Organisée par Association ARBRE dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité Métropolitaine (ABM).
Jeudi 30 avril 2026 à 18 h 30, dans les anciennes carrières de Beaulieu.
Le 30 avril 2026, nous nous sommes retrouvés à l’entrée des Carrières de Beaulieu pour un voyage dans le monde extraordinaire des escargots. Cette sortie animée par Mathieu Denat des Ecologistes de l’Euzière accompagné de Louise (Service civique) était organisée par ARBRE et financée par la Métropole de Montpellier dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité Métropolitaine (ABM).
18 personnes (14 adultes et 4 enfants) étaient venues profiter de cette initiation sur des animaux que tout le monde croit connaître mais dont personne ne sait vraiment la nature.

Mathieu a commencé par les questions d’usage : un escargot c’est quoi ? Les réponses fusent : « Mollusques » dit un enfant, Gastéropodes dit un adulte. Le public est connaisseur s’exclame Mathieu !
Corps mou (mollusques) et estomac dans les talons (l’estomac sur le pied littéralement : Gastero – Pode) sont les premiers éléments caractérisant les escargots.
Beaucoup d’espèces ? En France : 50 ? 100 ? 1000 ? Non 400 espèces d’escargots terrestres. Dans l’Hérault ? 100-150.
La description et le questionnement se poursuit avec la coquille. Tous les escargots ont-ils une coquille ? Oui. Les limaces ont-elles une coquille ? Parfois, oui mais à l’intérieur du corps…
De quoi est constituée, la coquille : la coquille est sécrétée par le manteau, un organe du corps de l’escargot, elle est constituée d’une couche protéique molle, et d’une couche interne dure (calcaire). La coquille est une sorte de sandwich de calcaire dont les tranches de pain seraient des protéines. Où les escargots trouvent-ils le calcaire ? Dans la nourriture ? Pas directement, mais en broutant les herbes, ils mangent un peu de calcaire du sol. Le manteau est une couche molle, l’incorporation du calcaire rigidifie la coquille et la protéine du manteau l’imperméabilise. Le bord la coquille près de l’ouverture est souvent mou et transparent, c’est la coquille qui se construit, elle n’est pas encore calcifiée. La coquille sert de protection au corps mou de l’escargot (contre les prédateurs, la sécheresse, etc).
S’il n’y a pas de calcaire, pas d’escargots… Ainsi en terrain de granit, terrains acides, en forêt sans calcaire on va trouver plus de limaces que d’escargots.
Autre élément caractéristique des escargots ? Les « antennes » répond le public. Oui, mais non on va plutôt parler de tentacules… Car un tentacule peut avoir plusieurs fonctions, les antennes sont des éléments sensoriels olfactifs chez les insectes (et chez les arthropodes-araignées, crustacés…- plus largement). Chez les escargots, il y a généralement 4 tentacules deux grands et deux petits.
Les grands portent à leur extrémité des yeux, les tentacules (grands et petits) ont des fonctions sensorielles d’olfaction. L’extension des tentacules leur permet d’explorer l’extérieur avant de déployer leur corps à l’extérieur de la coquille et de se déplacer sur leur unique pied.
Puis commence la recherche des escargots, chacun va prospecter des lieux frais, fossés, sous les arbres, sous les pierres… Enfants et adultes se dispersent et reviennent avec une belle récolte d’escargots de toutes tailles et formes. Le plus souvent ce sont des coquilles vides et blanches.

Pourquoi les coquilles des escargots morts sont-elles blanches ? Réponse dans le public : plus de protéine, plus de couleur ! Effectivement les colorations quand elles existent proviennent des protéines. Les escargots morts blanchissent, car les protéines sont sensibles aux UV, et c’est le blanc du calcaire qui reste.
Mathieu commence à commenter les différentes espèces récoltées. Les éléments à regarder pour identifier les espèces sont nombreux mais il faut commencer par regarder l’ouverture et plus particulièrement la forme de cette ouverture. Mathieu demande aux enfants de trier par taille les escargots récoltés.

Les escargots les plus gros ont quelle taille, les plus petits ? Les plus gros font 5-8cm, les plus petits, le mm !
Le Petit gris, (Helix aspersa) quelle est sa taille ? Comment distinguer le jeune escargot de l’escargot adulte ? Le bord de l’ouverture est dur et forme un ourlet chez l’adulte. Le petit gris peut atteindre 3-4cm de diamètre quand il est adulte. Il est très commun.

Le Bulime tronqué, (Rumina decollata) coquille allongée en forme de cône mais tronquée. Son corps est noir. Il mange… des escargots ! C’est une espèce carnivore, qui avec sa coquille allongée pour entrer dans la coquille de sa proie, qu’elle dévore avec sa bouche, elle râpe directement sa proie…avec la radula qui orne sa bouche. La radula est projetée en avant de la bouche (comme la mâchoire des requins) ; constituée de toutes petites dents, elle agit comme une râpe en grattant la nourriture.

L’Elégante striée ou Cyclostome strié (Pomatias elegans) est une espèce qui n’a que deux tentacules et de plus l’œil est inséré à la base du tentacule et non à son extrémité. Il présente un mufle le faisant ressembler à un mini éléphant ! Dans cette espèce il y a des individus mâles et des individus femelles. Sa coquille comporte une véritable porte blindée, l’opercule qui grandit avec l’individu.



L’opercule est une structure calcifiée contrairement à l’épiphragme présent chez les autres espèces d’escargots qui est une sécrétion de mucus plus ou moins épaisse, et plus ou moins calcifiée. Ces structures permettent à l’escargot de se protéger de la dessication et avec l’opercule de se protéger de prédateurs comme le Bulime…
L’Hélicette des Balkans (Xeropicta derbentina) est un des escargots que l’on voit s’agglutiner sur des herbes, sur des poteaux sur les vignes. Dans les périodes de fortes chaleurs, pour éviter de se dessécher ils grimpent sur des supports en hauteur pour être ventilés et en se regroupant ils forment une ambiance plus humide et se « refroidissent » en changeant lentement de position d’autant plus qu’ils sont en grappe dense passant de l’extérieur de l’amas vers son centre. Cette espèce n’est pas native mais elle se développe très rapidement depuis quelques années. On aperçoit l’épiphragme sur l’individu du milieu dans la photo ci-dessous

La Caragouille rosée (Theba pisana) se reconnaît assez facilement car sa coquille est blanche et présente une coloration rosée près de l’ouverture. Elle fait également partie des espèces qui s’agglutinent en hauteur pendant les périodes les plus sèches.

La Mourgeta (Eobania vermiculata). Son nom commun rappelle les moniales et leur cornettes enroulées. Les lieux « Mourguettes, Mourgues… » font ainsi référence soit aux moniales soit par glissement aux escargots !

Le Mange-merde ou Escargot peson (Zonites algirus). Encore un escargot carnivore, et même détritivore car il se nourrit aussi sur des cadavres. Son corps est noir, sa coquille est aplatie et son ombilic très ouvert, bien visible sur la photo ci-dessous.


La Perlée commune (Papillifera papillaris) avec un enroulement senestre (vers la gauche) de la spirale de la coquille. Les petites taches blanches ou papilles (d’où son nom latin) sont caractéristiques de l’espèce. On la trouve sous les pierres dans des petits sillons.


Le Cornet étroit ou la Cochlicelle pointue (Cochlicela acuta), est une espèce de terrains secs. Sa coquille conique se termine en pointe émoussée et peut être ornée d’une ou deux bandes noires en spirale ou pas comme l’illustre la photo ci-dessous.

Puis nous nous déplaçons vers le Théâtre des carrières pour chercher d’autres espèces. Mathieu nous demande s’il y a du sable présent dans le coin, un ancien tas de pierre de mauvaise qualité, le rebut, est présent juste à côté. Nous partons tous à la recherche de la Soucoupe… commune ! Cette espèce (Helicigona lapicida) est inféodée à la pierre mais malgré les efforts de chacun, nous ne la trouvons pas. Ce sera pour une autre fois.
Grands et petits sont enchantés de cette promenade éducative et pleine de nouveautés dans une zone que nous côtoyons pourtant régulièrement.
A la prochaine fois, merci Mathieu et Louise
Idée de livres :
- Guide des Mollusques terrestres. Escargots et Limaces. Collection Fous de Nature, Edition Belin.
- La hulotte n° 97 et 98 sur les escargots !
Liste des espèces rencontrées (merci Lionel) :
| Bulime tronqué | Rumina decollata (Linnaeus, 1758) |
| Caragouille rosé | Theba pisana (Müller, 1774) |
| Clausilie papilleuse | Papillifera papillaris (Linnaeus, 1758) Syn. Papillifera bidens |
| Cochlicelle pointue | Cochlicela acuta (Müller, 1774) |
| Cyclostome élégant | Pomatias elegans (Müller, 1774) |
| Hélicelle de Derbent | Xeropicta derbentina (Krynicki, 1836) |
| Maillot cendré (trouvé à côté du théâtre) | Solatotupa similis (Bruguière, 1792) |
| Mourgeta | Eobania vermiculata (Müller, 1774) |
| Petit Gris | Cornu aspersum (Müller, 1774) Syn. Helix aspersa |
| Petit Moine | Monacha cartusiana (Müller, 1774) |
| Zonite d’Algérie Escargot peson, Mange-merde | Zonites algirus (Linnaeus, 1758) |
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Yves Caraglio avec la relecture de Mathieu Denat.








































