrières de Beaulieu (34160)

A l’initiative de l’association ARBRE (Association Restinclières-Beaulieu pour le Respect de l’Environnement) et après une inscription sur Helloasso (un site Internet dédié aux associations), une trentaine de participants dont six enfants se sont retrouvés à la nuit tombante sur le parking du théâtre des carrières à Beaulieu pour une découverte des petits habitants peuplant en cette fin d’hiver les mares des carrières du génie.

Equipés d’écouteurs fournis par Yves Caraglio, chercheur au CIRAD et bénévole de l’association, et guidée par deux jeunes naturalistes, Jérémy Jalabert et Karline Martorell, la petite troupe s’est dirigée tranquillement vers le lieu de reproduction des grenouilles, crapauds et tritons présents sur le site.

Chemin faisant nos guides ont expliqué qu’après un hiver au chaud, la période de reproduction était arrivée. Le niveau d’eau est satisfaisant. Equipés de lampes frontales ou de lampes de poche, les participants, grands et petits, étaient invités à scruter l’eau pour découvrir les hôtes de ces mares temporaires, tout en tendant l’oreille pour distinguer, parmi les mâles chanteurs, les vocalises de différentes espèces. Il s’agit en effet de signaux acoustiques destinés à charmer les femelles.

Sur plus de 30 espèces d’amphibiens présentes en France, 17 vivent dans notre région et 8 ont été identifiées à Beaulieu.

Jérémy et Karline rappellent que les amphibiens ont de tous petits poumons et respirent aussi par la peau qui, de ce fait, est très sensible. Il faut donc éviter de les manipuler avec les mains. C’est la raison pour laquelle ils ont apporté des petits bacs en plastique transparent dans lesquels, après les avoir remplis d’eau, les amphibiens seront déposés pour être observés puis relâchés. Ils rappellent qu’au même titre que les serpents, les amphibiens font partie des espèces protégées. Nos jeunes animateurs font circuler des fiches documentaires colorées pour permettre au public de se familiariser avec les espèces présentes sur le site.

En tendant l’oreille, on peut distinguer deux espèces : le Crapaud calamite dont le chant est régulier et la Rainette méridionale dotée d’un son plus aigu. A la différence de ces derniers, les tritons ne chantent pas. Quant à la salamandre, elle vit dans l’arrière-pays. On n’en verra donc pas.

Pour chanter, les mâles gonflent leur sac vocal. Le chant permet d’identifier chaque espèce. Notre présence va peut-être limiter la force vocale des petits habitants des mares mais nous restons confiants et nous ne serons pas déçus. Les enfants sont aux aguets.

Jérémy et Karline chaussés de grandes bottes et d’épuisettes partent à la pêche aux batraciens dans les deux mares. Jérémy nous fait découvrir rapidement sur une pierre une ponte de crapaud calamite qui se présente comme un long ruban que l’on s’empresse de prendre en photo. Les enfants se précipitent. Puis c’est au tour d’un Triton palmé femelle de faire escale dans l’épuisette : il existe deux espèces de tritons chez nous, le Triton palmé et le Triton marbré, trois fois plus gros.

Bonne pêche : une Rainette et un Crapaud calamite mâle avec des bras costaux et sous les doigts des tâches noires, callosités nuptiales destinées à attraper les femelles… Au tour de Karline de pêcher trois crapauds calamites, dont deux mâles, qu’elle installe dans une boîte remplie d’eau. Un Crapaud commun mâle vient nous faire la révérence : il a des callosités sur les deux ongles. Il est ordinairement deux fois plus gros que le crapaud calamite et présente un aspect plus granuleux. A la différence du crapaud calamite qui a les yeux verts, il a des yeux rouges (orangés plus on remonte vers le nord de la France).

La soirée se révèle propice à la découverte, avec un Triton marbré femelle, caractérisé par une ligne orange sur le milieu du dos puis un Triton marbré mâle, reconnaissable à sa crête dorsale, formée à partir d’un repli de peau. Les tritons, dotés d’une queue, avancent plus vite et sont de ce fait plus difficiles à attraper. Les femelles pondent 2 à 3 œufs dans la végétation. De mai à octobre/novembre ils mènent une vie terrestre. Ils sortent plus facilement en milieu humide.

Au jeu on dirait bonne pioche ! Nous avons pu observer 5 espèces sur les 8 répertoriées dans les carrières de Beaulieu. Les enfants se sont révélés de fins observateurs passionnés. Ils ont pu voir de près et toucher délicatement les grenouilles, crapauds et autres tritons. Espérons qu’à la manière de ce que préconisaient Célestin et Elise Freinet, promoteurs d’une pédagogie active, ils garderont un souvenir durable de leurs découvertes.

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Jean-Pierre Fels, président de l’association organisatrice de la soirée, propose aux participants de poursuivre leur découverte en consultant sur le site de l’ARBRE la documentation déposée par Jérémy et Karline.

À 20h30 nous regagnons les voitures un peu plus savants et dans un concert que notre présence n’a pas trop perturbée au final.

Merci à Jérémy et à Karline pour leurs explications et leur disponibilité et à Yves Caraglio pour la fourniture des écouteurs.

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Régine Paris
avec la relecture de Jérémie Jalabert

Visite d’une oliveraie

Balade dans l’oliveraie de Monsieur Marquez

Dans le cadre du Regards croisés sur l’olivier les adhérents et sympathisants de l’ARBRE étaient invités samedi après-midi 18 novembre 2017 à 16 heures à découvrir l’oliveraie de Monsieur Marquez à Restinclières. 25 adultes et 5 enfants étaient de la partie par ce bel après-midi ensoleillé d’automne.

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Monsieur Marquez a guidé la petite troupe, s’arrêtant une première fois devant un olivier produisant des picholines, variété bien adaptée à la région, avec un arbre ne craignant ni la sécheresse ni le froid -qui ne rentre pas dans le bois-. Les olives sont un peu plus petites cette année compte tenu de la sécheresse mais autrefois il n’y avait pas d’irrigation.  Une petite compensation au manque d’eau : l’absence cette année de la mouche de l’olivier qui, l’an dernier, a fait beaucoup de ravages. Aussi çà et là nous apercevions des pièges sous la forme de bouteilles plastiques suspendues aux branches, percées de trous dans la partie supérieure et remplies soit, d’un mélange de phosphate d’ammoniac et d’eau soit, plus naturellement, d’une sardine suspendue pour attirer ladite mouche qui, ne pouvant plus ressortir de la bouteille, se noie.

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Monsieur Marquez nous explique que les différentes variétés d’olives se reconnaissent à la feuille de l’arbre mais il faut vraiment être expert pour distinguer les nuances entre les feuilles. Certaines s’y sont essayées sans trop de résultat, semble-t-il.

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Un petit stop devant l’olivier qui produit l’olive aglandau qui possède un petit noyau et qui, apportée au moulin à maturité, produit une huile de qualité. Là notre guide explique qu’avec un peigne long on peut ramasser à la main 50 kg d’olives par jour. On enlève ensuite les feuilles avec un ventilateur. L’an dernier, 100 kg d’olives permettaient d’obtenir environ 12 litres d’huile. Puis nous faisons un arrêt devant un olivier respectable, âgé de quelques 200 ans, produisant l’olive appelée négrette. Chemin faisant, M. Marquez nous emmène dans une parcelle où il a planté il y a dix ans des oliviers produisant l’olive médula . Ces petits oliviers sont protégés au sol par une herbe ronde. Il s’agit d’un essai. C’est sa première récolte. Il faut être patient…

Nous continuons notre déambulation pour découvrir les oliviers produisant les variétés suivantes : la Lucques –il faut arroser la longue-, la Verdal de l’Hérault -7 à 8 ans sont nécessaires pour une première récolte-, la Violette de Montpellier, la Clermontaise, l’Olivie -qui plairait à un verrier-mais qui nécessite un arrosage pour produire plus de 60 kg d’olives par pied.

Notre étonnement est grand devant un vieux plantier de 300 ans produisant des négrettes qui malgré la gelée du terrible hiver 1956 est reparti vaillamment. Quelle endurance !

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Pour conclure cette sortie nature, M. Marquez, en esthète de l’olivier, nous explique qu’il n’utilise ni sulfatage ni argile. Il préfère le thym et les huiles essentielles. Il prend son temps et observe le comportement de ses arbres. Il a l’éternité devant lui et nous… un superbe coucher de soleil embrasant un paysage magnifique.

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Régine Paris

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