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Atelier Botanique

Atelier botanique

Vendredi 24 juin 2022 à 19 heures – Salle de réunion du gymnase Edmonde Carrère à Beaulieu

Cet atelier animé par Yves Caraglio, botaniste référent de l’association ARBRE, s’inscrit dans le projet d’élaboration, sur deux ou trois années, d’un atlas de la biodiversité concernant les deux communes de Beaulieu et Restinclières avec la possibilité pour les personnes intéressées d’élaborer un herbier personnel. Il fait suite aussi à une sortie sur le terrain pour observer in situ différentes plantes.

Treize personnes ont participé à cet atelier. Yves a au préalable cueilli quelques plantes pour illustrer son propos. Il propose de nous parler en premier de la forme et de l’organisation des feuilles sur le rameau qui sont déterminantes pour identifier une plante.

Différents éléments sont à regarder :

  • une feuille sur une tige
Atelier botanique du 24/06/2022 avec le botaniste Yves Caraglio.
  • le limbe, la partie aplatie de la feuille permet la photosynthèse grâce au soleil. Son contour ou la marge n’est pas forcément lisse. Il peut être denté. 
  • le pétiole est la petite partie qui rattache le limbe à la tige.
  • la gaine, à la base du pétiole embrasse la tige.

–> Le tout constitue la feuille.

À l’intersection entre la feuille et la tige on trouve le bourgeon, parfois très discret, qui assure à la plante la capacité de faire une nouvelle tige. Il est appelé bourgeon latéral ou axillaire.

Nous allons ensuite distinguer une feuille simple entière d’une feuille composée, constituée de « petites feuilles » – les folioles- portées par une structure centrale –le rachis- (équivalent de la nervure principale de la feuille simple) et une gaine qui la rattache à la tige. On parle de rachis primaire quand la feuille composée est divisée une fois comme une plume d’oiseau (feuille composée penné) ou secondaire quand la feuille composée est divisée deux fois (bipenné). Le nombre de folioles peut être pair (feuille composée paripennée) ou impair (feuille composée imparipennée).

NBLe vocabulaire utilisé pour désigner la morphologie générale des plantes a été élaboré par les floristes et peut varier en fonction des époques. 

À partir des caractéristiques des plantes on va pouvoir déterminer des familles comme par exemple la ronce (Rubus) de la famille très nourricière des rosacées à laquelle appartiennent aussi le fraisier, l’abricotier, le pommier…

Un participant s’interroge sur l’utilité des épines ? 
Yves indique que les épines constituent une protection contre l’herbivorie et précise que bien que les grands herbivores aient disparu, les plantes avec leur défenses sont toujours là.

Sur certaines plantes, on observe à la base de la feuille au niveau du pétiole ou du rachis, deux expansions, les stipules qui peuvent tomber rapidement sans blesser la plante mais en laissant une cicatrice qui peut être discrète. Pour observer cela il faut s’équiper d’une loupe à main en prenant la précaution de la poser près de l’œil et de rapprocher la plante (et non l’inverse) ou utiliser une loupe binoculaire. Attention ! la plante est parfois facétieuse et quand les stipules se soudent on a l’impression d’avoir une seule pièce. 

La disposition des feuilles autour de la tige peut varier. La phyllotaxie est le terme scientifique pour désigner l’arrangement des feuilles autour d’une tige. On distingue ainsi les feuilles alternes distiques ou spiralées des feuilles opposées (deux feuilles au niveau d’un nœud) décussées ou verticillées (3,4, 5 feuilles insérées au même endroit sur la tige).

Toutes ces caractéristiques permettent de faire du tri et correspondent à des comportements de groupes de plantes.

La floraison : étude de la mauve de la famille des malvacées :

Chez la mauve, les deux sexes sont présents. C’est une plante hermaphrodite. La fleur attractive contient les graines. La fleur est l’organe inventé par les plantes pour rapprocher les deux sexes mâle et femelle dans une même structure.

  • La fleur s’insère sur une tige.
  • Les sépales souvent vertes forment le calice. Au-dessus se trouvent les pièces colorées qui constituent un signal visuel. Les cellules odorantes dégagent une odeur attractive celle du nectar, liquide sucré.
  • Les pétales colorés la plupart du temps forment la corolle.
  • Les étamines portent la partie reproductive mâle et forment l’androcée.
  • Le gynécée contient les parties reproductrices femelles.

Ainsi on va pouvoir constituer des grands groupes en fonction du nombre d’éléments composant la fleur.

Exemple fleur de type 3 : le lys. Il comprend 3 sépales et 3 pétales tous de la même couleur, 3 étamines et trois loges pour les graines

La pollinisation. Malgré la présence des deux sexes au sein de la fleur, beaucoup de plantes sont pollinnisées par les insectes qui permettent un échange des gènes entre fleurs d’une même espèce. Des grands groupes de plantes comme les Céréales réalisent ces échanges grâce au vent.

Les insectes qui assurent la pollinisation veulent avoir une récompense : le nectar. Mais ils ne font pas ce qu’ils veulent. Des fleurs sont complexes. La récompense peut aussi être sexuelle. Parfois le mâle croit qu’il a affaire à une femelle, il veut s’accoupler mais c’est un leurre. La présentation d’un Regards Croisés sur les fleurs trompeuses

(https://arbre34160.org/category/conferences-debats/page/3/ ).


En conclusion de cette première séance écourtée en raison d’un spectacle de danse à 20h30 à la chapelle, Yves nous conseille deux ouvrages sérieux que l’on peut acquérir. Il y a en effet beaucoup de vocabulaire à mémoriser mais c’est le B.A-BA .

• La Flore de France – 89€
C’est la clé pour entrer dans les plantes (genres, espèces…) et distinguer par exemple le chêne kermès du chêne blanc ou du chêne vert. Le châtaignier appartient à la famille des fagacées, ensuite il faut déterminer le genre, l’espèce… Pour cela on utilise les clés des familles : feuille, tige, racines, fleur, c’est un jeu d’assemblage avec un motif de base simple.

• Flore de la France méditerranéenne continentale
Naturalia publication

En automne, une nouvelle sortie est programmée qui sera suivie d’un deuxième atelier sur l’utilisation des clés de détermination d’une Flore.

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Régine Paris avec la relecture attentive d’Yves Caraglio

Sortie au parc des Carrières de Beaulieu

Dimanche 12 juin 2022

Observation de la flore

L’Association Restinclières Beaulieu pour le Respect de l’Environnement organisait une matinée d’observation de la flore au parc des plantations pour les naissances dans les carrières de Beaulieu.

En plus des familles ayant planté un arbre pour la naissance de leur enfant, l’A.R.B.R.E avait invité les adhérents qui participent au projet de  collecte de plantes pour l’herbier de l’association

De 10h à 12h le groupe de participants a été initié à l’observation des caractères des feuilles permettant de distinguer des familles botaniques (forme foliaire, disposition des feuilles sur la tige…) avec les explications du botaniste Yves Caraglio.

Yves Caraglio a ainsi initié les participants à examiner en différentes étapes les feuilles cueillies sur place.

EXAMINER LA FEUILLE

Quel est le type de la feuille ?

  • feuilles simples 
  • feuilles composées

Comment est le bord de la  feuille ?

  • bord entier
  • bord denté • lobé plus ou moins profondément
  • feuilles ondulées autour du plan de la feuille

La feuille porte-t-elle des stipules à son point d’insertion sur la tige ?

  • présence de stipules (expansions de part et d’autre de la feuille) au point d’insertion sur la tige
  • pas de stipules (sortes de petites feuilles) au point d’insertion sur la tige.

Comment sont disposées les feuilles sur la tige ? (la phyllotaxie)

  • alternes distiques (feuilles insérées une par une – alternée- en deux rangs, sur 2 lignes le long de la tige)
  • alternes spiralées (feuilles insérées une par une et disposées tout autour de la tige)
  • opposées décussées (feuilles insérées par 2 au même niveau, diamétralement opposées et tournant de 90° à chaque niveau)
  • verticillées (plus de 2 feuilles insérées à chaque niveau)

L’observation de ces critères dans un ordre à respecter permet de proposer à quelle famille peut appartenir la plante fraîchement cueillie. L’exercie a été fait sur plusieurs espèces de la famille des Lamoiaceae, la famille du thym. Les termes utilisés en botanique pour décrire les plantes et pour les identifier grâce à une flore sont  très précis. La suite dans un prochain conmpte rendu de sortie ou d’atelier botanique !

Pour terminer la rencontre, l’équipe de l’arbre s’est assurée que tout le monde avait bien compris comment utiliser l’application Pl@ntnet pour identifier la flore locale sur le groupe créé pour le projet d’atlas de la biodiversité qui démarre cette année à Beaulieu et à Restinclières.


Prochain rendez-vous
sur inscription  par mail : arbre.lr@arbrelgr
 Vendredi 24 juin 2022
Atelier d’initiation à la botanique 2/3
Flore, comment identifier une plante. 
RDV à la salle communale du gymnase Edmonde Carrere à Beaulieu à 19h.

Sortie ornithologique

Dimanche 14 mai 2022 à 7 h 30

Plaine de Beaulieu

Le rendez-vous était fixé à 7h30 le samedi matin pour avoir quelques chances d’apercevoir des oiseaux dans la plaine de Beaulieu. Hasard du calendrier, c’est la journée nationale des oiseaux migrateurs ! Nous n’allons pas les imiter et resterons bien sagement dans la plaine de Beaulieu.

Quinze personnes sont présentes à l’ancien quai de décharge. La sortie est animée par Lucie Frison, une jeune ornithologue employée dans un bureau d’études et diplômée en Ecologie Biologie des Organismes (EBO) de la faculté des sciences de Montpellier. Nous disposons de jumelles et de deux lunettes sur trépied.

En entrée en matière, Lucie demande aux participants comment on procède pour identifier un oiseau ? Les réponses fusent : un bec, des plumes, des pattes, la forme de la queue, la forme des ailes en vol, la taille, le comportement… Lucie nous rassure, c’est le chant qui est le meilleur vecteur pour reconnaître un oiseau.

Le moment est bien choisi. Là on écoute une fauvette à tête noire. Elle se cache et est difficile à voir. Un bruant proyer jaune joue les acrobates en haut d’un arbuste. Son chant évoque le début de la cinquième symphonie de Beethoven. 

Le Bruant proyer.

Les rossignols sont très présents. Lucie reconnaît une cisticole des joncs grâce à son vol compliqué : pirouettes et petits rebonds. Difficile de la voir à l’arrêt. Elle fait un petit « t chi,t chi » en volant.

La Cisticole des joncs.

Nous entendons le chant du loriot, un son humain facile à identifier. Il vole très haut et est de couleur jaune.

On peut consulter avec profit l’application ornithopedia pour se familiariser avec les oiseaux ou l’application BirdNet. Certains oiseaux n’ont pas une note particulière et sont alors difficiles à identifier.

En Occitanie nous sommes bien lotis mais attention entre le nord et le sud de la France, les accents sont différents même pour les oiseaux ! Il y a des migrations géographiques pour les vautours ou les pinsons par exemple : les chants varient alors en fonction de la région.
Pour compliquer l’identification des oiseaux par leur chant, il faut savoir que des oiseaux imitent le chant de leurs congénères : le geai des chênes imite la buse pour se protéger, alerter, parader … Le rossignol a un chant variable.

Deux petits passereaux survolent la plaine avec un chant grinçant : ils piaillent !
Au même moment, Lucie identifie six espèces d’oiseaux grâce à leur chant. Cela demande de la concentration. Attention les chants s’oublient vite. Il faut écouter les oiseaux régulièrement. Pour exercer son oreille, on peut utiliser des CD ou regarder des vidéos sur youtube comme celle du « studio les trois becs ». C’est très pédagogique. Il ne faut négliger aucune espèce. On ne s’ennuie pas à écouter les oiseaux, nous dit Lucie.  

Du lever du jour aux environs de 10 heures, c’est le meilleur moment pour voir nos petits amis. Nous apercevons un faucon crécelle au sommet d’un poteau puis deux loriots en vol. Le premier mesure 27 cm environ.

Lucie reconnaît un hypolaïs polyglotte, couleur olivâtre et jaune sous le ventre. Il fait   un bruit de moteur qui a du mal à démarrer… Yves le prend en photo.

L’hypolaïs au plumage très discret.

Notre œil s’exerce pour découvrir un moineau sur un fil électrique, un geai des chênes de passage, un faucon, un milan royal reconnaissable à sa queue peu incurvée puis un tarier pâtre perché sur un arbre.

Le Geai des Chênes sur son fil.
le Milan royal en vol.

Yves nous indique la présence des outardes bien cachées dans de hautes herbes. L’attente ne permettra pas de les voir. Yves aura ce plaisir le lendemain.

La promenade se termine aux environs de 10 heures. Chacun.e repart vers ses occupations après avoir remercié chaleureusement Lucie pour ses explications.

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Régine Paris avec la relecture attentive d’Yves Caraglio

Compte-rendu de stage

Gestion et protection de la nature

L’Association Restinclière Beaulieu pour le Respect de l’Environnement a accueilli Marine Munoz, une étudiante en  gestion et protection de la nature pour une période de stage qui s’est déourlé du 14 février au 3 mars 2022.

Marine Munoz a restitué son rapport de stage en deux diagnostics étudiés sur le terrain au ruisseau du Mas de Lauriol à Restinclières, et au ruisseau de La Gendarme à Beaulieu :

Éducation à l’environnement

Intervention des Écologistes de l’Euzière

3 journées à Beaulieu

Classe de Mme Hélène Guéry 6 CP/18 CE1

1re journée : qu’est-ce que la garrigue ?

🌿En classe
Sur une feuille blanche, chaque enfant dessine ce qu’est pour lui la garrigue et ses habitants suivi d’un temps d’échanges.

🌿Départ en sortie
• Le rallye des 5 sens ; c’est la découverte de la garrigue à travers les sens.
• La chasse aux plantes ; en binôme, les élèves ont une liste de plantes et d’éléments à trouver dans la nature puis rassemblement pour trier déterminer et discuter autour des adaptations des plantes face  aux enjeux méditerranéens.
• Mon moment à moi (après le repas) ; chaque enfant va passer un moment seul dans un endroit qu’il a choisi puis moment de partage en cercle, chacun s’exprime sur son ressenti.
• Création d’herbiers ; chaque élève a une plante différente et lui fabrique une fiche d’identité. La mise en presse se fera au retour à l’école.
• Jeu le béret nature ; 3 équipes sont constituées et les joueurs sont numérotés de 1 à 8. L’équipe marque un point si le joueur associé au numéro appelé réussit à se saisir de la bonne plante et à revenir dans son camp sans se faire toucher.

Retour à l’école, bilan de la journée.


2e journée : atelier de petites bêtes terrestres

🌿 Départ en sortie (après rappel de la séance précédente)

• Présentation du matériel de collecte et de son utilisation puis observation de ce qui a été attrapé et classification à l’aide du nombre de pattes et de fiches.
• Création de fiches d’identité, chaque enfant prend une petite bête pour créer sa fiche. On les relâche là où on les a trouvées.
• Repas suivi du moment à moi.
• Land’art : création au sol (par 2 ou 3) d’une petite bête à l’aide d’éléments naturels puis visite des oeuvres : chaque groupe présente la sienne.
• Pose du piège photo pour la semaine.

🌿Retour en classe

• Création de pièges à abeilles solitaires qui seront installées dans la cour de l’école.
• Bilan  de la journée.


3e journée : les animaux d’ici

🌿En classe

• Quels sont les animaux d’ici ? Quels sont ceux qu’on ne voit pas ? Pourquoi ? Comment peut-on savoir s’ils sont là ?
• Jeu de traces et indices de présence animale ; classement de photos en différentes catégories (excréments, empreintes etc…).
• Musée des traces et indices d’animaux ; chaque élève a un numéro, il doit retrouver l’objet correspondant disposé sur une table et essayer de retrouver de quoi il s’agit et à qui ça appartient.

🌿Départ en sortie (après le repas)

• À la recherche des traces et des indices; par petits groupes,  munis de fiches d’enquête et d’un empreintoscope, ils partent à la recherche de traces et d’indices.
• Démonstration d’une prise d’empreinte avec du plâtre.
• Récupération du piège photo.

🌿Retour en classe

• Lecture du piège photo (Galerie photos ci-dessous).
• Récapitulatif au tableau : on écrit tout ce qui a été fait pendant le projet.

–> Diaporama photos prises durant ces 3 journées :


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CR de Catherine Fels, membre du CA de l’ARBRE.

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Atelier taille de l’olivier

Samedi 16 avril 2022

Cet atelier en plein air a été reporté à deux reprises pour des raisons météorologiques et sanitaires mais la programmation de cette année a tenu ses promesses et le soleil brille.

L’association ARBRE a fait appel à un spécialiste, Jean-Michel Duriez, qui pendant 42 ans a conseillé des oléiculteurs, dans le cadre de l’A.F.I.D.O.L devenue France Olive. A la retraite depuis juillet 2021, il soigne ses quatre oliviers sans produits chimiques et continue à dispenser son savoir.

Nous sommes 20 participants dans l’oliveraie de Michel Marquès à Restinclières.

M. Duriez nous indique d’emblée que des oliviers pas taillés ne meurent pas. Le plus important est de leur donner à manger. 

Un sol herbeux est capable de nourrir les racines mais le spécialiste recommande l’utilisation d’un engrais organique complet et biologique, une fois par an, entre le mois de novembre et d’avril :  le dosage pour un arbre de petite taille est de 5 kg déposées à la base du tronc puis recouverts de l’herbe préalablement coupée. On adapte la quantité d’engrais à la taille de l’arbre. Si le sol est sec, ne pas hésiter à enterrer l’engrais. Il s’agit d’un produit à action lente.

A la mi-mai, il recommande l’utilisation de fumier de volaille (poule) bien décomposé ou de broyat de plumes -1 à 2 kg- à forte teneur en azote selon le même procédé que pour l’engrais.

Au bout de deux à trois ans, l’arbre se développe selon le dicton : «  graisse-moi le pied, je te graisserai le bec ».

Deux maladies menacent l’olivier :

– un champignon sous la forme de taches circulaires marron sur les feuilles, appelé « œil de paon ». A titre préventif on peut pulvériser de la bouillie bordelaise sur le feuillage avant l’arrivée des spores du champignon. Il existe aussi des produits « certiphyto » plus efficaces mais réservés aux professionnels qui ont suivi une formation spéciale. Il faut agir avant l’arrivée de la pluie même si le cuivre ce n’est pas le top pour le sol. De septembre à avril on traite après la pluie.

– la mouche de l’olivier se reconnaît à sa taille -3 à 5 mm de long-, ses deux ailes translucides avec un point noir à leur extrémité, son abdomen couleur brique strié de noir à la face ventrale. Pour lutter contre ses méfaits, on utilise des pièges sous la forme d’une bouteille plastique d’1,5 l percée de 5 à 6 trous de 4mm de diamètre dans la partie supérieure, remplie aux 3/4 de phosphate d’ammoniaque (une bonne cuillère à soupe) et d’eau (1 litre). On peint en partie la bouteille d’une couleur jaune qui attire la mouche. Quand on piège une femelle, ce sont 20 kg d’olives sauvées. La pose des bouteilles se fait dès le la fin février ; bien que les olives soient absentes, la mouche, elle, est là !

Un piège circule dans lequel on peut distinguer des mouches de l’olivier.

On peut aussi utiliser de l’argile avec de préférence une pompe à membrane, une fois par mois de juin à octobre. Cela constitue une barrière physique en empêchant la ponte. La mouche de l’olivier est sophistiquée. Elle recherche le bon endroit et n’aime pas les surfaces granuleuses. Elle fait l’objet d’études en laboratoire avec de fausses olives bien rondes, vertes ou jaunes, et lisses.

On a remarqué par ailleurs que les olives fripées n’étaient pas attaquées. Aussi on peut les laisser flétrir naturellement en leur donnant moins d’eau.

Une participante aimerait savoir le nombre de bouteilles à installer dans chaque arbre. M. Duriez propose 4 bouteilles placées aux quatre points cardinaux mais on peut en mettre moins si on doit s’occuper d’un très grand nombre d’oliviers.

Faut-il ramasser les olives piquées tombées au sol ? La réponse est positive, sans plus.

On aborde ensuite le sujet de cette visite, à savoir la taille de l’olivier.

M. Duriez indique ironiquement qu’il y a autant de techniques que de tailleurs !

Le but de la taille annuelle est destinée à obtenir le maximum d’olives et à faciliter leur cueillette. Les principes sont les suivants :

– la taille intervient après les risques de grand froid,

– l’arbre méditerranéen a peur des autres arbres. Il aime être en pleine lumière mais trop de soleil brûle. Le bon équilibre ce sont les feuilles à la lumière et le bois à l’ombre.

– la taille doit être longue. On coupe la branche en entier ou on la laisse entière. On ne coupe pas à la moitié sinon on aura des repousses en désordre.

– le non-professionnel utilise une scie à main (avec une denture japonaise) qui coûte de l’ordre de 30 à 40€. La petite tronçonneuse électrique coûte 2 000€ environ.

– un olivier ça se regarde de loin. Les oliviers sauvages poussent en buisson. On va organiser la taille. Pour cela il faut au préalable   regarder l’olivier en entier avec du recul.

Pour la hauteur, c’est une question personnelle et qui dépend souvent de la récolte.

La lumière doit bien circuler. Il faut deviner ce qu’il y a de l’autre côté de l’arbre. On dit plutôt « éclaircir » un olivier que le « tailler ».

On s’occupe en premier de la structure. L’olivier ne mourra jamais d’un coup de scie. On s’intéresse aux branches charpentières qui poussent sur le tronc. On est dans un buisson et on veut obtenir un « gobelet » à 45° avec un puits de lumière au milieu de l’arbre. Chaque branche charpentière doit avoir sa place. C’est le travail du tailleur.  Les branches ne doivent pas être les unes sur les autres ou se croiser.

– On coupe la plus grosse branche parmi toutes celles que l’on envisage de couper. On s’occupe du buisson. On pense toujours à prendre du recul pour examiner l’arbre après chaque coupe. Ensuite on s’attaque aux branches plus fines.

– en bas de l’arbre, les branches ne doivent pas traîner par terre. Il faut couper les branches à leur base. Ne pas hésiter à se faire aider pour mieux apprécier le travail à accomplir.

– quand on a affaire à trois branches serrées qui se gênent, on en coupe deux.

Les travaux pratiques ont commencé avec des volontaires. Quelle(s) branche(s) couper et comment les couper ?

La taille du premier arbre est terminé. Pour ceux qui veulent fignoler, on peut maintenant couper les gourmands et les branches sèches. 

On se positionne devant un autre olivier. M. Duriez rappelle qu’un arbre fruitier est un être vivant. Grâce à ses racines, il fait des feuilles, du bois, des fleurs et des fruits et consomme beaucoup d’énergie. On veut des fruits chaque année. On aperçoit des grappes florales le long et au bout des tiges. On ne taille pas sur la couronne mais dans l’intérieur. Il faut avoir le souci de garder un équilibre global à l’arbre. Si on taille beaucoup, l’arbre va faire du bois. 

Nous sommes maintenant devant un arbre qui a trois pieds, une cépée. On ne voit pas à travers. Il a besoin d’être éclairci. On le taille fortement et on va faire un « souquet » à 50 cm du sol. Avant on prenait un merlin. On tape sur le côté du tronc coupé. On va obtenir un taux de reprise de 99 % une fois le « souquet » replanté dans un large trou. Cette technique ancienne permettait de créer des vergers à partir d’arbres appréciés pour leurs fruits.

M. Duriez évoque une autre technique de clonage : le bouturage

On prend un morceau de branche coupée. On repère le sens de la pousse. On le met dans un pot en plastique avec des trous. On utilise un terreau de rempotage, une poudre de bouturage. On place le tout sous un olivier -mi-soleil mi ombre-. On l’arrose sans le noyer. On observe. Entre 3 semaines et 18 mois, il va se développer. On lui mettra de l’engrais pour les géraniums. On a obtenu un plant d’olivier que l’on conserve dehors jusqu’à -5°. Le printemps suivant, on observe un petit chevelu racinaire. On peut le rempoter ou le mettre en pleine terre.

On continue à tailler cet olivier aux trois troncs. Est-il trop haut ? On observe des flèches à la fin de la taille. Il ne faut pas toutes les couper pour maintenir l’équilibre de l’arbre. A nouveau, on coupe à la base ou on laisse la branche entière. Ainsi deux flèches ont disparu et il en reste quelques-unes.

M. Duriez aborde pour terminer l’arrosage.

En l’absence de pluie, il est recommandé d’arroser à quatre moments clés :

– à la sortie de l’hiver -février chez nous- sur une surface au moins de la largeur de la frondaison,

– à la floraison, début juin-jusqu’au début juillet,

– à la période du durcissement du noyau (l’os). Ne pas oublier que l’olivier peut supporter le flétrissement de ses feuilles. Ne pas hésiter aussi à gratter le sol pour faire pénétrer l’eau.

– en septembre.

Il est 18h30. La chaleur s’atténue. Nous avons appris beaucoup de choses qu’il faudra mettre en pratique.

Nous remercions M. Duriez pour toutes ses explications claires et M. Marquès pour son hospitalité.


Régine PARIS avec la relecture attentive d’Yves Caraglio.

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