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Sortie « Oiseaux » dans la plaine de BEAULIEU

Organisée par l’Association ARBRE

Samedi 30 mai à 7H00 , dans la plaine de Beaulieu.

Intervenante : Lucie FRISON Ornithologue

Ce sont 15 passionnés d’oiseaux qui sont venus au Quai de dépose ce samedi 30 mai à 7h du matin pour observer les oiseaux et apprendre à les reconnaître grâce aux savoirs de Lucie Frison notre ornithologue bénévole.

Les reconnaître par leurs chants et cris car très souvent on les entend mais on ne les voit pas toujours. Écouter en silence et trouver d’où vient le chant peut permettre aussi de localiser, en cela nos oreilles sont bien plus efficaces que les applications embarquées. Des applications comme « Merlin » sont très efficaces pour la détection et l’identification, elles permettent ainsi par la réécoute d’apprendre à reconnaître les chants des différentes espèces.

Lucie, qui est très entraînée, nous indique la Fauvette noire qui est en train de chanter et elle nous signale aussi la Fauvette mélanocéphale qui est un peu plus loin dans des buissons. La Fauvette à tête noire possède une calotte noire sur la tête pour le mâle et une calotte marron pour la femelle, tandis que la fauvette mélanocéphale a la tête noire jusqu’au cou et son œil est entouré par un cercle rouge.

Le très beau chant du Loriot couvre même nos discussions, plusieurs individus sont perchés dans les grand Frênes et un mâle, véritable flèche jaune vif et noire traverse la clairière devant nous. Un peu plus loin, Lucie nous fait remarquer un chant très particulier, comme un moteur qui démarre, donc reconnaissable : c’est celui de l’Hypolaïs polyglotte. Nous finissons par l’observer plusieurs fois au sommet d’un arbre mort le bec grand ouvert déroulant sa séquence de notes persistante.

L’Hypolaïs polyglotte

Tout autour on entend et on voit passer les Tourterelles turques en pleine nidification, ce qui est le cas de la plupart des espèces en cette saison. Posé sur les grands arbres et de belle taille, c’est le Pigeon ramier

Imperturbable mais discrète pour nos yeux, l’Alouette lulu n’arrête pas de chanter plus ou moins loin sans se laisser voir ! Plus assourdissant et récurrent dans le paysage sonore, le Rossignol philomèle nous inonde de ses vocalises mais ne se laisse pas plus apercevoir. Tandis que bien visibles, les Martinets noirs fendent l’air toute bouche ouverte à la recherche de minuscules proies (insectes de très petites tailles formant ce que l’on appelle le plancton aérien).

Le Martinet noir

Passant aussi au-dessus de nos têtes mais à moindre vitesse et en décrivant des vagues en vol ponctuées par un psiit à chaque sommet, la Cisticole des joncs est toujours bien présente dans la plaine de Beaulieu.

Un autre habitué de la zone, c’est le Bruant proyer qui grésille, installé au sommet d’arbustes ou de petits arbres. C’est un oiseau de belle taille, plus gros qu’un moineau, avec un bec fort et court indiquant son régime granivore.

Plus rare et avec un beau plumage, c’est la Pie grièche à tête rousse qui se pose çà et là. En fait deux individus sont visibles, un couple certainement qui niche dans les grands arbres au bord du ruisseau La Gendarme.

La Pie grièche à tête rousse

Avec l’arrivée de notre groupe, un Faucon crécerelle prend son envol, tandis qu’en arrière-plan, au-dessus d’un champ de blé, quelques Sternes de Hansel plongent dans les épis à la recherche d’insectes comme les sauterelles. Cette espèce qui niche en bord de mer vient chasser à l’intérieur des terres. Elle migre depuis l’Afrique tropicale.

Le Faucon crécerelle

Des oiseaux migrateurs venant d’Afrique, il y a aussi le Loriot qui vient du Cameroun, Kenya pour nicher dans nos bois ! Idem pour la Pie grièche qui vient du Soudan…

Continuant notre pérégrination sur l’ancien chemin de Saint Hilaire, Corneilles et Pies bavardes sont visibles en vol. Bien au-dessus passe une Buse variable tandis que posé sur un arbre mort, un imposant Milan noir nous observe sans broncher.

La Corneille noire
Le Milan noir

Plus loin c’est le chant répétitif du Serin cini qui égaye nos oreilles. Avec son plumage jaune, il s’égosille au sommet des arbres. Non loin de là, posé sur un jeune Frêne, le Rollier d’Europe nous laisse admirer son plumage multicolore, lui aussi fraîchement arrivé d’Afrique de l’Est.

Le Rollier d’Europe

Notre promenade se termine vers 9h30 chahutée par les cris de nombreux Étourneaux sansonnets qui vont d’un champ à l’autre à la recherche de nourriture.

Étourneaux sansonnets

Merci à Lucie et aux participants, en espérant pouvoir observer tout autant de beaux oiseaux lors de la prochaine sortie.

Les illustrations ont été prises lors de la sortie (photos Y. Caraglio)

Pour une information sur les espèces, vous pouvez consulter le site http://www.oiseaux.net dans lequel vous trouverez les descriptions et les habitudes des différentes espèces ainsi que leurs chants et des photos.

Pour le terrain, des livres d’identification :

  • Guide des oiseaux de France et d’Europe de R. Peterson et coll., éditions Delachaux Niestlé Collins Bird
  • Guide, de Lars Svensson, Harpercollins, UK
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Yves Caraglio avec la relecture de Lucie

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Sortie ESCARGOTS dans les carrières de BEAULIEU

Organisée par Association ARBRE dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité Métropolitaine (ABM).

Jeudi 30 avril 2026 à 18 h 30, dans les anciennes carrières de Beaulieu.

Le 30 avril 2026, nous nous sommes retrouvés à l’entrée des Carrières de Beaulieu pour un voyage dans le monde extraordinaire des escargots. Cette sortie animée par Mathieu Denat des Ecologistes de l’Euzière accompagné de Louise (Service civique) était organisée par ARBRE et financée par la Métropole de Montpellier dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité Métropolitaine (ABM).

18 personnes (14 adultes et 4 enfants) étaient venues profiter de cette initiation sur des animaux que tout le monde croit connaître mais dont personne ne sait vraiment la nature.

Mathieu a commencé par les questions d’usage :  un escargot c’est quoi ? Les réponses fusent : « Mollusques » dit un enfant, Gastéropodes dit un adulte. Le public est connaisseur s’exclame Mathieu !

Corps mou (mollusques) et estomac dans les talons (l’estomac sur le pied littéralement : Gastero – Pode) sont les premiers éléments caractérisant les escargots.

Beaucoup d’espèces ? En France : 50 ? 100 ? 1000 ? Non 400 espèces d’escargots terrestres. Dans l’Hérault ? 100-150.

La description et le questionnement se poursuit avec la coquille. Tous les escargots ont-ils une coquille ? Oui. Les limaces ont-elles une coquille ? Parfois, oui mais à l’intérieur du corps…

De quoi est constituée, la coquille : la coquille est sécrétée par le manteau, un organe du corps de l’escargot, elle est constituée d’une couche protéique molle, et d’une couche interne dure (calcaire). La coquille est une sorte de sandwich de calcaire dont les tranches de pain seraient des protéines. Où les escargots trouvent-ils le calcaire ? Dans la nourriture ? Pas directement, mais en broutant les herbes, ils mangent un peu de calcaire du sol. Le manteau est une couche molle, l’incorporation du calcaire rigidifie la coquille et la protéine du manteau l’imperméabilise. Le bord la coquille près de l’ouverture est souvent mou et transparent, c’est la coquille qui se construit, elle n’est pas encore calcifiée. La coquille sert de protection au corps mou de l’escargot (contre les prédateurs, la sécheresse, etc).

S’il n’y a pas de calcaire, pas d’escargots… Ainsi en terrain de granit, terrains acides, en forêt sans calcaire on va trouver plus de limaces que d’escargots.

Autre élément caractéristique des escargots ? Les « antennes » répond le public. Oui, mais non on va plutôt parler de tentacules… Car un tentacule peut avoir plusieurs fonctions, les antennes sont des éléments sensoriels olfactifs chez les insectes (et chez les arthropodes-araignées, crustacés…- plus largement). Chez les escargots, il y a généralement 4 tentacules deux grands et deux petits.

Les grands portent à leur extrémité des yeux, les tentacules (grands et petits) ont des fonctions sensorielles d’olfaction. L’extension des tentacules leur permet d’explorer l’extérieur avant de déployer leur corps à l’extérieur de la coquille et de se déplacer sur leur unique pied.

Puis commence la recherche des escargots, chacun va prospecter des lieux frais, fossés, sous les arbres, sous les pierres… Enfants et adultes se dispersent et reviennent avec une belle récolte d’escargots de toutes tailles et formes. Le plus souvent ce sont des coquilles vides et blanches.

Pourquoi les coquilles des escargots morts sont-elles blanches ? Réponse dans le public : plus de protéine, plus de couleur ! Effectivement les colorations quand elles existent proviennent des protéines. Les escargots morts blanchissent, car les protéines sont sensibles aux UV, et c’est le blanc du calcaire qui reste.

Mathieu commence à commenter les différentes espèces récoltées. Les éléments à regarder pour identifier les espèces sont nombreux mais il faut commencer par regarder l’ouverture et plus particulièrement la forme de cette ouverture. Mathieu demande aux enfants de trier par taille les escargots récoltés.

Les escargots les plus gros ont quelle taille, les plus petits ? Les plus gros font 5-8cm, les plus petits, le mm !

Le Petit gris, (Helix aspersa) quelle est sa taille ? Comment distinguer le jeune escargot de l’escargot adulte ? Le bord de l’ouverture est dur et forme un ourlet chez l’adulte. Le petit gris peut atteindre 3-4cm de diamètre quand il est adulte. Il est très commun.

Le Bulime tronqué, (Rumina decollata) coquille allongée en forme de cône mais tronquée. Son corps est noir. Il mange… des escargots ! C’est une espèce carnivore, qui avec sa coquille allongée pour entrer dans la coquille de sa proie, qu’elle dévore avec sa bouche, elle râpe directement sa proie…avec la radula qui orne sa bouche. La radula est projetée en avant de la bouche (comme la mâchoire des requins) ; constituée de toutes petites dents, elle agit comme une râpe en grattant la nourriture.

L’Elégante striée ou Cyclostome strié (Pomatias elegans) est une espèce qui n’a que deux tentacules et de plus l’œil est inséré à la base du tentacule et non à son extrémité. Il présente un mufle le faisant ressembler à un mini éléphant ! Dans cette espèce il y a des individus mâles et des individus femelles. Sa coquille comporte une véritable porte blindée, l’opercule qui grandit avec l’individu.

L’opercule est une structure calcifiée contrairement à l’épiphragme présent chez les autres espèces d’escargots qui est une sécrétion de mucus plus ou moins épaisse, et plus ou moins calcifiée. Ces structures permettent à l’escargot de se protéger de la dessication et avec l’opercule de se protéger de prédateurs comme le Bulime…

L’Hélicette des Balkans (Xeropicta derbentina) est un des escargots que l’on voit s’agglutiner sur des herbes, sur des poteaux sur les vignes. Dans les périodes de fortes chaleurs, pour éviter de se dessécher ils grimpent sur des supports en hauteur pour être ventilés et en se regroupant ils forment une ambiance plus humide et se « refroidissent » en changeant lentement de position d’autant plus qu’ils sont en grappe dense passant de l’extérieur de l’amas vers son centre. Cette espèce n’est pas native mais elle se développe très rapidement depuis quelques années. On aperçoit l’épiphragme sur l’individu du milieu dans la photo ci-dessous

La Caragouille rosée (Theba pisana) se reconnaît assez facilement car sa coquille est blanche et présente une coloration rosée près de l’ouverture. Elle fait également partie des espèces qui s’agglutinent en hauteur pendant les périodes les plus sèches.

La Mourgeta (Eobania vermiculata). Son nom commun rappelle les moniales et leur cornettes enroulées. Les lieux « Mourguettes, Mourgues… » font ainsi référence soit aux moniales soit par glissement aux escargots !

Le Mange-merde ou Escargot peson (Zonites algirus). Encore un escargot carnivore, et même détritivore car il se nourrit aussi sur des cadavres. Son corps est noir, sa coquille est aplatie et son ombilic très ouvert, bien visible sur la photo ci-dessous.

La Perlée commune (Papillifera papillaris) avec un enroulement senestre (vers la gauche) de la spirale de la coquille. Les petites taches blanches ou papilles (d’où son nom latin) sont caractéristiques de l’espèce. On la trouve sous les pierres dans des petits sillons.

Le Cornet étroit ou la Cochlicelle pointue (Cochlicela acuta), est une espèce de terrains secs. Sa coquille conique se termine en pointe émoussée et peut être ornée d’une ou deux bandes noires en spirale ou pas comme l’illustre la photo ci-dessous.

Puis nous nous déplaçons vers le Théâtre des carrières pour chercher d’autres espèces. Mathieu nous demande s’il y a du sable présent dans le coin, un ancien tas de pierre de mauvaise qualité, le rebut, est présent juste à côté. Nous partons tous à la recherche de la Soucoupe… commune ! Cette espèce (Helicigona lapicida) est inféodée à la pierre mais malgré les efforts de chacun, nous ne la trouvons pas. Ce sera pour une autre fois.

Grands et petits sont enchantés de cette promenade éducative et pleine de nouveautés dans une zone que nous côtoyons pourtant régulièrement.

A la prochaine fois, merci Mathieu et Louise

Idée de livres :

  • Guide des Mollusques terrestres. Escargots et Limaces. Collection Fous de Nature, Edition Belin.
  • La hulotte  n° 97 et 98 sur les escargots !

Liste des espèces rencontrées (merci Lionel) :

Bulime tronquéRumina decollata (Linnaeus, 1758)
Caragouille roséTheba pisana (Müller, 1774)
Clausilie papilleusePapillifera papillaris (Linnaeus, 1758) Syn. Papillifera bidens
Cochlicelle pointueCochlicela acuta (Müller, 1774)
Cyclostome élégantPomatias elegans (Müller, 1774)
Hélicelle de DerbentXeropicta derbentina (Krynicki, 1836)
Maillot cendré (trouvé à côté du théâtre)Solatotupa similis (Bruguière, 1792)
MourgetaEobania vermiculata (Müller, 1774)
Petit GrisCornu aspersum (Müller, 1774) Syn. Helix aspersa
Petit MoineMonacha cartusiana (Müller, 1774)
Zonite d’Algérie Escargot peson, Mange-merdeZonites algirus (Linnaeus, 1758)
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Yves Caraglio avec la relecture de Mathieu Denat.

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Sortie Amphibiens dans les carrières de BEAULIEU

Samedi 7 mars 2026 à 18 h 30, dans les anciennes carrières de Beaulieu.

Il pleut, il pleut, c’est vraiment la fête à la Grenouille et …aux Tritons !

Ce samedi soir 18h30, nous nous sommes retrouvés à une douzaine de personnes sous une pluie très fine à l’entrée des carrières prêts à observer les Amphibiens sous la conduite d’Aurélia Dubois, naturaliste spécialisée en faune et particulièrement en herpétologie.

Aurélia nous fait un rappel rapide des deux grands groupes d’Amphibiens, les Anoures (sans queue, grenouille, rainette et crapaud) et les Urodèles (avec queue, triton, salamandre) puis elle nous présente les espèces susceptibles d’être rencontrées dans notre zone. Les « crapauds » ont la peau granuleuse, les « grenouilles » ont la peau lisse

Un crapaud calamite
Jeune rainette méridionale

Petite marche jusqu’au parking du Théâtre pour faire un point sur les caractéristiques des chants émis en période de reproduction par les mâles des Anoures. Les Urodèles eux n’émettent pas de chants, mais les mâles diffusent des phéromones dans l’eau pour attirer les femelles.

Enfin en se rapprochant des bassins des carrières du génie, le concert assourdissant des chants nuptiaux nous laisse présager de belles observations. Des crapauds Calamites sont déjà présents le long du parcours, se délectant de l’humidité ambiante.

Puis dans les bassins bien remplis d’eau, on aperçoit des Rainettes et les sacs vocaux des mâles en plein chant. La troupe de crapauds calamites n’est pas en reste quant à l’intensité des chants. Une grenouille rieuse essaie de se faire entendre mais face aux rainettes et calamites pas de succès. Ils étaient bien plusieurs dizaines à chanter, plus les femelles silencieuses. Quelques tentatives de rapprochement et d’accouplement se font sur les pierres affleurantes.

      Puis dans un autre bassin c’est le bal populaire des tritons marbrés, les mâles massifs et ornés de leur crête noire et jaune sillonnent les eaux peu profondes à la recherche des femelles reconnaissables à leur ligne orange sur le dos.

      Quelques parades sont observées et même une femelle en train de pondre un œuf sous une feuille qu’elle enroulera avec ses pattes, une observation très rare.

      Les tritons palmés bien que présents, se font discrets, un seul mâle est observé.

      Très belle soirée avec un niveau d’observation extraordinaire et qui succède à des années sans eau dans ces bassins et qui nous l’espérons permettra à ces populations d’amphibiens de retrouver un niveau d’individus conséquent.

      A l’année prochaine (ou avant !) pour une aussi belle soirée.

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      Yves Caraglio avec la relecture d’Aurélia Dubois

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      Sortie Amphibiens dans les carrières du Génie

      Samedi 1er mars 2025 à 18 h 15, dans les anciennes carrières de Beaulieu.

      Grâce à la forte pluviométrie de ces dernières semaines, nous pouvons nous retrouver, à la différence des années passées, dans les anciennes carrières de Beaulieu.
      18 personnes se sont inscrites pour cette sortie nocturne et fraîche. Un seul enfant jouera le rôle de Candide. Aurélia, technicienne en environnement, dont une des spécialités est l’herpétologie (études des reptiles et amphibiens), a installé une table face au parking du théâtre des carrières sur laquelle elle a déposé des amphibiens en plastique et deux ouvrages spécialisés afin de tester les connaissances du public sur les Amphibiens.

      La classification 

      Sur la table, parmi les animaux présents, mettez les Reptiles d’un côté et les Amphibiens de l’autre. Le tri se fait sans grande conviction, mais une seule erreur est détectée : la tortue n’est pas un amphibien malgré la capacité pour certaines d’entre-elles de vivre dans l’eau. Le tri doit se faire à partir de la peau : nue chez les Amphibiens, recouverte d’écailles chez les Reptiles.
      Ensuite dans le lot des Amphibiens, quel critère pour séparer les grenouilles, les crapauds, les tritons et les salamandres : l’absence de queue chez les Anoures (Crapaud, grenouille …) et la présence d’une queue pour les autres chez les Urodèles (Triton, Salamandre).

      Les espèces

      Aurélia aborde ensuite les amphibiens présents dans notre région parmi les quelques 8 000 espèces recensées dans le monde :

      • La Rainette méridionale à distinguer de la Rainette verte, la première se caractérisant par une ligne noire qui s’arrête à mi-parcours ;
      • Le Pélodyte ponctué qui porte des tâches vert fluo et possède un petit chant caractéristique de boules de pétanque qui s’entrechoquent ;
      • Le Triton palmé identifiable par ses palmures aux pieds ;
      • Le Triton marbré avec ses belles marbrures vertes et noires et sa crête dorsale ;
      • Le Crapaud commun absent dans notre région et présent dans le Nord à la différence du Crapaud épineux. Ces deux espèces se différencient génétiquement. Le crapaud épineux possède de grosses glandes parotoïdes qui produisent des sécrétions un peu blanches si l’animal est stressé ;
      • Le Crapaud calamite est caractérisé par une ligne dorsale verte et tache verte ;
      • Le Pélobate cultripède présent dans d’autres communes. Il a un chant qui rappelle celui d’une poule. Il est équipé de petits « couteaux » sous les pattes qui lui permettent de creuser le sol.

      Pour les reconnaître on dispose :

      • d’une expertise visuelle,
      • d’une expertise par les pontes,
      • d’une expertise par les chants.

      Habituellement la rainette donne de la voix. Le complexe des Grenouilles vertes dispose de sacs vocaux de couleurs différentes. Ce sont des animaux qui ont une peau fragile notamment la salamandre. Les tritons sont des prédateurs, notamment d’œufs de grenouille. On trouve souvent le crapaud calamite en eau peu profonde, qui peut s’assécher plus facilement et alors les têtards meurent. Le Pélobate cultripède a un têtard qui peut être aussi gros qu’une main.

      Aurélia rappelle les deux phases de la vie d’un amphibien :

      • aquatique pour la ponte des œufs deux fois par an pour certaines espèces dans notre région : printemps et automne ;
      • terrestre pour la plupart des adultes.
        Les crapauds sont plus terrestres que les grenouilles.

      Les pontes

      Un dernier test concernait les pontes des Amphibiens. Les œufs en chapelets, ce sont des crapauds, les œufs isolés sur une feuille enroulée ce sont des tritons… Et quelques autres espèces ont été présentées. Aurélia propose un jeu qui consiste à placer quelques amphibiens devant des pontes qui peuvent se présenter sous la forme de gros amas fileux, un long cordon ou une ponte en cordons. L’exercice est difficile, mais des volontaires tentent leur chance. Le résultat est mitigé.

      • la rainette a de petites pontes sous la forme de petits amas,
      • les tritons ont un œuf unique sous une feuille aquatique,
      • le pélodyte, un amas le long d’une tige. Une gangue enveloppe les œufs.

      Les menaces
      On aborde ensuite les dangers qui menacent la survie des amphibiens :

      • les multiples prédateurs comme les poissons et larves de libellules sous forme de têtards ainsi que la couleuvre vipérine ou les hérons. Certaines espèces invasives prennent leur place comme les Tortues de Florides.
      • la sécheresse, de plus en plus fréquente avec les changements climatiques, accentue la diminution de l’eau dans les mares et perturbe la reproduction des amphibiens.
      • l’urbanisation et les routes causent de véritables hécatombes. Pour lutter contre ce fléau, on aménage des passages, on ferme des routes la nuit et on invite les automobilistes à ralentir. Ce sont les crapauducs.
      • la pollution avec notamment les pesticides qui causent une mortalité directe dans les mares. Les amphibiens ont une peau très fragile. On encourage les particuliers à ne pas utiliser de pesticides dans les jardins et à créer une mare.
      • la destruction directe par coup de pelle. Pour rappel, en France, les amphibiens et les reptiles sont protégés. Il est interdit de tuer un amphibien ou de perturber son développement.
        La plus grosse activité se situe de mars à juin et en automne chez nous.

      La nuit est tombée, quittant le camp de base, nous nous dirigeons vers la carrière du Génie, dans le silence, pour surprendre peut-être ces petits habitants du soir. Sur place, Aurélia descend dans la mare temporaire et en évitant de remuer l’eau, elle pêche un triton marbré femelle aux flans gonflés d’œufs. On reconnaît la femelle à sa ligne dorsale orange. Elle a une jolie couleur verte. Les présentations faîtes, Aurélia la libère. On entend le chant de la rainette méridionale.

      C’est aussi la recherche d’œufs. Le crapaud épineux pond assez tôt dans la saison et plusieurs pontes sont possibles.
      Aurélia pêche un triton marbré mâle magnifique. C’est une espèce en diminution. Elle est très fragile. On le reconnaît à sa crête plus en pointe. On l’appelle aussi « petit dragon des mares ».
      Les tritons vivent entre cinq et dix ans. Leur âge est difficile à déterminer.
      On peut trouver plusieurs espèces au même endroit. Comme on l’a précisé précédemment, ce sont des prédateurs d’œufs de grenouille. Ils hibernent l’hiver et se cachent sous une pierre ou un morceau de bois en été, d’où la nécessité de garder une petite mare et un pierrier dans son jardin pour garantir la biodiversité.

      La pêche continue avec un triton palmé tout petit. Sa crête est fine et la palmure est peu marquée. Sa coloration est claire et il est de petite taille. On distingue le petit filet qui caractérise le mâle. Aurélia pense qu’il vient tout juste de sortir d’hibernation, car un peu maigre.

      Pour clore la soirée, Aurélia nous montre la ponte du pélodyte. Pas de têtards ce soir, mais il est vrai que d’habitude, nous organisons cette sortie-découverte vers le 20 mars. C’est le grand calme. Les artistes font relâche ce soir. Alors faute de concert, Aurélia nous fait écouter un enregistrement du chant du Pélodyte ponctué qui fait penser au bruit de deux boules de pétanque qui s’entrechoquent. C’est une espèce moins présente ici que la rainette ou le crapaud commun.

      https://www.youtube.com/watch?v=mIh3cr_bsRo

      Il est 20 heures, nous rebroussons chemin pour retrouver les voitures alors que la pluie commence à tomber.

      Merci à Aurélia qui adore ces petites bêtes et sait faire partager ses connaissances toujours avec le sourire.

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      Régine Paris avec la relecture d’Yves Caraglio et Aurélia Dubois

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