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Le sentier de découverte des carrières

Sortie découverte des batraciens

Mâle chanteur de Pélodyte ponctué. (Photo de Jérémy Jalabert qui a illustré l’annonce de la sortie sur le Midi Libre)

Samedi 20 Mars 2021

Malgré le soleil, il ne fait pas chaud et le vent souffle fort, 18 adultes et une fillette se sont retrouvés à 15 h à l’ancien lagunage dans la plaine agricole de Beaulieu autour d’Aurélia Dubois, technicienne fauniste dans un cabinet d’experts, spécialiste en Herpétologie (étude des amphibiens et reptiles).

Aurélia Dubois, l’animatrice de la sortie « Découverte des batraciens ».

Amphibiens ou Batraciens

Ce groupe, plutôt mal aimé, est mal connu, pourtant il présente de belles diversités

Deux grandes familles :

  • Les Anoures (crapauds et grenouilles)
  • Les Urodèles (salamandres et tritons)

En France, il existe 38 espèces de Batraciens qui vivent dans des habitats particuliers en zone humide. Ce sont les mares, les bassins, les piscines, les rus, les fossés à faible niveau d’eau mais aussi dans les prairies, les pots de fleurs et même dans les arbres

À l’heure actuelle, on peut constater une diminution des populations. Plusieurs facteurs en sont la cause tels la pollution, la mortalité routière, le changement climatique, la régression des mares…Ils peuvent être attaqués par un champignon le chytride, celui-ci provoque une dégénérescence de la peau d’effet plus ou moins dévastateur  selon les espèces. A noter aussi la mentalité : ils ne sont pas  aimés et se font supprimer.

Suite à cette présentation, Aurélia nous conduit au bord d’une toute petite mare. L’observation est difficile ; nous sommes l’après-midi, or la période la plus favorable est le crépuscule, la mare a beaucoup rétréci, toutefois, nous avons pu observer quelques minuscules têtards d’environ 1,5 cm de  longueur totale. Ce sont des têtards de Pélodyte.

La reproduction

Selon les espèces, la saison est variable, elle se situe en général au printemps et parfois à l’automne ; c’est l’amplexus, technique qui voit le mâle monter sur le dos de la femelle et s’accrocher à elle avec ses pattes (observation d’une photo). Les pélodytes font des chapelets de ponte qui s’enroulent autour d’une herbe. Les pontes des grenouilles rousses se présentent sous forme d’amas globuleux, quant à la ponte de l’Alyte le chapelet se trouvera sur le dos du mâle jusqu’à l’éclosion. Les œufs donneront des têtards, organismes aquatiques qui possèdent une queue laquelle régressera et disparaîtra chez les anoures. Ces pontes peuvent être la proie de prédateurs tout particulièrement les tritons mais aussi les oiseaux (hérons), les reptiles (couleuvres).

Le déplacement

Quand les conditions deviennent défavorables, le froid ou la sécheresse, ils peuvent se cacher sous des pierres, des souches ; leur capacité de déplacement est très variable d’une espèce à l’autre : les grenouilles dont la peau est très sensible, très perméable, ne se déplacent guère plus d’1 km, les crapauds moins sensibles peuvent se déplacer davantage (en effet leur peau est plus épaisse, recouverte de pustules qui peuvent libérer un liquide blanchâtre lorsque l’animal est stressé). Dès qu’il y a un trou d’eau, il peut être colonisé surtout si la population est importante

QUIZ

Et pour terminer, un petit quiz. Aurélia nous fait écouter quelques chants de batraciens à partir d’enregistrements. À nous de les identifier !

1ère écoute : chant typique ressemblant à celui d’un Petit Duc : c’est l’ALYTE accoucheur

2nd écoute : tel un peigne que l’on frotte : c’est le crapaud CALAMITE

3ème écoute : chant faible car dans l’eau : c’est la GRENOUILLE AGILE

4ème écoute : chant moqueur qui peut s’entendre même le jour : c’est la GRENOUILLE RIEUSE

5ème écoute : comme une porte qui grince ou bien 2 boules de pétanque qui s’entrechoquent ; c’est le PELODYTE

6ème écoute : peut faire penser à un gros crapaud mais c’est le chant de la petite RAINETTE 


Merci à Aurélia pour cette sortie intéressante et peut-être une nouvelle rencontre en septembre.


Compte-rendu rédigé par Catherine Fels. Merci à Jacqueline et à Louise pour les photos.

Sortie sur le terrain : des racines dans le sol

Samedi 6 mars 2021

Pour fêter les 10 ans de l’A.R.B.R.E, l’association a choisi comme thème de l’année 2021 de s’intéresser plus particulièrement aux arbres et propose à ce titre une série d’évènements.

La sortie d’aujourd’hui fait suite à la visio-conférence du 20 février dernier de Claire Atger intitulée « Pas de sol sans racines, pas de racines sans sol »  et disponible en réécoute sur le site de l’association.

24 personnes étaient présentes ce samedi 6 mars 2021 à 15 heures au rendez-vous du parking des carrières à Beaulieu pour participer aux travaux pratiques.

Claire Atger ou « Madame Racines » comme elle aime se présenter accueille les participants et leur propose de répondre aux questions : Qu’est-ce qu’un sol ? Comment cela se crée ?

Nous sommes sur la zone d’extraction de la pierre dite de Beaulieu exploitée depuis les Romains. Il s’agit d’un calcaire coquillier utilisé principalement pour la construction de bâtiments publics et privés. Nous sommes au niveau de la roche-mère. Le sol originel a disparu par l’exploitation de la carrière et on observe la manière dont la roche mère est recolonisée. Nous pouvons ainsi voir les premières étapes d’une implantation accélérée. On a une belle image de ce que la végétation peut faire quand on la laisse en paix. Il en a été de même à Tchernobyl. 

Dans la zone d’extraction de la pierre dite de Beaulieu exploitée depuis les Romains.

La revégétalisation commence avec l’implantation d’algues de lichens, puis de mousses qui en se décomposant déposent des matériaux organiques qui permettront à des herbes annuelles puis à des plantes pérennes de s’installer successivement. Claire nous montre un sol qui a été fabriqué grâce à l’action des racines des plantes. C’est la pédogenèse (genèse du sol). Avec les excréments des animaux de passage, on aura des graines. Le thym, la lavande, l’euphorbe s’installent en premier puis nous avons des végétaux plus hauts.

La paroi verticale qui est devant nous n’héberge aucun végétal, trop lisse et difficile à coloniser alors qu’à son sommet pousse déjà un pin dont on peut supposer que l’implantation a été plus facile que sur les parties verticales. La végétation ligneuse de première génération va permettre l’implantation d’autres végétaux. Un processus de cicatrisation avec des arbres tombés au sol peut aussi s’opérer. Les pins recolonisent rapidement, ce sont des pionniers, puis arrivent plus tardivement les chênes.

Ici les arbres sont « transparents » avec une croissance difficile en particulier parce que leurs racines courent presque directement sur la roche mère faute d’un sol leur permettant de s’implanter en profondeur.

Pour une meilleure compréhension du processus, plusieurs fosses ont été creusées gratuitement par Gaël Even, terrassier, avec des objectifs précis, dans une zone de carrières qui a été comblée : deux fosses à proximité d’arbres, une troisième en lisière des cannes et une quatrième dans un sol anthropisé[1].

L’extraction de la pierre a creusé des cavités et leur comblement a été conduit par l’alternance de couches de matériaux qui n’ont rien à faire ici : de l’enrobé, des blocs de calcaire, des morceaux de verre… Nous ne sommes pas dans la stratification naturelle des sols. C’est un remblai. Ce n’est pas forcément mauvais. C’est ainsi que les villes s’élèvent de 10 cm par siècle et que nous avons des sols anthropisés.

Pour tester un sol, le pédologue va s’intéresser à la physique du sol. Il va étudier notamment la porosité du sol qui va permettre aux racines et aux vers de terre de se déplacer grâce à l’existence de poches d’air qui facilitent aussi l’infiltration de l’eau de pluie. Ainsi une structure grumeleuse est une bonne chose. Le pédologue dispose d’un code des couleurs.
Un des critères morphologiques des sols facilement accessible est sa couleur. Elle est appréciée aussi bien lors d’un sondage à la tarière que sur la paroi d’une fosse pédologique, en utilisant la Charte internationale des couleurs Munsell® (Munsell Soil Color Chart).  Chaque couleur est identifiée par un code unique qui combine la teinte de base, la clarté et la saturation. Certaines colorations l’alertent. 

Paroi d’une fosse pédologique.

La proportion d’argile dans le sol est importante dans notre région. Nous avons aussi des limons, du sable. Le mélange de ces matériaux est favorable. On peut y ajouter des fragments de roches plus grossiers (petits graviers par exemple) pour améliorer la porosité. Les sols de remblai comprennent aussi des matériaux exogènes qui se mélangent à l’argile. 

Il faut que le sol respire pour favoriser la décomposition de la matière organique et la vie des organismes du sol (végétal et animal). Le manque d’air est néfaste : on parle alors d’un état d’hydromorphie lorsque le sol ne draine pas correctement et qu’il est donc dépourvu d’oxygène ce qui ne permet pas aux animaux de vivre. Les plantes ont une capacité extraordinaire pour s’implanter. Elles doivent cependant puiser des éléments organiques d’où l’importance du drainage.

Pour analyser sérieusement un sol il faut creuser une fosse, prélever des « carottes » et étudier la porosité (existence ou non de petits et grands trous). Souvent on préfère, à tort, faire une analyse chimique des sols plutôt qu’une étude physique.  

Nous nous dirigeons vers la première fosse devant deux cèdres. Claire prélève un premier matériau. Son aspect « crumble » est positif. Il témoigne du rôle de la matière organique dans la structuration du sol. Les pédologues étudient aussi la manière dont le matériau se fissure. Ils cumulent des paramètres importants pour déterminer la qualité d’un sol. Dans un sol naturel, la matière la plus foncée devrait être en surface et la plus claire en profondeur. Avec les remblais, c’est différent.

Claire nous montre des racines qui peuvent descendre très profondément dans le sol. La diversité des formes souterraines est extraordinaire. Ainsi nous sommes devant un pin d’une quinzaine d’années (âge déterminé par la lecture des étages de branches) à la croissance faible.

Claire Atger en pleine démonstration.

Les formes racinaires sont très variées pour réussir à coloniser le sol avec un système de racines principales qui se fixent dans le sol et des racines horizontales qui en dérivent pour boire et manger.

Nous abordons la deuxième fosse à proximité d’un pin. Les variations des qualités du sol peuvent être très importantes sur de très faibles distances, le sol est parfois fondamentalement hétérogène. Le milieu aérien est relativement homogène et structuré. Le sol n’étant pas homogène, la partie souterraine des végétaux offre plus de plasticité pour permettre à la plante de se procurer ce dont elle a besoin selon les variations du milieu. Ainsi en est-il des sols alluvionnaires déposés par les cours d’eau. Le fleuve Aude s’est déplacé et baladé sur de  très grandes distances. On trouve des restes de dépôt un peu partout avec des volumes différents. En faisant un remblai, on couvre et on modifie les caractères du sol.

Fosse à proximité d’un pin.

Une auditrice s’interroge sur ce qui se passe quand on comble la fosse ?

Claire indique que les racines ont obligatoirement souffert. Elles boivent à leur extrémité, là où il n’y a pas d’écorce. Les arbres savent refaire des extrémités. Mais dans les racines il n’y a pas de bourgeons, donc la restauration des plaies est difficile.   

Une autre question concerne l’habillage des racines ?

Quand on arrache un arbre pour le replanter il faut faire des plaies propres, franches, sectionner les racines rigides et réduire les racines fines pour qu’elles ne dépassent pas le volume défini par les racines. Si des racines fines dépassent à la plantation elles pourront être déformées et Attention il peut y avoir un risque d’étranglement.  Quand on achète une plante en pot, il faut sortir la motte et l’examiner. S’il y a beaucoup de racines qui sortent de la motte et qui tournent dans le pot, ce n’est pas bon. Ne pas hésiter à les couper. Les plantes en pot sont souvent bourrées d’engrais. Il vaut mieux acheter des arbres en racines nues, de petits calibres avec plein de racines de nutrition. Pour les arbres fruitiers, on achète un arbre composé d’une tige unique de petit volume (un scion ou un baliveau). Si on plante un arbre déjà grand, il faut mettre autour des arbres moyens et des petits car l’avenir est dans les jeunes.

Nous passons à la troisième fosse, à proximité des cannes. Nous observons un sol inversé : d’abord la roche puis la terre. Des cannes progressent en surface avec des rhizomes d’où une colonisation superficielle  car la stratification du sol est bloquante.

Fosse à proximité des cannes.

Quelles différences avec le bambou, interroge une auditrice ?

C’est le même groupe nous dit Claire avec des tiges creuses mais d’une autre espèce. A différencier aussi de la canne à sucre dont on mange des bâtons.

La quatrième fosse a été creusée sur un sol anthropisé. C’est la cour des miracles ! Nous avons des restes de matériaux divers et pouvons constater la grande résilience des végétaux compte tenu de la toxicité de certains produits. Nous sommes sur l’emplacement d’une ancienne déchetterie. C’est colonisable néanmoins. Un bon terrassier va faire des creusements et des tas différents en fonction des différentes couches qu’il rencontrera. Il les stockera en différents tas et puis les remettra dans l’ordre d’origine. 

Claire travaille à aider des collectivités locales à réussir des plantations de qualité. Elle est critique sur les normes en vigueur qui ne sont pas généralisables à toutes les espèces. Ainsi la norme dit que le diamètre de la motte racinaire devrait faire trois fois la circonférence de l’arbre à un mètre de hauteur, ce qui est trop peu. Elle continue à préférer la plantation de petits sujets qui deviendront grands bien qu’ils ne soient pas spectaculaires au départ. Elle évoque le remplacement des platanes le long du canal du Midi notamment par des micocouliers aux racines explosives et regrette que l’on n’ait pas fait le choix de nouvelles espèces à titre expérimental en raison du changement climatique.

Quelques vaillants auditeurs manient la pelle pour combler cette fosse afin d’éviter la chute malencontreuse de quelques promeneurs distraits.

A l’issue de cette déambulation sympathique et instructive, nous voici mieux informé.es sur la nécessaire et judicieuse cohabitation sol-racines. Merci à Claire pour ses explications limpides. Nous regarderons désormais autrement là où nous posons les pieds et guetterons le moindre ver de terre pour nous rassurer sur l’état du sol.

Régine Paris avec la relecture attentive de Claire Atger

Merci aux participants, Patrick Paris, Marie-Paule Dusserre et Jackie Maert, qui ont partagé leurs photos pour illustrer ce compte-rendu.


[1]    Dégradation du sol liée à l’action humaine

Richesse et caprices de l’eau

Mercredi 5 et samedi 8 mai 2021

Initialement programmée au mois de novembre 2021, la 8e édition de Regards croisés 2020 n’a pu s’organiser en raison des mesures restrictives préfectorale liées à la crise sanitaire de la Covid-19.

Cependant, toute l’équipe de l’Association Restinclières Beaulieu pour le Respect de l’Environnement (A.R.B.R.E) s’est mobilisée pour vous permettre de découvrir la richesse et les caprices de l’eau en deux temps : les deux rendez-vous d’atelier pour les enfants le mercredi 5 mai, et la conférence/débat le samedi 8 mai 2021.


Le mercredi 5 mai les enfants de 6 à 12 ans pourront participer à l’atelier animé par Ludovic Cases du Symbo (syndicat mixte du bassin de l’Or). Deux groupes de 20 enfants ont ainsi rendez-vous sur inscription à la Maison pour Tous (MPT) de Restinclières, le matin ou l’après-midi :

Atelier du MATIN 9 h 30 à 12 h (20 places)
INSCRIPTION
ou
Atelier de l’APRÈS-MIDI 14 h à 16 h 30 (20 places)
INSCRIPTION

1re partie (45 mn) :
• Manipulation et discussion autour de la maquette du bassin de l’Or
• Expérience : fabrication d’eau saumâtre avec différents degrés de salinité (ruisseau, étang, mer)
• Info ou expérience sur la fabrication d’une lessive naturelle –si les horaires le permettent

2nd partie (1h30) :
• Sortie près du ruisseau du Mas de Lauriol : captures de « petites bêtes » dans le ruisseau, identification, classification, discussion sur leurs modes respiratoires et notion de chaine alimentaire. La séance se conclura par la détermination de la qualité pollution de l’eau du ruisseau du Mas de Lauriol grâce aux invertébrés observés…


Le samedi 8 mai une conférence/débat se tiendra dans la salle municipale du foyer à Beaulieu à 16 h, mais l’heure pourrait changer selon les mesures restrictives qui seront en vigueur à cette date.

Insription en ligne obligatoire
, avec priorité accordée aux adhérents, en raison des places limitées à 50 personnes (Distanciation sanitaire).

Frédéric Léone, géographe spécialisé en catastrophe et risques naturels, professeur des universités, interviendra sur « Vivre et s’adapter dans les zones inondables ».
Photo d’un épisode cévenol <– crue en 09/2002, route de Sommières à Boisseron.

Yves Caraglio, botaniste et chercheur au CNRS interviendra sur « L’adaptation du vivant au manque d’eau ».
Photo de la garrigue par temps sec (climat méditerranéen).

Visioconférence

Samedi 20 février 2021

Pas de sol sans racines, pas de racines sans sol

L’A.R.B.R.E. met à votre disposition la visioconférence du samedi 20 février 2021 Pas de sol sans racines, pas de racines sans sol – avec Claire Atger, botaniste spécialiste de l’arbre.

Une façon de se préparer à la sortie sur le terrain prévue le samedi 6 mars après-midi au parc des plantations d’arbres pour les naissances aux carrières de Beaulieu, une fosse aura été creusée à cet effet.

Les vœux de l’A.R.B.R.E

Bonne année 2021 !

L’année 2021 sonnera les 10 ans de l’Association Restinclières Beaulieu pour le Respect de l’Environnement.

Nos activités de 2021 seront centrées, pour la plupart, sur le thème de l’Arbre, pour célébrer ensemble les 10 ans de l’association. Toute l’équipe bénévole prépare les animations de l’année 2021.

Nos pensées vont vers Jean-Pierre Fels qui a crée et développé l’association ; il restera toujours dans notre souvenir. 

Toute l’équipe de l’A.R.B.R.E vous souhaite une très bonne année 2021.

Nous vous remercions pour vos adhésions, et dons.

Pour aider l’association à développer ses activités locales rendez-vous sur la page adhesion-don