Samedi 11 avril 2026
Salle du foyer BEAULIEU 34160
« Habiter au village – Le point de vue des Enfants »
Présentation des intervenants :
Adélaïde BOËLLE, architecte-urbaniste
Adélaïde est architecte-urbaniste, enseignante à l’école d’architecture de Toulouse, et dirigeante de l’agence In Vivo basée à Toulouse spécialisée dans la participation citoyenne et la conception d’espaces avec les habitants — enfants comme adultes. Elle a réalisé sa thèse de doctorat sur la place des enfants dans l’espace public.
Vincent Porcher, ethno-écologue
Vincent Porcher est chercheur, à la fois anthropologue et botaniste-écologue. Il pratique l’ethnoécologie et l’ethnobotanique : l’étude des interactions entre les humains et les plantes (ou l’environnement en général) à travers les cultures du monde entier. Il a lui aussi réalisé sa thèse de doctorat sur la perception des enfants, mais du côté de la nature et des plantes.
Participations :
Elus représentants de communes
Commune de Beaulieu :
- Christophe CARRERE : Maire.
- Rémi Villey : Adjoint « Associations et culture ».
- Elisabeth Rigail : Adjointe « Urbanisme ».
Commune de Restinclières
- Geniès BALAZIN : Maire.
Commune de Saint Geniès des Mourgues
- Odile SIRLIN : Elue en charge du « Cadre de vie ».
Professeures des écoles communales de Beaulieu et de Restinclières.
Ecole communale de Beaulieu :
- Maguelone TOLMOS : Classe de CE2-CM1 24 élèves dont 7 CE2.
Ecole communale de Restinclières
- Mélissa FERARY : Classe de CM1-CM2 24 élèves dont 8 CM2.


Section 1 — Adélaïde BOËLLE, architecte-urbaniste
Section 1 — Adélaïde BOËLLE, architecte-urbaniste
L’atelier mené dans les classes
En amont de la conférence, Adélaïde et sa collègue Camille Ducros (également architecte) ont consacré une journée et demie dans chacune des deux classes, en partenariat avec les enseignantes Mélissa Ferary (Restinclières) et Maguelone Tolmos (Beaulieu). La méthode s’est déroulée en trois temps :
- Parcours de découverte — Les enfants ont guidé les intervenantes dans les abords de leur école, munis d’un livret pour réaliser des croquis et repérer sur une carte les lieux problématiques ou positifs. Résultat notable : les perceptions des enfants sont très hétérogènes — une même ruelle peut être effrayante pour certains et familière pour d’autres.
- Mise en commun et diagnostic collectif — Retour en classe pour confronter les observations individuelles. Des fiches de travail ont permis aux groupes de formuler des constats (« j’ai constaté que… ») puis des propositions d’amélioration avec un premier croquis.
- Fabrication de maquettes — À partir de vues aériennes préparées, chaque groupe a matérialisé ses idées. Aucune consigne thématique n’était imposée — toutes les idées étaient recevables. Les deux classes se sont finalement retrouvées le 13 mars dernier dans le parc de la Chapelle à Beaulieu pour se présenter mutuellement leurs projets. Des parents et des élus étaient présents à cet échange.
Ce que les maquettes révèlent
Contrairement à l’idée reçue que les enfants ne réclament que des toboggans, les projets ont fait émerger des enjeux d’urbanisme contemporains tout à fait fondés :
- La sécurité routière et le partage de l’espace (la moitié de la classe de Restinclières a travaillé sur la route de Beaulieu, jugée trop dangereuse à pied) ;
- L’accès à l’eau potable dans l’espace public ;
- La végétalisation et la présence de la nature en ville ;
- Les transports en commun et la relation avec Montpellier (symbolisés par une « station de métro ») ;
- La mixité intergénérationnelle : les enfants pensent aussi aux adolescents, aux personnes âgées, aux petits.
Pour Adélaïde, les enfants sont ses « habitants préférés » à consulter dans les projets participatifs, car ils « refondent toujours les enjeux essentiels ».
Cadre théorique : la place des enfants dans l’espace public
S’appuyant sur des travaux de sociologues et psychologues depuis les années 1970, Adélaïde identifie trois milieux principaux dans le développement de l’enfant :
- La famille (milieu protecteur, mais parfois lieu de violence) ;
- L’école (milieu d’épanouissement et d’apprentissage) ;
- La ville / l’espace public (troisième milieu, souvent oublié).
Ce troisième milieu est en recul depuis cinquante ans : les enfants sont de moins en moins présents dans l’espace public, ou bien leur présence est strictement codifiée et parquée. Adélaïde illustre ce constat par plusieurs exemples photographiques : aires de jeux grillagées sans ombre, espaces de jeu créés dans les années 1970 sur le front de mer de la Grande-Motte où une sculpture de 1974 porte aujourd’hui le panneau « Jeux interdits et dangereux » !
« L’appropriation de l’espace est l’aspect le plus riche, le plus complet des utilisations possibles de l’environnement. Il s’agit d’un processus formateur de la personnalité par lequel l’enfant s’arme comme sujet. Un lieu n’est pas seulement en avoir un usage reconnu, c’est établir une relation avec lui, l’intégrer dans son vécu, pouvoir y marquer son empreinte et devenir acteur de sa transformation. »
— Marie-Josée Chombart de Lauwe, psychosociologue
Le phénomène « No Kids » et l’infantisme
Adélaïde soulève un phénomène récent et préoccupant : la création d’espaces « sans enfants », notamment le projet de wagons SNCF « calme » excluant les enfants. Elle y voit une discrimination à part entière et recommande la lecture du livre L’Infantisme de Laelia Benoît (philosophe-psychologue), qui, sur le modèle du racisme et du sexisme, nomme et dénonce cette exclusion d’une partie de la société fondée sur l’âge.
Francesco Tonucci et la ville à l’échelle de l’enfant
Adélaïde évoque l’œuvre du psychologue italien Francesco Tonucci (La vie des enfants, 1990) qui, dans sa ville de Fano, a initié une révolution urbaine : concevoir la ville à l’échelle des enfants. Sa thèse : en prenant l’enfant comme paramètre de conception (notamment en permettant aux enfants d’aller à l’école à pied en sécurité), on améliore automatiquement la ville pour toutes les catégories vulnérables — femmes, familles, personnes âgées, personnes à mobilité réduite. Tonucci est aussi l’inventeur des conseils municipaux d’enfants.
Des signaux d’espoir
Depuis cinq à six ans, un mouvement de fond se développe en France autour de la place des enfants dans l’espace :
- Aires de jeux non-clôturées, conçues pour le parcours, la prise de risque et le jeu libre ;
- Terrains d’aventure (nés dans les années 70) où les enfants construisent, bricolent, sont acteurs de leur espace — les adultes y sont interdits (!) ;
- Cours Oasis : végétalisation des cours d’école bétonnées, pour favoriser la biodiversité et le rapport à la nature ;
- Rues scolaires : piétonnisation temporaire aux abords des écoles (10 minutes le matin, 10 minutes le soir), testée dans de nombreuses communes.
Adélaïde conclut sur une contradiction contemporaine : d’un côté on exclut de plus en plus les enfants des espaces publics, de l’autre on développe des dispositifs pour mieux les y inclure. La question reste entière : comment trouver un équilibre pour faire plus de place aux enfants dans nos villes et villages ?
Section 2 — Écoliers des écoles de Beaulieu et Restinclières
Contexte
Les deux classes ont participé à un atelier de conception participative avec Adélaïde et sa collègue Camille. Ils ont réalisé des maquettes à partir de vues aériennes de leur environnement scolaire, puis présenté leurs projets oralement devant le public de la conférence — exercice bien plus intimidant, selon Adélaïde, qu’un colloque universitaire.


Projets de l’école de Beaulieu
Le parking : recouvert de pavés, végétalisé (buissons, arbres), avec des barrières séparant les zones et des passages sécurisés vers le parc — pour que les enfants puissent s’y retrouver sans danger.
- Le city : ajout de barrières latérales pour éviter que le ballon sorte, et de cages plus grandes pour faciliter le jeu.
- L’épicerie / mini Intermarché : accès à de l’eau gratuite, étagères avec des jeux pour enfants à l’intérieur, végétalisation du toit — « parce que ce n’est pas que pour les adultes ».
- Le stade : cages de foot ajoutées (pour jouer autrement qu’au rugby), gradins pour s’asseoir, bancs ombragés, murets de repos pour les joueurs en été, mur d’escalade pour les plus grands.
- La salle d’arcade : remplacement d’une crèche redondante (déjà présente en plus grand ailleurs dans le village) par une salle d’arcade à deux étages pour les enfants plus grands.
Projets de l’école de Restinclières
- La sécurité routière : sujet mobilisant la moitié de la classe — trottoirs élargis, piétonnisation partielle de la route de Beaulieu, fresque au sol pour signaler la présence d’enfants et inciter les conducteurs à ralentir, caméras de surveillance.
- Le CDI : création d’une bibliothèque-centre de documentation à l’intérieur de l’école, accompagnée de panneaux solaires sur le toit et d’un parc avec toboggan dans une zone jugée « effrayante ».
- La ruelle des danses : végétalisation du sol (plein de trous), statues colorées pour embellir l’espace.
- La piscine municipale et salle de sport : ajout d’équipements collectifs à proximité du stade.
- La station de métro : demande symbolique de transports en commun vers Montpellier, interprétée par Adélaïde comme une vraie question d’accessibilité territoriale.
Note : la classe de Restinclières avait respecté l’échelle (sous la houlette exigeante d’Adélaïde), tandis que celle de Beaulieu s’était affranchie de cette contrainte avec Camille — ce qui avait provoqué une jalousie amusante entre les deux classes lors de la restitution commune.
Section 3 — Vincent Porcher, ethno-écologue
Présentation de l’intervenant
Vincent Porcher est chercheur, à la fois anthropologue et botaniste-écologue. Il pratique l’ethnoécologie et l’ethnobotanique : l’étude des interactions entre les humains et les plantes (ou l’environnement en général) à travers les cultures du monde entier. Il a lui aussi réalisé sa thèse de doctorat sur la perception des enfants, mais du côté de la nature et des plantes.
Les ethnosciences : une épistémologie du regard
Vincent ouvre sa présentation par une citation provocatrice d’André-Georges Haudricourt :
« La botanique, c’est l’ethnobotanique des botanistes. »
Ce retournement apparent dit quelque chose d’essentiel : ce qu’on appelle « la science » des plantes n’est pas universelle — c’est une manière de décrire le monde qui appartient à un groupe culturel particulier (les botanistes académiques). Il n’est ni supérieur, ni inférieur aux autres systèmes de connaissance : c’est une ethnoscience parmi d’autres.
Cette posture épistémologique — regarder son propre savoir avec le même regard qu’on porterait sur un autre — est au cœur de la démarche de Vincent. Son travail consiste à prendre au sérieux la façon dont d’autres communautés (pêcheurs marseillais, groupes Touaregs, communautés rurales, enfants…) décrivent, nomment, utilisent et valorisent leur environnement naturel.
Les interactions bioculturelles
Le concept d’interactions bioculturelles recouvre trois dimensions :
- Les usages : comment les humains utilisent et exploitent la biodiversité (alimentation, médecine, construction, rites…) ;
L’organisation du monde : comment ils catégorisent, nomment et comprennent leur environnement (taxonomies locales, langues, croyances) ;
- Les valeurs et les relations affectives : quelle place émotionnelle, symbolique et spirituelle occupe la nature dans leur vie.
Cette troisième dimension — souvent négligée — est pour Vincent fondamentale. Il souligne d’ailleurs en aparté que lors de la soirée, un élu évoquait un arbre à couper « dans le cadre de la loi », sans que cet arbre ait eu « son mot à dire » — illustration concrète de la manière dont notre culture dominante conçoit la nature comme un objet et non comme un sujet.
La double crise : biodiversité et diversité culturelle
Vincent établit un parallèle fort entre deux crises simultanées :
- La crise de biodiversité : 250 000 à 300 000 espèces de plantes recensées, dont beaucoup en danger ;
- La crise de la diversité culturelle et linguistique : plus de 4 000 langues parlées sur Terre, dont 2 600 sont aujourd’hui menacées de disparition — parmi elles, l’occitan, langue du territoire où se tient la conférence.
Ces deux crises sont liées : quand une langue disparaît, c’est tout un système de connaissance de l’environnement qui s’efface avec elle. Les savoirs ethnobotaniques — noms locaux des plantes, usages médicinaux, pratiques agricoles traditionnelles — sont souvent portés par des langues minoritaires et des cultures orales. Leur perte est irréversible.
Les enfants comme passeurs de savoirs
Vincent a travaillé spécifiquement sur la perception des enfants vis-à-vis des plantes et de la nature. Contrairement à l’idée reçue que les détenteurs des savoirs traditionnels sont exclusivement les anciens, il a constaté que les enfants sont souvent des observateurs fins et des acteurs à part entière de la transmission des connaissances naturelles. Leur regard est à la fois neuf et ancré dans le territoire : ils perçoivent des éléments que les adultes ne voient plus, ils nomment les plantes avec des termes issus du dialecte local, ils entretiennent une relation non-médiatisée avec leur environnement immédiat.
La question de l’interlocuteur légitime. Quand Vincent arrive dans une culture qu’il ne connaît pas, la question se pose : à qui s’adresse-t-on pour recueillir les savoirs ? La réponse classique et attendue, c’est les anciens — les personnes âgées, dépositaires de la mémoire longue. Mais Vincent a constaté que cette réponse est incomplète. Les enfants constituent un deuxième interlocuteur essentiel, souvent négligé par les chercheurs, parce qu’ils occupent une position singulière dans la chaîne de transmission : ils sont encore en train d’apprendre, ce qui signifie qu’ils ont accès aux savoirs de leurs aînés — grands-parents, parents, voisins — tout en les reformulant dans leur propre langage. Ils sont à la charnière entre la génération qui sait et celle qui ne saura peut-être plus.
Des connaissances étonnamment précises. Dans ses travaux de terrain, Vincent a recueilli chez des enfants de 7 à 12 ans des connaissances naturalistes d’une précision souvent surprenante — noms vernaculaires de plantes en occitan ou en provençal, propriétés médicinales de plantes communes (le plantain pour les piqûres, le sureau pour les rhumes), pratiques saisonnières (cueillette des mûres, récolte des champignons), reconnaissance des espèces par l’odeur, la texture ou le goût. Ces savoirs leur ont été transmis de manière informelle — lors de balades, de moments en famille, de jeux dans les espaces naturels — sans apprentissage formalisé.
L’enfant comme révélateur de la vitalité d’un savoir. Le niveau de connaissance naturaliste des enfants d’une communauté fonctionne comme un indicateur de la vitalité du savoir environnemental local. Là où les enfants savent encore nommer les plantes, identifier les champignons, raconter les usages de la garrigue, c’est souvent le signe que ce savoir circule encore activement dans les familles et le tissu social. Inversement, là où les enfants ne savent plus rien, le savoir est souvent déjà en voie d’extinction, même si des anciens le détiennent encore à titre individuel.
Lien avec les maquettes. Vincent retrouve cette sensibilité dans les projets des enfants de Beaulieu et Restinclières : végétalisation des parkings, arbres dans les ruelles, fontaines publiques, panneaux solaires, parcs avec végétation — autant de propositions qui trahissent une conscience aiguë de la nature comme élément constitutif du bien-vivre. Ces enfants ne sont pas des experts botanistes, mais ils portent intuitivement la valeur affective et fonctionnelle de la nature dans l’espace habité.
L’amnésie du savoir : de l’enfant à l’adulte
Le paradoxe de la croissance. Vincent soulève un paradoxe déroutant : si les enfants sont d’aussi bons observateurs et dépositaires de savoirs naturalistes, pourquoi ces savoirs disparaissent-ils si souvent à l’âge adulte ? Ses travaux, comme ceux d’autres ethnobotanistes (notamment l’étude de Sandrine Gallois sur les peuples Baka du Cameroun), montrent qu’il existe une rupture nette dans la transmission des savoirs écologiques entre l’enfance et l’âge adulte. L’enfant sait, puis l’adulte oublie — ou plutôt, l’adulte cesse de prêter attention.
Le mécanisme de l’oubli. Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs convergents :
- La scolarisation et l’urbanisation déplacent progressivement l’attention vers d’autres systèmes de savoirs (académiques, technologiques, professionnels), qui ne font pas de place à la connaissance naturaliste locale ;
- L’enfant pratique la nature de manière ludique et libre (jeux dehors, exploration, cueillette spontanée) ; l’adulte, lui, a peu d’occasions de maintenir ce lien informel avec son environnement ;
- La dévalorisation culturelle de ces savoirs (perçus comme « archaïques » ou « paysans ») contribue à ce que les jeunes adultes n’investissent pas dans leur transmission consciente ;
- Le déménagement, la mobilité géographique et la déconnexion d’un territoire d’origine brisent le fil de la transmission entre générations.
Une amnésie collective. Ce n’est pas qu’un phénomène individuel. C’est une amnésie collective qui touche des générations entières dans les sociétés industrialisées. Des études montrent que les enfants d’aujourd’hui savent nommer beaucoup plus d’espèces de Pokémon que d’espèces d’oiseaux communs ou de plantes sauvages. Cette « extinction of experience » (Robert Pyle) — l’extinction de l’expérience directe de la nature — crée un cercle vicieux : moins on connaît la nature, moins on y est attaché ; moins on y est attaché, moins on la protège.
Le moment critique. Vincent identifie l’adolescence et le début de l’âge adulte comme la période critique de cette rupture. C’est le moment où le jeune quitte progressivement les espaces d’exploration libre de l’enfance (la garrigue, le jardin des grands-parents, le chemin des écoliers) pour entrer dans les espaces normés de l’adulte — la voiture, le bureau, les écrans. Le savoir naturaliste, faute d’être mobilisé, s’efface.
Ce que cela signifie pour les villages. Dans des territoires comme Beaulieu et Restinclières, cette amnésie prend une dimension particulière. Ces villages sont encore entourés de garrigues, de ripisylves, de zones humides, de paysages façonnés par des siècles de pratiques agropastorales. Les anciens connaissent encore les plantes médicinales, les arbres remarquables, les circuits de transhumance, les noms occitans des lieux. Mais si cette connaissance ne trouve pas de passeurs — des enfants curieux, des adultes qui transmettent, des adultes qui réapprennent — elle s’éteindra en une génération.
L’enjeu de la reconquête. C’est là que les approches de Vincent et d’Adélaïde se rejoignent profondément. Rendre la nature accessible dans l’espace public (cours Oasis, végétalisation, parcs), c’est aussi maintenir vivant le contact quotidien des enfants avec le vivant — et donc retarder, voire éviter, cette amnésie. Former les enseignants à l’ethnobotanique locale, sortir dans la garrigue avec les classes, nommer les plantes en français et en occitan : autant de gestes qui ancrent un savoir qui, sans entretien, disparaît.
Convergences entre Adélaïde et Vincent
Vincent souligne la complémentarité de leurs deux approches : là où Adélaïde travaille sur la place physique de l’enfant dans l’espace urbain, lui s’intéresse à la place de la nature dans l’imaginaire et les connaissances de l’enfant. Les deux perspectives convergent vers la même conviction : donner plus de place aux enfants dans l’espace public, c’est aussi leur permettre de renouer avec la nature, d’en devenir des observateurs, des amateurs, des gardiens.
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Patrick Paris avec la relecture attentive d’Yves Caraglio.





























