Lierre

Fiche mise à jour le 14/12/2020

DES AGAPES AUTOMNALES

COMBATTRE L’IDÉE REÇUE QUE LE LIERRE EST NOCIF


Nom latin : Hedera helix
Famille : Araliacées
Hauteur : Variable pouvant s’étendre jusqu’à 20 m


Cette plante ornementale est aussi appelée lierre commun, lierret, herbe de Saint-Jean, drienne, rondelette, rondote et rondette. Certains le surnomment à tort le bourreau des arbres, parce qu’il les escalade et les recouvre en s’enroulant tout autour. Mais, il ne cause pas pour autant leur perte. Contrairement à ce que l’on pense habituellement, le lierre n’est pas un parasite parce qu’il ne se nourrit pas au détriment des arbres (contrairement au gui par exemple) mais qu’il s’en sert uniquement comme support (le lierre se nourrit, comme la plupart des autres plantes, grâce à ses racines et à la photosynthèse). 

Le lierre est une plante grimpante ou rampante qui utilise des racines transformées en crampons présentes sur sa tige pour s’agripper sur des supports horizontaux ou verticaux (troncs ou murs). Son feuillage toujours vert est très abondant et ses feuilles sont de forme et de taille variées. En vieillissant, les tiges grossissent et deviennent ligneuses, c’est-à-dire qu’elles sont constituées de bois comme les troncs d’arbres. Un pied âgé peut dépasser une vingtaine de centimètres de diamètre (la taille d’une grosse cuisse), et certains pieds sont encore plus gros (le lierre peut vivre des siècles).

LE CYCLE DE DÉVELOPPEMENT DU LIERRE
LA PLANTE A BESOIN DE LA PLEINE LUMIÈRE POUR FLEURIR

Llierre a besoin d’être en pleine lumière pour fleurir. Il supporte très bien l’ombre mais ne peut s’y reproduire. Le lierre a la particularité de fleurir et de fructifier en décalage avec la plupart des autres plantes : ses fleurs éclosent à la fin de l’été et au début de l’automne (septembre-octobre) et ses fruits à la fin de l’hiver de l’année suivante, début du printemps. Le lierre présente donc un cycle phénologique inversé par rapport aux plantes dont il se sert comme support. Ce sont parmi les dernières fleurs en saison à offrir du pollen et du nectar aux abeilles et des fruits aux oiseaux frugivores.

Les fleurs, jaune verdâtre, portent cinq pétales. Elles sont regroupées en ombelles elles-mêmes disposées en grappes terminales. Le lierre présente donc un cycle phénologique inversé par rapport aux plantes dont il se sert comme support. Ce sont parmi les dernières fleurs en saison à offrir du pollen aux abeilles

Les fruits du lierre grimpant sont des baies (8 à 10 mm de diamètre) noir bleuté groupées en ombelles. Ils renfermant de 3 à 5 graines.

Le cycle de développement :

Lgermination des graines du lierre tombées au sol ou rejetées dans les excréments de passereaux frugivores (phénomène d’ornithochorie et d’endozoochorie) débute deux à trois semaines après leur dépôt dans le sol. 

Les jeunes plantules présentent d’abord deux cotylédons ovales entiers avant de développer les premières feuilles lobées puis des rameaux latéraux qui s’étalent au sol. La première vague de conquête des sous-bois correspond à la phase végétative juvénile sciaphile de la plante, le jeune lierre rampant vers la zone d’ombre (idéalement 3 à 5 % de lumière) créée par un grand arbre (processus de skototropisme décrit pour les lianes tropicales). À l’automne, les feuilles se chargent de sucres et de protéines, ce qui contribue, avec leur épaisse cuticule, à une grande résistance au gel (jusqu’à – 25 °C). Le cycle de vie du lierre présente une période d’activité végétative en hiver en raison de cette résistance. Cette phase juvénile peut durer d’une à plusieurs dizaines d’années. Les tiges couchées radicantes sur le sol forment alors un tapis en sous-bois.

Le stade adulte (seule phase susceptible de permettre au lierre de fleurir et de se reproduire) correspond à une phase héliophile de la liane : lorsque les tiges rampantes juvéniles rencontrent un support vertical (idéalement un gros arbre isolé, à l’écorce rugueuse, apportant 3 à 5 % de lumière), elles escaladent ce support, grimpant vers le soleil.

ACTEUR ESSENTIEL DE LA BIODIVERSITÉ
LIEU DE NOURRITURE POUR BEAUCOUP D’INSECTES ET D’OISEAUX

Le lierre associé à un Chêne abrite « plus de 700 organismes vivants différents (tous les règnes et espèces confondus).

Lefruits du lierre, les baies, constituent une source importante de nourriture pour les oiseaux et de nombreux insectes qui en dispersent ainsi les graines.

Le lierre grimpant est une plante d‘un intérêt apicole non négligeable : c’est une source de pollen et de nectar pour les abeilles* à un moment où l’hiver s’approche et où les fleurs et les fruits se font de plus en plus rares. Le lierre est très mellifère.

Toutes les parties du lierre grimpant sont toxiques pour les mammifères, notamment pour les hommes. Une toxicité due à la présence des saponines, des molécules que l’hydrolyse transforme en une substance très toxique, l’hédérine, générant des brûlures dans la gorge, des maux de tête, des crampes, de la tachycardie et des vomissements / diarrhées. Elle peut même provoquer une paralysie.

(*) Une abeille solitaire est d’ailleurs inféodée au lierre : Colletes hederae (l’« abeille du lierre »).