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La diversité du vivant : une affaire d’ingestion !!

Nous venons de voir qu’une espèce est définie par la propriété que les individus d’une même espèce peuvent se reproduire entre eux et pas avec ceux d’une autre espèce. La grande diversité des espèces actuelles s’est mise en place au travers d’une sélection par le milieu naturel des mutations accidentelles survenant régulièrement au cours de la vie des organismes et plus précisément lors de la formation de leurs cellules sexuelles.

La diversité des organismes vivants est facilement observable chez les animaux (insectes, oiseaux, mammifères…), chez les plantes (résineux, plantes à fleurs, mousses, fougères…), chez les champignons (russules, bolets…). Mais il existe une diversité encore plus grande chez des organismes moins observables mais d’une importance capitale pour le vivant : les bactéries. Chez les bactéries on distingue des « espèces » non pas par l’aptitude à se reproduire mais par leur séquence génétique. En effet, une bactérie, qui constituée d’une seule cellule sans noyau, va donner deux cellules par simple partition sans échange de matériel génétique.

On les connait sous l’angle des maladies, mais les bactéries sont présentes partout et jouent des rôles essentiels dans de nombreuses fonction de la planète comme la décomposition des matières organiques et donc leur recyclage, elles assurent ainsi l’équilibre de la teneur en azote de l’atmosphère.

Le Compost qui nourrit le potager et le fruit du travail des bactéries

Au début de la vie de la planète, l’oxygène était très rare (surtout présent dans la molécule d’eau) puis certaines bactéries ont réussi à utiliser l’eau pour produire de l’oxygène qui se répandait dans l’atmosphère (les cyanobactéries ou « algues bleues ») , puis d’autres bactéries ont réussi à transformer l’oxygène pour le dégrader et le tenir à un taux pas trop important. Au cours du temps sont apparues des cellules avec un noyau délimité (le matériel génétique est isolé au sein de la cellule par une enveloppe), ce sont les Eucaryotes. Certains de ces eucaryotes auraient « ingéré » des bactéries capables d’utiliser l’oxygène pour fonctionner (la mitochondrie qui assure la respiration dans la plupart des cellules des organismes plus complexes actuels), d’autres eucaryotes auraient « ingéré » des bactéries capables d’utiliser le gaz carbonique et l’énergie solaire pour fonctionner (le chloroplaste des plantes vertes).

La lignée des organismes pluricellulaires (constitués de plusieurs cellules, de quelques cellules à quelques millions !) se mettaient en place et avec ces aptitudes à utiliser l’énergie solaire pour vivre (photosynthèse) le règne végétal a pu se diversifier en fonction de la diversité des milieux rencontrés et notamment une première grande étape c’est la sortie de l’eau des végétaux : la terrestrialisation qui a permis de sélectionner et conserver de nouvelles mutations (les feuilles, le bois, la fleur…) et de donner naissance à d’autres règne comme celui des animaux sans la capacité d’utiliser la seule énergie lumineuse pour vivre mais capable de respirer et de se développer en consommant d’autres organismes (végétaux, animaux)…

Figure in Biot et al, 2012

Animation en anglais de ces phénomènes depuis la formation dela cellule eucaryote jusqu’aux endosymbioses mettant en places les organites cellulaires :

https://www.sumanasinc.com/webcontent/animations/content/organelles.html

Ainsi tous les processus de sélection et de diversification trouvent une origine dans le fait de bactéries ayant été absorbées par des organismes unicellulaires avec un noyau (cellule ancestrale primaire) sans les détruire en les gardant dans leur organisme (leur cellule) et en utilisant leurs propriétés en échange d’éléments fournis à la mitochondrie et au chloroplaste : on parle d’endosymbiose. Ces organites cellulaires (mitochondrie, chloroplaste) présents dans tous les organismes unicellaires et pluricelluiares à noyau délimité ont permis une exploration et une diversification des espèces et des habitats colonisés par le vivant. Dès qu’une ressource est abondante (l’eau, puis l’oxygène par exemple) , le vivant l’utilise…

Certains travaux récents font des hypothèses sur des phénomènes de parasitisme à l’origine de ces « endosymbioses ».

Texte concocté et vulgarisé par Yves Caraglio – Botaniste au C.I.R.A.D

Éducation à l’environnement

Mardi 29 mars 2022

École maternelle « Les Esquirolles » à Beaulieu

Dans le cadre du projet Arboebio sur le thème : les petits insectes de notre environnement, Karine Montalvo a sollicité l’association le mardi 29 mars 2022 pour faire une animation d’une heure sur les insectes pour les élèves de maternelle en moyenne section.

Les conditions météorologiques n’étant pas propices à une sortie, Y. Caraglio a apporté des insectes vivants et des photos sur ordinateur. Des observations sur les fourmis ont été réalisées grâce à une caméra dont les images étaient projetées sur le mur en grand par un vidéo-projecteur.

Yves Caraglio anime « Les petits insectes de notre environnement ».

Cela a permis d’aborder le rôle de la température et de la lumière sur l’activité des insectes, de réviser le vocabulaire très rigoureux déjà acquis par les enfants (tête, thorax, abdomen, mandibule, antenne) et de préciser la position et le rôle des yeux et des antennes en s’aidant de photographies réalisées par les enseignants.

Yves Caraglio transmet ses connaissances aux enfants.

La comparaison de la fourmi avec un autre insecte (le Gendarme) a posé la question de l’organisation des insectes en trois parties et la localisation des ailes. L’utilisation de photos projetées sur l’abeille, le Bombyle, les Polistes ont favorisé les questions et échanges sur le rôle des pattes avec des brosses chez l’abeille, la différence du nombre d’ailes entre les mouches et les abeilles, les papillons et enfin la relation entre la chenille (observation directe et sur écran) et le papillon (retrouver le nombre de pattes et la segmentation en trois parties du corps de la chenille et du papillon).

Les enfants ont bien participé et nous avons convenu avec la professeure des écoles et l’atsem d’une sortie sur le terrain en mai.

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Yves Caraglio, botaniste.

ARBRE au marché de printemps de Beaulieu

Atelier autour de la fraise

Samedi 26 mars 2022

Régine, Frédéric et Yves sur le stand/Atelier (Photo de Frédérique Caraglio).

Le stand de notre association animé par Yves à eu un beau succès et plusieurs nouvelles adhésions ont été enregistrées, merci ! Plusieurs membres de l’association se sont relayés au stand pendant qu’Yves expliquait aux curieux étonnés que la fraise n’est pas le fruit du fraisier mais plutôt un support pour les fruits minuscules qu’il leur montrait.

Assis autour de la table en face de notre stand, des enfants peignaient des décorations multicolores sur des pots en terre cuite. Ils venaient ensuite les remplir de terre et y installer les plants de fraisier – une animation organisée par la municipalité en partenariat avec l’ARBRE.

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Louise Achard.

Regards croisés 2021

🌳 SOIRÉE DÉBAT

Samedi 11 décembre 2021 à 18h – Salle du Pic Saint-Loup

La salle du Pic Saint-Loup mise à disposition par la commune est au maximum de son occupation avec un peu plus de 100 personnes accueillies pour fêter les 10 ans de l’association A.R.B.R.E (Association Restinclières Beaulieu pour le Respect de l’Environnement). 

En introduction, Jacqueline Taillandier, présidente de l’association, rappelle brièvement l’historique, les objectifs et les activités poursuivis depuis dix ans par l’ARBRE : animations par des spécialistes dans les écoles des deux communes, sorties botaniques, géologiques, ornithologiques et batraciens, plantations d’espèces méditerranéennes dans les deux parcs botaniques à l’occasion des naissances, création d’un sentier botanique dans les carrières de Beaulieu, conférences-débats, déplacements doux. 

Yves Caraglio, botaniste et chercheur au CIRAD, référent scientifique de l’association, présente les deux intervenants de la soirée : Francis Hallé,  professeur émérite de botanique à l’Université de Montpellier et Pierre Mirallès qui aura une approche littéraire, assistée d’Odile Sirlin, professeure agrégée de Sciences de la vie et de la terre (SVT) au lycée Georges Pompidou de Castelnau-le-Lez.

Francis Hallé prend la parole après avoir préparé quelques dessins sur un tableau à feuilles multiples. Il rappelle qu’il étudie depuis longtemps les arbres. Un arbre n’est pas un « individu ». On en parle parfois comme un « sujet ». On devrait dire tout simplement « un arbre ». Si les humains sont indivisibles, ce n’est pas le cas de l’arbre. On peut le couper en plusieurs morceaux, ses racines lui permettront de repartir. Ce n’est donc pas un individu.

Nous avons chacun un génome que l’on retrouve dans tous nos organes. Chez l’arbre il y a des milliers de génomes.

Un arbre « unitaire » c’est un tronc et des branches comme un sapin, un épicéa. L’arbre est très ancien. Les paléobotanistes connaissent bien les arbres et particulièrement les arbres unitaires. 

Un grand arbre est riche de plusieurs centaines de milliers de génomes différents[1].

Les racines ne sont pas que souterraines. Francis Hallé fait circuler un tronc porteur. Si on retire les tissus, on trouve des racines[2].

Dans nos régions on distingue le tronc des réitérations aériennes et souterraines qui forment des colonies. Le bois juvénile fragile recouvre le bois de cœur adulte.  On passe au stade « coloniaire ».

[2] Ce phénomène correspond au raccordement vasculaire et à la mise en place du bois, chez certaines espèces, quand une nouvelle tige se met en place sur une axe beaucoup plus âgé ce raccordement est très en relief.

[1] Des mutations somatiques se forment lors de la mise en place de nouvelles branches mais avec des taux très faibles, pour en savoir plus : https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.3000191


L’essentiel des arbres est fait de racines. Sur un grand chêne, les branches maîtresses constituent les troncs de réitération.

Francis Hallé a observé des choses pittoresques dans les arbres qu’il a étudiés. A titre d’exemples :

– Un petit arbre du Cameroun qui atteint 10 m de hauteur pousse à l’ombre. Des fleurs sortent du sol. Il s’agit d’inflorescences souterraines qui partent de la base du tronc. Il a été surpris par cette plante. Qui la pollinise ? Il n’a pas vu d’insectes. Et pourtant, il y avait des fruits jaunes et ronds.
– Un arbre « qui marche » et se déplace de 4 à 5 mètres par an : c’est le palétuvier. Une branche ou réitération devient autonome. Ça pousse d’un côté et ça meurt de l’autre côté. Ça part en étoile du pied d’origine qui ne bouge pas. Cela contredit l’idée qu’un arbre ne marche pas.

De même nous avons quantité d’herbes au sol et nous ignorons que leurs ancêtres étaient des arbres de la forêt tropicale. A titre d’exemples :

– la violette provient du Leonia,
– des graminées (avoine…) ont pour origine les bambous tropicaux,
– la pâquerette a pour cousin un arbre de 40 mètres de haut à Madagascar, exploité pour son bois,
– l’ortie urticante appartient à la famille du Mussanga ou du Cecropia. Il s’agit là d’arbres pionniers comme le parasolier. Les ancêtres tropicaux ne piquent pas. Ils sont creux et hébergent des fourmis type « aztéca », c’est pire que les poils urticants de l’ortie !

Fourmi du genre Azteca sortant de la tige du Cecropia

Ainsi les ancêtres des forêts tropicales se sont-ils acheminés vers le nord et le sud et se sont transformés en herbes. De nombreux exemples sont présentés par Francis Hallé montrant la tendance à la miniaturisation des organismes tempérés en regard des représentants tropicaux.

Dans la famille des Myosotis, les Boraginacées, on trouve de très grands arbres tropicaux comme les Cordia ou encore dans la famille de la garance, les Rubiacées, les Chimarrhis d’Amazonie forment des arbres immenses.

A gauche, jeune Cordia en croissance. A droite, Chimarrhis adulte.

A la question du public concernant la recommandation populaire de ne pas s’endormir à l’ombre d’un noyer, Francis Hallé parle d’obscurantisme qui peut parfois devenir la vérité mais pas dans le cas du noyer. [3]


[3] – Cet ombrage est, tout simplement, déconseillé à cause d’un produit toxique qui émane des feuilles (surtout après la pluie ou quand il fait fort humide) ; la juglandone, toxine fabriquée par les feuilles et les racines de l’arbre, qui joue le rôle de désherbant au pied des noyers en inhibant la pousse des herbes peut être néfaste à la santé si l’exposition est trop longue.


Reprenant son propos sur les génomes, il indique que les fruits de l’arbre ont des génomes différents de la graine dont ils sont issus comme chez les humains[4]. Un arbre peut vivre longtemps, 43 000 ans et même 80 000 ans comme l’a démontré une découverte récente avec le clone d’un peuplier. Cela donne un brin d’optimisme.

En réponse à la question d’un auditeur sur l’entretien de la base d’un arbre, Francis Hallé recommande de « ne rien faire ». Il faut « foutre la paix » aux plantes. Labourer autour de l’arbre empêche le sol de se rafraîchir, modifie la vie biologique du sol et surtout sectionne les racines. Il reconnaît que c’est difficile pour l’homme de ne rien faire.

Il évoque ensuite le projet de création d’une forêt primaire dans le cadre d’une association qui s’est créée dans ce but. Les recherches d’un lieu se poursuivent après des approches dans les Vosges et les Ardennes françaises et belges.  Un déplacement dans les Pyrénées orientales est programmé. Pour le moment le choix n’est pas fait. Cela intéresse beaucoup de gens surtout les jeunes. La libre évolution doit favoriser la renaissance. Il ne faut rien faire. Cela est source parfois de conflits avec les chasseurs et certains forestiers qui n’ont pas les bases de l’écologie. 

A la question sur le délai nécessaire pour créer cette forêt primaire, il avance 6 à 7 siècles sans rien faire mais tout dépend de l’âge de la forêt. Les visites seront autorisées et même encouragées.

Il évoque une forêt primaire en Pologne, admirée dans le monde entier et qui est actuellement menacée par certaines décisions gouvernementales.

Concernant les dangers qui menacent les forêts en général, il indique que les forêts primaires ne craignent pas les incendies car les grands arbres attirent la pluie.

En réponse à une question sur Madère, il considère qu’on ne peut pas parler de forêts primaires dans cette île dépourvue de grands mammifères sauvages.

Le Regard croisé se poursuit avec l’intervention de Pierre Mirallès qui nous propose de passer des arbres réels aux arbres imaginaires des textes littéraires. Au départ de sa réflexion il y eut la recherche de textes évocateurs de paysages. L’arbre occupant une part importante de ses trouvailles, Yves Caraglio lui a proposé de nous faire profiter de son recueil de textes sur les arbres. Cinq extraits d’œuvres littéraires et une nouvelle seront lus par Odile Sirlin.

[4] C’est le principe général de la reproduction sexuée qui favorise le brassage des gènes. L’arbre a une variabilité qui lui permet de s’adapter au changement climatique, il régule son fonctionnement en fonction des conditions du milieu et de son aptitude génétique : c’est la plasticité phénotypique


L’intervenant rappelle la connivence naturelle de l’arbre avec le papier qui en est issu. Le mot latin «liber» désigne à la fois le livre et la partie de l’arbre qui guide la sève. On parle aussi de la feuille de l’arbre et de la feuille du livre.

Ce qui inspire les écrivains chez l’arbre c’est sa station debout/verticale qui le rend proche de l’homme et crée une empathie. Il peut projeter ses sentiments. 

L’arbre n’est pas une figure centrale de la littérature mais elle se rencontre assez souvent chez les écrivains de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. Il joue le rôle d’un décor, d’une pièce accessoire d’une intrigue, d’un personnage principal ou secondaire. 

Pierre Mirallès nous propose une grille de lecture à partir de plusieurs oppositions et du passage du monde sensible/naturel au monde spirituel. L’arbre est ainsi à la fois, un morceau de nature et une figure de l’imagination ambivalente source de sentiments opposés. Il part de l’archétype hortus (le jardin) et sylva (la forêt). 

L’hortus = jardin, est la partie proche de la maison et répond à des besoins et à des désirs. Les arbres sont connus individuellement. C’est le côté maternel de l’arbre. Les écrivains parlent de « mère nature » avec son caractère nourricier (les fruits, champignons, œufs…). C’est un refuge pour les animaux et les humains, les enfants construisent des cabanes (cf. Le Baron perché d’Italo Calvino). Il a un aspect consolateur, c’est un ami, un confident.

Côté « sylva » = la forêt. Le mot évoque le monde sauvage dans lequel l’homme intervient épisodiquement. C’est une foule indifférenciée. L’arbre s’oppose à l’humain. Il peut être étrange, hostile, menaçant et même maléfique avec le passage du naturel au surnaturel. Il y a perte des repères habituels. La forêt c’est aussi le refuge des bêtes féroces -le loup par exemple (cf. Le Petit chaperon rouge et les fables de La Fontaine) –  et des humains peu recommandables (le charbonnier, la sorcière…) Elle peut se présenter comme une armée en campagne et la forêt a l’air de marcher (cf. Les écrivains anglo-saxons -Tolkien Le Seigneur des anneaux-, Macbeth de Shakespeare). L’arbre creux évoque les mondes surnaturels. Seuls le fer et le feu pourront le dominer. 

Depuis 30 ou 40 ans on assiste à un renversement : c’est la forêt qui est menacée par l’homme. Elle devient un espace de liberté, un poumon vert à proximité des grandes villes et répond au besoin de protection des activités humaines. Cf. Jean Giono L’Homme qui plantait des arbres.

On passe ensuite à la dimension spirituelle de l’arbre :

– Trait d’union entre la terre et le ciel symbolisé par le passage de la terre  (les racines) au ciel (le feuillage), le tronc reliant les deux. Cette image renvoie au sacré. On trouve beaucoup de textes poétiques qui utilisent la colonne d’un temple figurant le caractère sacré dans beaucoup de religions. On parle de l’arbre de vie/arbre de la connaissance dans la Genèse, de bois sacré…
– Sa robustesse synonyme de puissance renvoie à la  sagesse et à l’impartialité quelles que soient les circonstances : Louis IX (Saint-Louis) rendait la justice sous un chêne. Ce caractère l’oppose au nomadisme, à la violence. L’arbre est symbole de paix.

Pierre Mirallès prend la précaution de nuancer cet imaginaire qui est variable en fonction de l’époque, du lieu, de la culture. Ainsi dans les textes littéraires, les arbres jouent plusieurs rôles. C’est une approche polysémique qu’il nous propose. On retrouve les approches préférentielles suivantes :
– le cyprès : l’éternité, la permanence
– le sapin : la sacralité
– le chêne : la robustesse.

Il ne faut pas oublier la dimension esthétique des arbres : effets de lumière, chant des oiseaux, parfums qui produisent des effets sensibles et esthétiques.

Lecture par Odile Sirlin des cinq extraits suivants et d’une nouvelle intégrale :

– Les Sapins, extrait d’Alcools – 1913 – de Guillaume Apollinaire, précurseur des surréalistes.
– Un extrait du Petit traité sur l’immensité du monde (2005) de l’écrivain voyageur Sylvain Tesson. Un éloge du nomadisme.
– Un extrait de La Nausée (1938) de Jean-Paul Sartre (1905-1980).
Puis pour finir, la nouvelle intitulée « Visite à un arbre » est d’Erri de Luca, écrivain napolitain né en 1950, alpiniste chevronné et altermondialiste.

Les lectures terminées, Francis Hallé fait part de son sentiment : il ne s’agit pas d’arbres imaginaires mais bien d’arbres concrets. Il les connait.

Yves Caraglio a apprécié la dimension spirituelle : c’est quasiment la définition de l’arbre. Il aime le symbole des racines jusqu’au ciel qui marque la longévité.

A l’issue de ces deux interventions passionnantes, Francis Hallé a dédicacé avec gentillesse ses ouvrages en vente sur place grâce à un dépôt de la librairie Sauramps. Il a même orné quelques uns de ses livres avec un joli dessin.

Francis Hallé a dédicacé avec gentillesse ses ouvrages en vente sur place grâce à un dépôt de la librairie Sauramps.

Nous remercions chaleureusement tous les intervenants et les participants qui ont permis de fêter les 10 ans de l’A.R.B.R.E

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Régine Paris avec la relecture attentive d’Yves Caraglio pour la partie scientifique.

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Regards croisés 2021

🪵  ATELIER « ÉCORCES ET BOIS »

Mercredi 8 décembre 2021 dans la salle municipale de l’espace fête de Restinclières nous avons rassemblé les sept enfants inscrits à l’atelier des 6/12 ans en une seule session de 10h à 11h.

Après leur avoir expliqué les grands principes de croissance des arbres, ils ont pu s’exercer à compter les cernes sur des coupes de jeunes pins.

Puis ils ont appris à compter les années à rebours afin de déterminer la date de naissance d’un arbre à partir d’une « carotte » fictive prélevée dans un pin. Certains ont eu plus de facilités que d’autres.

Des illustrations et un diaporama ont servi de supports visuels à l’animation. Les enfants sont repartis avec des glands et un message simple : plantez des arbres !

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L’association A.R.B.R.E remercie et salue la brillante intervention de Marc Brizio.

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Un peu d’histoire…

Dès le début des années 2000 deux associations sur les communes de Beaulieu et Restinclières, sont activement engagées sur les questions environnementales dans des thématiques complémentaires : 

  • l’association « Rest’Envi » pour « Restinclières Environnement », crée par Louise Achard œuvre alors dans la défense de l’environnement sous tous ses aspects en proposants différentes actions d’information et de sensibilisation.
  • l’association « ADEB » pour « Association pour la Desserte en Eau Brute de Beaulieu et Restinclières » crée par Jean-Pierre FELS est, elle, engagée sur une utilisation rationnelle des ressources en eau en particulier pour l’accès au réseau d’eau brute, non traitée, installé par BRL pour l’agriculture. (¾ de l’eau distribuée servait alors à des tâches qui ne nécessitaient pas de traitement lourd et couteux en infrastructures).

En 2011, les deux associations se rapprochent pour fonder une nouvelle structure aux contours et ambitions élargis traitant de tous les sujets intéressant l’environnement. Son nom sera alors proposé par Catherine Fels. A.R.B.R.E. pour « Association de Beaulieu et Restinclières pour le Respect de l’Environnement » est née. 

Il faut rendre ici hommage à Jean-Pierre Fels trop tôt disparu (14 février 2019), infatigable moteur et animateur de ces associations qui assurera la présidence, jusqu’à sa disparition brutale, de l’A.R.B.R.E. avec l’appui de sa vice-présidente Louise Achard. L’association est aujourd’hui présidée par Jacqueline Taillandier. 

L’éducation à la Nature (la connaissance des espèces animales et végétales, l’écologie…) est une affaire de première importance pour notre société qui s’est beaucoup éloignée d’un contact direct avec les plantes et les animaux. Pour avoir cette conscience, il est indispensable de connaître le monde proche qui nous entoure. Respecter la Nature devient alors une évidence au vu des relations qui existent entre les différents organismes vivants et les activités humaines à commencer par l’agriculture base de notre alimentation. 

Aussi, depuis sa création l’association a déployé plusieurs axes de travail autour de l’éducation, la diffusion des savoirs, la connaissance et la protection de notre environnement. L’A.R.B.R.E. souhaite ainsi jouer ce rôle de partage, de sensibilisation et de pédagogie pour la redécouverte de notre territoire et engager des actions concrètes : « là où nous vivons » 

L’A.R.B.R.E. a initié un programme d’animations nature (à Beaulieu et Restinclières) dont le volet le plus conséquent concerne les écoles

A partir de 2013 ces actions se sont développées et ont rencontré un vif succès auprès des enfants et des parents ou encore chez les enseignants qui apprécient l’approche de notre association et ont activement contribué à son succès.

L’association a par ailleurs développé des activités tout public pour la découverte de l’environnement naturel (sorties Nature, sorties familles dans les parcs) ainsi qu’une journée famille « nettoyons la nature ».

Elle organise chaque année la plantation d’arbres pour la naissance des enfants dans des parcs mis à disposition respectivement par les communes de Beaulieu et de Restinclières 

UNA Beaulieu : https://arbre34160.org/botanique/fiches-botanique-parc-beaulieu/

UNA Restinclières : https://arbre34160.org/botanique/fiches-botaniques-parc-restinclieres/

Depuis 2012, l’association anime des conférences débat : « regards croisés » sur des thèmes en lien avec l’environnement local (nos paysages, nos vignes, la nature et l’éducation à l’environnement, le climat, l’environnement d’hier à aujourd’hui, l’olivier)

En 2017, l’association a signé une convention avec l’université de Montpellier afin d’accueillir des stagiaires dont le cursus s’inscrit dans les objectifs d’éducation à l’environnement.

Depuis février 2017, l’association A.R.B.R.E. a été reconnue « organisme d’intérêt général » (défiscalisation des dons à hauteur de 60%).

De 2018 à 2020 : En partenariat avec le projet national Floris’Tic (botanique à l’ère du numérique) et le soutien de la commune de Beaulieu, l’association a conçu un sentier découverte carrières.