Fenouil

Fiche mise à jour le 15/12/2020

UN HÔTEL-RESTAURANT

LE FENOUIL
COMMUN ET SAUVAGE


Nom latin : Foeniculum vulgare
Famille : Apiaceae
Hauteur : 1,50 m à 2 m de haut


Le fenouil commun est une plante vivace présente dans les régions méditerranéennes. De la famille des Apiacées (Ombellifères) plantes qui possèdent des canaux sécréteurs dans leurs feuilles, tiges, racines et fruits ce qui leur donne des odeurs agréables quand on les coupe.

Le fenouil pousse spontanément au bord des chemins. On le reconnaît par ses feuilles très fines et ses ombelles de fleurs d’un jaune doré.

Chez la plante sauvage la tige est très grande et sa base est fine. Le long de la tige, les feuilles se disposent de manière alterne (une feuille à chaque point d’attache sur la tige) et distique (une feuille à gauche, la suivante à droite et ainsi de suite). La feuille est très découpées et sa base est élargie en une gaine blanchâtre montrant des lignes vertes (les vaisseaux qui alimentent la feuilles).

Chez le fenouil cultivé, la tige reste très courte pendant une année et les gaines des feuilles sont très épaisses (elles sont remplies de réserves) et forme comme un « bulbe » contenant au centre l’extrémité de la tige

Le fenouil ne mérite pas le nom de bulbe sur le plan botanique comme les bulbes d’oignon ou de tulipe car il ne participe pas à la survie de l’espèce pendant la mauvaise saison.

Les feuilles basales sont 3 à 4 fois pennatiséquées, à lanières nombreuses, filiformes, très allongées ; les feuilles supérieures sont dotées d’une gaine plus longue que le limbe.
Les tiges sont cannelées et brillantes. Elles persistent parfois dressées d’une année sur l’autre.
Ses fleurs ja
unes réunies en ombelles apparaissent généralement en août ou en septembre.

En bon méditerranéen, le fenouil raffole des expositions ensoleillées. Au potager, il est susceptible de monter en graines un peu trop rapidement s’il manque d’eau, au détriment de la formation du « bulbe ».

Il présente un fruit sec indéhiscent, un akène qui se sépare en deux, donnant deux akènes renfermant chacun une graine. Chaque petit fruit (akène) est rainuré de 5 côtes et de forme ovoïde. Cet élément de fruit est souvent commercialisé sous le nom impropre, botaniquement parlant de graine de fenouil. Il en est de même pour des plantes cousines comme le Cumin ou le Carvi.

SA RACINE PIVOTANTE

La racine pivotante du fenouil sauvage se développe en profondeur, ce qui lui confère une certaine résistance à la sécheresse. Cet enracinement profond lui permet aussi de stocker des réserves dans le pivot et les grosses racines latérales, la base de la tige persiste d’une année sur l’autre et elle émet de nouvelles tiges feuillées chaque année. La plante peut ainsi vivre plusieurs années et sa partie souterraine devient de plus en plus grosse.

Le fenouil est une plante sauvage bien adaptée aux terres pauvres mais il produira plus de nectar pour les insectes dans une terre riche, humifère et souple et si elle ne souffre pas du manque d’eau !

POLLINISATION

L’inflorescence du fenouil est une ombelle composée de nombreuses petites fleurs, de couleur jaune, hermaphrodites. 

Il semble que les premières ombelles à s’épanouir soient composées principalement de fleurs hermaphrodites tandis que les suivantes soient principalement composées de fleurs mâles. 

Le fenouil est ainsi une plante que l’on appelle andro-monoïque. Les fleurs hermaphrodites du fenouil sont normalement protandres : les 5 étamines libèrent successivement leur pollen avant que le stigmate ne soit réceptif. Il ne peut être fécondé que par le pollen émanant d’une autre fleur. Il y a donc en majorité des pollinisations croisées. Cependant, la possibilité d’auto-fécondation au niveau de la plante demeure en raison de la succession des ombelles sur une même plante et de l’épanouissement successif des fleurs individuelles au sein d’une même ombelle. 

Ce sont les insectes qui sont le principal vecteur de ces pollinisations croisées. Des recherches datant du milieu du siècle passé ont mis en valeur que des plantes de fenouil enveloppées de voile (pour empêcher toute visite d’insectes) ne produisaient que ou pas du tout de semences.

IL SUPPORTE UN CORTÈGE D’INSECTES

La floraison du fenouil sauvage survient en plein été, à point nommé pour satisfaire la grosse consommation estivale des insectes en pollen et en nectar. Le nombre et la variété́ de ses visiteurs sont impressionnants.

• Il y a les visiteurs occasionnels attirés par le nectar ou le pollen : 
Des mouches, des polistes, des frelons qui viennent récupérer les précieuses sécrétions sucrées des fleurs, des coléoptères qui eux viennent récupérer et manger du pollen. Certains comme des guêpes chass
eresses venus pour se nourrir en profitent pour s’accoupler.

• Il y a les insectes attitrés :
LXylocope irisé, une abeille solitaire utilise la tige du fenouil comme un véritable hôtel pour ses petits. Elle creuse une galerie au cœur de la moelle soule de la tige en faisant une petie porte d’entrée sur le côté de la tige. Une fois sa galerie creusée elle ménage des petites chambres qu’elle remplit de pollen et dans lesquels elle pond un œuf.
C’est aussi la plante de prédilection du papillon Machaon qui y dépose ses œufs et dont la chenille raffole des feuilles aciculaires.
C’est aussi le garde-manger d’un autre habitué, le Syrphe, une mouche qui pond ses œufs dissimulés au milieu des fleurs du fenouil. Les larves voraces, vont ainsi se développer et dévorer les pucerons
présents sur le fenouil à l’insu des fourmis qui les protègent.

Les fenouils sont les bienvenus dans les oliveraies car ils hébergent des micro-guêpes qui parasitent les œufs de la mouche de l’olivier.

• Il y a enfin, des profiteurs de cette haute diversité d’insectes :
Des araignées, des mantes religieuses, des guêpes viennent chasser à l’affût ou en razzia les différents mets de leur choix.
Des hyménoptères parasitoïdes, petites guêpes qui pondent leurs œufs sur des mouches, des mouches parasites qui elles pondent leurs œufs sur des punaises ! Des ichneumons comme Amblyteles armatorius, qui parasite des chenilles de noctuelles
Mais aussi, les fourmis qui préservent les colonies de pucerons qui se nourrissent de la sève du fenouil. Les fourmis viennent récupérer des gouttelettes sucrées émises par les pucerons.
La coccinelle à sept points, elle
vient se régaler des pucerons, insensible aux attaques des fourmis car protégée par ses élytres coriaces.
Des orthoptères (sauterelles) pondent parfois dans les tiges de fenouil.

Pour en savoir plus : « Intimités, l’univers secret des insectes dans un jardin méditerranéen » par Liliane Delattre, 2019.

POPULAIRE ET MÉDICINAL

Le fenouil est très riche en fibres, en vitamines A, B, C et E ainsi qu’en minéraux, en oligoéléments (calcium, potassium, magnésium, fer, phosphore) et en… anéthol. Également présent dans l’anis – d’où la proximité olfactive des deux plantes – cet alcool confère au fenouil ses principales vertus médicinales.
On peut cuisiner toutes les parties du fenouil commun : racines, feuilles et graines. Son goût ressemble à celui de l’anis. On peut le consommer cru, en sal
ade, ou cuit. 

Sa popularité comme plante médicinale remonte à la haute Antiquité. Elle était déjà utilisée par les Égyptiens, puis par les Grecs et les Romains pour ses qualités thérapeutiques essentiellement carminatives, expectorantes et antispasmodiques.
Le fruit du fenouil (ses graines) est utilisé pour stimuler la digestion et traiter les petits troubles digestifs : flatulences, ballonnements épigastriques, renvois et rots divers. C’est pourquoi il peut s’avérer particulièrement utile à la fin d’un repas trop copieux, trop gras ou… trop arrosé. Quant aux dames, elles apprécient également son effet antispasmodique, en cas de règles douloureuses ou, là encore, de troubles intestinaux.