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Atelier Botanique

Atelier botanique

Vendredi 24 juin 2022 à 19 heures – Salle de réunion du gymnase Edmonde Carrère à Beaulieu

Cet atelier animé par Yves Caraglio, botaniste référent de l’association ARBRE, s’inscrit dans le projet d’élaboration, sur deux ou trois années, d’un atlas de la biodiversité concernant les deux communes de Beaulieu et Restinclières avec la possibilité pour les personnes intéressées d’élaborer un herbier personnel. Il fait suite aussi à une sortie sur le terrain pour observer in situ différentes plantes.

Treize personnes ont participé à cet atelier. Yves a au préalable cueilli quelques plantes pour illustrer son propos. Il propose de nous parler en premier de la forme et de l’organisation des feuilles sur le rameau qui sont déterminantes pour identifier une plante.

Différents éléments sont à regarder :

  • une feuille sur une tige
Atelier botanique du 24/06/2022 avec le botaniste Yves Caraglio.
  • le limbe, la partie aplatie de la feuille permet la photosynthèse grâce au soleil. Son contour ou la marge n’est pas forcément lisse. Il peut être denté. 
  • le pétiole est la petite partie qui rattache le limbe à la tige.
  • la gaine, à la base du pétiole embrasse la tige.

–> Le tout constitue la feuille.

À l’intersection entre la feuille et la tige on trouve le bourgeon, parfois très discret, qui assure à la plante la capacité de faire une nouvelle tige. Il est appelé bourgeon latéral ou axillaire.

Nous allons ensuite distinguer une feuille simple entière d’une feuille composée, constituée de « petites feuilles » – les folioles- portées par une structure centrale –le rachis- (équivalent de la nervure principale de la feuille simple) et une gaine qui la rattache à la tige. On parle de rachis primaire quand la feuille composée est divisée une fois comme une plume d’oiseau (feuille composée penné) ou secondaire quand la feuille composée est divisée deux fois (bipenné). Le nombre de folioles peut être pair (feuille composée paripennée) ou impair (feuille composée imparipennée).

NBLe vocabulaire utilisé pour désigner la morphologie générale des plantes a été élaboré par les floristes et peut varier en fonction des époques. 

À partir des caractéristiques des plantes on va pouvoir déterminer des familles comme par exemple la ronce (Rubus) de la famille très nourricière des rosacées à laquelle appartiennent aussi le fraisier, l’abricotier, le pommier…

Un participant s’interroge sur l’utilité des épines ? 
Yves indique que les épines constituent une protection contre l’herbivorie et précise que bien que les grands herbivores aient disparu, les plantes avec leur défenses sont toujours là.

Sur certaines plantes, on observe à la base de la feuille au niveau du pétiole ou du rachis, deux expansions, les stipules qui peuvent tomber rapidement sans blesser la plante mais en laissant une cicatrice qui peut être discrète. Pour observer cela il faut s’équiper d’une loupe à main en prenant la précaution de la poser près de l’œil et de rapprocher la plante (et non l’inverse) ou utiliser une loupe binoculaire. Attention ! la plante est parfois facétieuse et quand les stipules se soudent on a l’impression d’avoir une seule pièce. 

La disposition des feuilles autour de la tige peut varier. La phyllotaxie est le terme scientifique pour désigner l’arrangement des feuilles autour d’une tige. On distingue ainsi les feuilles alternes distiques ou spiralées des feuilles opposées (deux feuilles au niveau d’un nœud) décussées ou verticillées (3,4, 5 feuilles insérées au même endroit sur la tige).

Toutes ces caractéristiques permettent de faire du tri et correspondent à des comportements de groupes de plantes.

La floraison : étude de la mauve de la famille des malvacées :

Chez la mauve, les deux sexes sont présents. C’est une plante hermaphrodite. La fleur attractive contient les graines. La fleur est l’organe inventé par les plantes pour rapprocher les deux sexes mâle et femelle dans une même structure.

  • La fleur s’insère sur une tige.
  • Les sépales souvent vertes forment le calice. Au-dessus se trouvent les pièces colorées qui constituent un signal visuel. Les cellules odorantes dégagent une odeur attractive celle du nectar, liquide sucré.
  • Les pétales colorés la plupart du temps forment la corolle.
  • Les étamines portent la partie reproductive mâle et forment l’androcée.
  • Le gynécée contient les parties reproductrices femelles.

Ainsi on va pouvoir constituer des grands groupes en fonction du nombre d’éléments composant la fleur.

Exemple fleur de type 3 : le lys. Il comprend 3 sépales et 3 pétales tous de la même couleur, 3 étamines et trois loges pour les graines

La pollinisation. Malgré la présence des deux sexes au sein de la fleur, beaucoup de plantes sont pollinnisées par les insectes qui permettent un échange des gènes entre fleurs d’une même espèce. Des grands groupes de plantes comme les Céréales réalisent ces échanges grâce au vent.

Les insectes qui assurent la pollinisation veulent avoir une récompense : le nectar. Mais ils ne font pas ce qu’ils veulent. Des fleurs sont complexes. La récompense peut aussi être sexuelle. Parfois le mâle croit qu’il a affaire à une femelle, il veut s’accoupler mais c’est un leurre. La présentation d’un Regards Croisés sur les fleurs trompeuses

(https://arbre34160.org/category/conferences-debats/page/3/ ).


En conclusion de cette première séance écourtée en raison d’un spectacle de danse à 20h30 à la chapelle, Yves nous conseille deux ouvrages sérieux que l’on peut acquérir. Il y a en effet beaucoup de vocabulaire à mémoriser mais c’est le B.A-BA .

• La Flore de France – 89€
C’est la clé pour entrer dans les plantes (genres, espèces…) et distinguer par exemple le chêne kermès du chêne blanc ou du chêne vert. Le châtaignier appartient à la famille des fagacées, ensuite il faut déterminer le genre, l’espèce… Pour cela on utilise les clés des familles : feuille, tige, racines, fleur, c’est un jeu d’assemblage avec un motif de base simple.

• Flore de la France méditerranéenne continentale
Naturalia publication

En automne, une nouvelle sortie est programmée qui sera suivie d’un deuxième atelier sur l’utilisation des clés de détermination d’une Flore.

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Régine Paris avec la relecture attentive d’Yves Caraglio

Atelier taille de l’olivier

Samedi 16 avril 2022

Cet atelier en plein air a été reporté à deux reprises pour des raisons météorologiques et sanitaires mais la programmation de cette année a tenu ses promesses et le soleil brille.

L’association ARBRE a fait appel à un spécialiste, Jean-Michel Duriez, qui pendant 42 ans a conseillé des oléiculteurs, dans le cadre de l’A.F.I.D.O.L devenue France Olive. A la retraite depuis juillet 2021, il soigne ses quatre oliviers sans produits chimiques et continue à dispenser son savoir.

Nous sommes 20 participants dans l’oliveraie de Michel Marquès à Restinclières.

M. Duriez nous indique d’emblée que des oliviers pas taillés ne meurent pas. Le plus important est de leur donner à manger. 

Un sol herbeux est capable de nourrir les racines mais le spécialiste recommande l’utilisation d’un engrais organique complet et biologique, une fois par an, entre le mois de novembre et d’avril :  le dosage pour un arbre de petite taille est de 5 kg déposées à la base du tronc puis recouverts de l’herbe préalablement coupée. On adapte la quantité d’engrais à la taille de l’arbre. Si le sol est sec, ne pas hésiter à enterrer l’engrais. Il s’agit d’un produit à action lente.

A la mi-mai, il recommande l’utilisation de fumier de volaille (poule) bien décomposé ou de broyat de plumes -1 à 2 kg- à forte teneur en azote selon le même procédé que pour l’engrais.

Au bout de deux à trois ans, l’arbre se développe selon le dicton : «  graisse-moi le pied, je te graisserai le bec ».

Deux maladies menacent l’olivier :

– un champignon sous la forme de taches circulaires marron sur les feuilles, appelé « œil de paon ». A titre préventif on peut pulvériser de la bouillie bordelaise sur le feuillage avant l’arrivée des spores du champignon. Il existe aussi des produits « certiphyto » plus efficaces mais réservés aux professionnels qui ont suivi une formation spéciale. Il faut agir avant l’arrivée de la pluie même si le cuivre ce n’est pas le top pour le sol. De septembre à avril on traite après la pluie.

– la mouche de l’olivier se reconnaît à sa taille -3 à 5 mm de long-, ses deux ailes translucides avec un point noir à leur extrémité, son abdomen couleur brique strié de noir à la face ventrale. Pour lutter contre ses méfaits, on utilise des pièges sous la forme d’une bouteille plastique d’1,5 l percée de 5 à 6 trous de 4mm de diamètre dans la partie supérieure, remplie aux 3/4 de phosphate d’ammoniaque (une bonne cuillère à soupe) et d’eau (1 litre). On peint en partie la bouteille d’une couleur jaune qui attire la mouche. Quand on piège une femelle, ce sont 20 kg d’olives sauvées. La pose des bouteilles se fait dès le la fin février ; bien que les olives soient absentes, la mouche, elle, est là !

Un piège circule dans lequel on peut distinguer des mouches de l’olivier.

On peut aussi utiliser de l’argile avec de préférence une pompe à membrane, une fois par mois de juin à octobre. Cela constitue une barrière physique en empêchant la ponte. La mouche de l’olivier est sophistiquée. Elle recherche le bon endroit et n’aime pas les surfaces granuleuses. Elle fait l’objet d’études en laboratoire avec de fausses olives bien rondes, vertes ou jaunes, et lisses.

On a remarqué par ailleurs que les olives fripées n’étaient pas attaquées. Aussi on peut les laisser flétrir naturellement en leur donnant moins d’eau.

Une participante aimerait savoir le nombre de bouteilles à installer dans chaque arbre. M. Duriez propose 4 bouteilles placées aux quatre points cardinaux mais on peut en mettre moins si on doit s’occuper d’un très grand nombre d’oliviers.

Faut-il ramasser les olives piquées tombées au sol ? La réponse est positive, sans plus.

On aborde ensuite le sujet de cette visite, à savoir la taille de l’olivier.

M. Duriez indique ironiquement qu’il y a autant de techniques que de tailleurs !

Le but de la taille annuelle est destinée à obtenir le maximum d’olives et à faciliter leur cueillette. Les principes sont les suivants :

– la taille intervient après les risques de grand froid,

– l’arbre méditerranéen a peur des autres arbres. Il aime être en pleine lumière mais trop de soleil brûle. Le bon équilibre ce sont les feuilles à la lumière et le bois à l’ombre.

– la taille doit être longue. On coupe la branche en entier ou on la laisse entière. On ne coupe pas à la moitié sinon on aura des repousses en désordre.

– le non-professionnel utilise une scie à main (avec une denture japonaise) qui coûte de l’ordre de 30 à 40€. La petite tronçonneuse électrique coûte 2 000€ environ.

– un olivier ça se regarde de loin. Les oliviers sauvages poussent en buisson. On va organiser la taille. Pour cela il faut au préalable   regarder l’olivier en entier avec du recul.

Pour la hauteur, c’est une question personnelle et qui dépend souvent de la récolte.

La lumière doit bien circuler. Il faut deviner ce qu’il y a de l’autre côté de l’arbre. On dit plutôt « éclaircir » un olivier que le « tailler ».

On s’occupe en premier de la structure. L’olivier ne mourra jamais d’un coup de scie. On s’intéresse aux branches charpentières qui poussent sur le tronc. On est dans un buisson et on veut obtenir un « gobelet » à 45° avec un puits de lumière au milieu de l’arbre. Chaque branche charpentière doit avoir sa place. C’est le travail du tailleur.  Les branches ne doivent pas être les unes sur les autres ou se croiser.

– On coupe la plus grosse branche parmi toutes celles que l’on envisage de couper. On s’occupe du buisson. On pense toujours à prendre du recul pour examiner l’arbre après chaque coupe. Ensuite on s’attaque aux branches plus fines.

– en bas de l’arbre, les branches ne doivent pas traîner par terre. Il faut couper les branches à leur base. Ne pas hésiter à se faire aider pour mieux apprécier le travail à accomplir.

– quand on a affaire à trois branches serrées qui se gênent, on en coupe deux.

Les travaux pratiques ont commencé avec des volontaires. Quelle(s) branche(s) couper et comment les couper ?

La taille du premier arbre est terminé. Pour ceux qui veulent fignoler, on peut maintenant couper les gourmands et les branches sèches. 

On se positionne devant un autre olivier. M. Duriez rappelle qu’un arbre fruitier est un être vivant. Grâce à ses racines, il fait des feuilles, du bois, des fleurs et des fruits et consomme beaucoup d’énergie. On veut des fruits chaque année. On aperçoit des grappes florales le long et au bout des tiges. On ne taille pas sur la couronne mais dans l’intérieur. Il faut avoir le souci de garder un équilibre global à l’arbre. Si on taille beaucoup, l’arbre va faire du bois. 

Nous sommes maintenant devant un arbre qui a trois pieds, une cépée. On ne voit pas à travers. Il a besoin d’être éclairci. On le taille fortement et on va faire un « souquet » à 50 cm du sol. Avant on prenait un merlin. On tape sur le côté du tronc coupé. On va obtenir un taux de reprise de 99 % une fois le « souquet » replanté dans un large trou. Cette technique ancienne permettait de créer des vergers à partir d’arbres appréciés pour leurs fruits.

M. Duriez évoque une autre technique de clonage : le bouturage

On prend un morceau de branche coupée. On repère le sens de la pousse. On le met dans un pot en plastique avec des trous. On utilise un terreau de rempotage, une poudre de bouturage. On place le tout sous un olivier -mi-soleil mi ombre-. On l’arrose sans le noyer. On observe. Entre 3 semaines et 18 mois, il va se développer. On lui mettra de l’engrais pour les géraniums. On a obtenu un plant d’olivier que l’on conserve dehors jusqu’à -5°. Le printemps suivant, on observe un petit chevelu racinaire. On peut le rempoter ou le mettre en pleine terre.

On continue à tailler cet olivier aux trois troncs. Est-il trop haut ? On observe des flèches à la fin de la taille. Il ne faut pas toutes les couper pour maintenir l’équilibre de l’arbre. A nouveau, on coupe à la base ou on laisse la branche entière. Ainsi deux flèches ont disparu et il en reste quelques-unes.

M. Duriez aborde pour terminer l’arrosage.

En l’absence de pluie, il est recommandé d’arroser à quatre moments clés :

– à la sortie de l’hiver -février chez nous- sur une surface au moins de la largeur de la frondaison,

– à la floraison, début juin-jusqu’au début juillet,

– à la période du durcissement du noyau (l’os). Ne pas oublier que l’olivier peut supporter le flétrissement de ses feuilles. Ne pas hésiter aussi à gratter le sol pour faire pénétrer l’eau.

– en septembre.

Il est 18h30. La chaleur s’atténue. Nous avons appris beaucoup de choses qu’il faudra mettre en pratique.

Nous remercions M. Duriez pour toutes ses explications claires et M. Marquès pour son hospitalité.


Régine PARIS avec la relecture attentive d’Yves Caraglio.

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ARBRE au marché de printemps de Beaulieu

Atelier autour de la fraise

Samedi 26 mars 2022

Régine, Frédéric et Yves sur le stand/Atelier (Photo de Frédérique Caraglio).

Le stand de notre association animé par Yves à eu un beau succès et plusieurs nouvelles adhésions ont été enregistrées, merci ! Plusieurs membres de l’association se sont relayés au stand pendant qu’Yves expliquait aux curieux étonnés que la fraise n’est pas le fruit du fraisier mais plutôt un support pour les fruits minuscules qu’il leur montrait.

Assis autour de la table en face de notre stand, des enfants peignaient des décorations multicolores sur des pots en terre cuite. Ils venaient ensuite les remplir de terre et y installer les plants de fraisier – une animation organisée par la municipalité en partenariat avec l’ARBRE.

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Louise Achard.