Le Pistachier térébinthe

Fiche mise à jour le 14/12/2020

IL NE MANQUE PAS DE PIQUANT !

COMMENT LE RECONNAÎTRE ?
À SON ODEUR, SES FEUILLES ET SES COULEURS


Nom latin : Pistacia terebinthus
Famille : Anacardiacées
Hauteur : de 3 à 5 mètres


À l’aise dans la garrigue et le maquis du bassin méditerranéen, on peut le trouver plus au nord jusque dans la Savoie. Il aime la compagnie du chêne vert

Ses feuilles sont vertes au printemps et en été, jaunes ou rouge flamboyant à l’automne. Elles sont luisantes sur le dessus, mates et plus claires au-dessous. Les feuilles sont dites composées, elles ont un nombre impair de folioles, la terminale est souvent plus petite. Elles sont ovales.  

Ses feuilles sont caduques, c’est-à-dire que ce pistachier perd tout son feuillage chaque année. À l’automne, lorsqu’il reçoit moins de lumière et de chaleur, les feuilles tombent pour lui permettre d’économiser de l’énergie.

Comment le distinguer du pistachier lentisque, lui aussi très présent dans les garrigues ? Ils ont deux différences : le lentisque a un nombre pair de folioles et son feuillage est persistant (il est feuillé en hiver). 

D’avril à juin, vous pouvez admirer ses fleurs en grappesrouges ou pourpres. 

En septembre-octobre, observez ses fruits de la taille d’un petit pois (de 5 à 7 mm). En grappes, ils changent de couleur : d’abord blancs, puis roses, ensuite rouges. Arrivés à maturité, ils sont bruns. Ils dégagent une forte odeur de résine !  On peut les manger mais leur saveur est aigrelette. On les utilise plutôt pour produire une huile comestible.

L’essence de térébenthine lui emprunte son nom car elle était, à l’origine, fabriquée avec sa résine distillée. On l’emploie dans les peintures, vernis, cirages, produits pharmaceutiques… Elle a même été utilisée comme carburant pour des fusées !

Chez son cousin le pistachier lentisque, on confectionnait une gomme à partir de sa résine. On la mâchait particulièrement le matin pour parfumer l’haleine. Elle possédait des propriétés pharmacologiques.  

Son bois, excellent pour le chauffage, est aussi utilisé par les ébénistes pour réaliser de magnifiques ornementations

COMMENT VIVENT LES PUCERONS ?
UN GRAND VOYAGE AU RYTHME DES SAISONS


Nom latin : Forda formicaria et Baizongia pistaciae
Famille : Aphididae
Taille : 2-3 mm


Ces petits insectes phytophages ont fait du pistachier térébinthe leur maison. Les femelles y pondent des œufs en automne. Au printemps suivant, les œufs éclosent : il n’y a que des femelles, et elles sont toutes des clones de leur mère ! Des larves sortent, grandissent et deviennent à leur tour des pucerons.

À l’été, ces milliers de jeunes pucerons femelles partent coloniser des plantes graminées, aidées par les fourmis. Elles se nourrissent sur leurs racines, puis pondent des œufs à leur tour. A l’automne suivant, des mâles et des femelles ailées sortent, ils vont retourner sur des pistachiers térébinthe pour y vivre. 

UNE DRÔLE DE GOUSSE ?
NON, UNE GALE DE PUCERON !

Durant l’automne et l’hiver, on observe un mystérieux phénomène sur les pistachiers térébinthe. Cela ressemble à une gousse, une corne étrange…On peut penser à une curieuse petite banane rose ou rouge. Pourtant, nous avons vu que les fruits du pistachier sont des grappes de petits grains, et non des gousses.

Alors qu’est-ce donc ? Si vous l’observez de plus près, vous reconnaîtrez les nervures des feuilles

Mais pourquoi ont-elles pris une telle forme et une telle couleur ?
Qu’y a-t-il à l’intérieur ? 

Des larves de pucerons ! En effet, le puceron amène la feuille du pistachier à subir une modification pour contenir ses œufs. 

Explications. Quand la femelle se nourrit, elle injecte de la salive dans le pistachier. Celle-ci provoque une réaction incroyable : le pistachier se met à produire des excroissances, c’est-à-dire des déformations excessivement grandes qui vont former un véritable cocon pour la ponte du puceron. On appelle cette sorte de berceau végétal une galle. Les œufs éclosent et les larves vivent dans la galle jusqu’à ce qu’elle s’ouvre, entre le mois de septembre et de novembre.

La galle grandit et grandit encore tandis que les larves grandissent et deviennent des pucerons adultes ! Elle peut atteindre 20 cm de long. Ensuite, elle sèche et s’ouvre laissant sortir les pucerons qui vont aller sur les racines de graminées. La galle finit par tomber du pistachier. 

Il a fallu attendre le XVIIe siècle pour que l’on comprenne le lien entre la galle et le puceron ! Ce phénomène, assez spectaculaire, ne met pas l’arbre en danger.