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Pique-nique familial dans le parc des carrières

Dimanche 12 mai 2019

Le soleil brille et les bourrasques de vent en cette belle matinée de mai n’ont pas découragé les quelques familles -15 adultes et 6 enfants- de venir découvrir le parc des carrières très printanier. Les dernières plantations du mois de décembre sont en bonne forme, des allées ont été dessinées et le parc a été nettoyé.

Yves Caraglio, botaniste et bénévole de l’association ARBRE, propose un atelier de  tressage pour construire des petites palissades le long de l’allée principale. Pour cela il coupe des cannes de Provence à proximité du parc et le transport s’effectue  avec la main d’œuvre disponible, adultes et enfants.

Des piquets en bois sont plantés et le tressage s’effectue dans la bonne humeur. Le vent ne découragera personne et le résultat sera  à la hauteur des apprentis tresseurs.

Pendant l’apéritif Yves nous parle des cannes de Provencepardon… des Arundo donax, c’est plus chic- qui en un an peuvent atteindre 4 mètres. Elles appartiennent à la famille des graminées. Il nous montre les feuilles qui comportent une partie libre et une partie engainante qui participe au renfort mécanique de la tige. Chaque petit bourgeon va donner un axe.

La première année la canne pousse en hauteur, la deuxième année elle met en place des petits axes sur le côté de la tige et la troisième année deux nouveaux axes… puis elle meurt. Plus son diamètre est gros, plus la canne sera grande. Elle fleurit mais elle fait très rarement des graines, elle se reproduit végétativement. Sous terre elle forme des rhizomes qui avancent. Elle ressemble au bambou qui est une plante tropicale originaire d’Asie, mais on en trouve aussi en Afrique et à Madagascar.

Après le pique-nique sur l’espace du futur mandala d’Hilary, Yves propose une déambulation dans les carrières à la découverte des figuiers. L’ARBRE n’a pas planté de figuier dans le parc. Il en existe des « sauvages » que personne n’a achetés.

Après quelques remarques d’ordre géologique puisqu’ il y a quelques 18 à 20 millions d’années la mer occupait cet espace, Yves indique la programmation d’une conférence au mois d’octobre prochain sur les origines de la Méditerranée pour comprendre comment le front de mer s’est déplacé. Dans le sol calcaire des fissures se sont formées qui ont permis la constitution de rivières souterraines. Le figuier très dégourdi suit ces fissures, se développe et récupère de l’eau.

Les oiseaux en vol disséminent des graines en partie digérées et voilà des figuiers sauvages qui grandissent en liberté( ?)  .

Face à un auditoire attentif, Yves précise qu’Il existe deux types de figuiers, des mâles et des femelles :

En hiver tous les figuiers qu’ils soient domestiques ou sauvages perdent leurs feuilles. Néanmoins, on peut observer dans la garrigue des figuiers avec des petites figues vertes en novembre et décembre.

Certaines plantes ont besoin de deux individus, un mâle et une femelle, pour donner des fruits, comme les kiwis, les pistachiers et les figuiers. Mais pour ces derniers c’est plus tordu. 

C’est le figuier mâle qui a beaucoup de figues en hiver. On l’appelle le caprifiguier. Nous sommes devant l’un d’eux. Yves ouvre une figue en deux et nous montre la multitude de fleurs cachées –de 200 à 300- dans une urne. On compte dans le monde de 700 à 1000 espèces de figuiers. C’est un arbre plutôt tropical. 

C’est extraordinaire car il y a une petite ruse : chez le figuier femelle, les figues ne contiennent que des fleurs femelles, tandis que les fleurs femelles sont présentes dans le caprifiguier à côté de fleurs mâles. Une petite guêpe de 2 mm –le blastophage– se développe dans la figue du caprifiguier. Un œuf est pondu dans une fleur femelle du caprifiguier. Les fleurs mâles sont en haut de la figue. Ainsi 100 à 150 fleurs de 2mm sont colonisées. L’insecte femelle mesure 2 mm et le mâle 1,5 mm. La femelle a des ailes. Le mâle a un gros organe de reproduction. Mieux armé dans la vie, le mâle sort le premier de la fleur –il trace le chemin vers la sortie de la figue pour la femelle- .

Les femelles sortent au mois d’avril après les mâles qui forent un orifice. Cette opération qui fera entrer l’air extérieur sera fatale aux mâles.  A leur tour les femelles cherchent des figues. Elles pondent et en même temps sans le vouloir sont recouvertes de pollen. Elles entrent alors dans une figue réceptive au mois de mai-juin soit dans une figue de caprifiguier soit dans une figue de figuier femelle. Elles ressortent de la figue du figuier femelle sans avoir pu pondre mais après avoir pollinisé les fleurs, permettant au jeune fruit de se développer et de former des graines.

Les hommes ont sélectionné les figuiers femelles appelés figuiers domestiques que l’on trouve dans les jardins. Certains de ces individus ont la capacité d’avoir des fruits sans pollinisation : ce sont les figues fleurs du début juillet, moins grosses et moins sucrées que les figues d’automne (qui nécessitent la pollinisation par le blastophage). Ainsi certains figuiers portent deux fois des fruits dans l’année. Ce sont les figues de l’automne qui sont les meilleures.

L’examen des bas-reliefs sur les pyramides montrent que les Egyptiens de l’antiquité connaissaient la caprification. Puis cette connaissance a été perdue et c’est seulement dans les années 1950 que le professeur Valdeyron du CNRS  de Montpellier a retrouvé dans les Cyclades des gens qui pratiquaient la caprification. 

Ainsi chaque espèce de figuier est associée à une petite guêpe particulière. On parle de co-évolution. Pour notre figuier (Ficus carica) c’est le blastophage (Blastophaga psenes).

Yves indique que dans le commerce il vaut mieux acheter des variétés bifères comme « la noire de Caromb » ou la « grise de Tarascon ». Il ne faut pas hésiter à tailler dans la motte pour obtenir de nouvelles racines.

Le figuier est un bel exemple de plante domestiquée qui nécessite la participation d’individus sauvages (les caprifiguiers) pour produire ses fruits.

Pour obtenir des figues sèches, il faut les faire sécher quand elles sont à maturité, à l’ombre sur des claies constituées de roseaux et préférer celles de petite taille. Il faut les retourner chaque jour, les fariner et les parfumer avec des feuilles de laurier sauce.

La petite troupe se dirige ensuite vers le panneau du sentier nature créé par l’ARBRE avec le soutien de la municipalité et consacré au figuier. Puis Yves s’extasie devant une petite orchidée des garrigues –l’ophrys jaune– qui pour se reproduire a besoin d’un insecte. Attention aux fleurs trompeuses qui fleurissent tôt au printemps et qui dépourvues de nectar trompent les insectes qui viennent les butiner ! La nature a plus d’un tour dans son sac.

Après toutes ces explications savoureuses, on remercie chaleureusement Yves  et on se donne rendez-vous le samedi 8 juin pour la sortie Fleurs-Fruits.


Régine Paris
avec la relecture d’Yves Caraglio

Sortie ornithologique

Samedi 11 mai 2019

La plaine agricole de Beaulieu

Les oiseaux de la plaine de Beaulieu ont eu un franc succès samedi 11 mai avec quelques 35 adultes et 7 enfants qui se sont retrouvé à 7h30 à l’ancienne station de levage pour une promenade silencieuse.  Un départ matinal ne les a pas découragés. Equipés de six longues-vues et de jumelles, sous la conduite de Karline Martorell, ornithologue, et d’Yves Caraglio, botaniste et bénévole de l’association ARBRE, grands et petits marcheurs ont tendu l’oreille –les deux quand c’était possible- pour tenter de reconnaître nos amis chanteurs. C’est le Rossignol philomèleque l’on reconnait d’emblée même s’il refuse de se montrer. Il nous accompagnera tout au long de cette balade.

La plaine héberge 6 à 8 outardes canepetières. En tant qu’espèce menacée elles font l’objet d’un programme de conservation au niveau national. Chemin faisant Yves réussira à en photographier une avec une proie dans le bec. Nous en verrons trois en vol, une femelle et deux mâles. Difficile dans ces conditions de les observer à la lunette. Pour effectuer tout son cycle biologique, cette espèce a besoin d’une mosaïque de milieux agricoles alternant friche ou pâtures, luzerne et colza.

Karline nous signale deux coucous geais, cet oiseau bien connu pour pondre dans le nid des autres et notamment dans les nids de Pie bavarde tout en abandonnant leur progéniture… Puis c’est le chant de l’Hypolaïs polyglotte qui se montrera un peu plus tard et qui nous accompagnera pour le reste de la balade.

Hypolais-polyglotte (©Yves Caraglio)

Karline nous indique que 80% des oiseaux sont identifiés à leur chant faute de pouvoir les voir de près. Aussi elle n’hésitera pas à nous les montrer sur le guide ornithologique qui ne la quitte pas.

Si on a l’oreille un peu exercée on peut reconnaître le chant de la Caille des blés qui se cache bien dans les champs.
Des pigeons ramiers sauvages passent dans le ciel. On peut en voir un à la lunette.

Tentative de Karline de nous faire entendre sur son mobile le chant du Loriot d’Europe en espérant qu’un vrai lui répondra. Présence aussi d’un mâle de Pie-grièche écorcheur, en halte migratoire, observée dans une vigne. Cet oiseau est connu pour empaler ses proies sur des buissons épineux, d’où son nom d’écorcheur.Bien haut dans le ciel passage d’un Faucon crécerelle, le plus commun des faucons, qui vit dans les vieilles bâtisses. Puis c’est au tour d’une Buse variable en vol qu’Yves arrive à photographier. Son envergure peut atteindre 1,10 m à 1,30 m.

Buse variable (©Yves Caraglio)

A la lunette nous pouvons voir le Bruant proyer qui possède une petite dent au niveau de la mandibule supérieure, bien visible lorsqu’il chante. Ce Bruant est fréquent en milieu agricole.

On entend aussi les martinets noirs et on distingue un Héron garde-bœufs au plumage nuptial en vol. Nous avons également pu entendre une Locustelle tachetée, chantant dans les fourrés. Celle-ci n’est présente qu’en halte migratoire et repartira très certainement dans les prochains jours.  

Héron-garde-boeuf (©Yves Caraglio)

Présent aussi dans la plaine le Circaète Jean-le-blanc, de couleur claire avec une tête marron. C’est un rapace et son régime alimentaire est principalement constitué reptiles et plus particulièrement de serpents.

Circaète-Jean-le-Blanc (©Yves Caraglio)

A la fin de cette promenade printanière d’un peu plus de deux heures, Karline nous montre quelques jolies plumes ramassées au sol comme celles très colorées du Loriot d’Europe ou du Rollier d’Europe.

Compte tenu du succès de cette sortie, deux balades seront programmées cette saison.
Merci à Karline pour toutes les informations fournies. Il ne nous reste qu’à tendre l’oreille et à ouvrir grands les yeux. C’est pas gagné mais on peut toujours essayer.

Compte tenu du succès de cette sortie, deux balades seront programmées la prochaine fois.

Merci à Karline pour toutes les informations fournies. Il ne nous reste qu’à tendre l’oreille et à ouvrir grands les yeux. C’est pas gagné mais on peut toujours essayer.


Régine Paris
Relue par Karline Martorell et Yves Caraglio

Éducation à l’environnement

Projet ARBOPOLIS

La valorisation d’arbres fruitiers locaux

L’association A.R.B.R.E dans le cadre de sa mission d’éducation à l’environnement participe avec les écoles de Beaulieu et de Restinclières au projet de recherche ARBOPOLIS mené par l’Institut de Recherche et Développement (IRD) de Montpellier et qui porte sur les représentations mentales que les enfants ont des arbres fruitiers. Ce projet est mené initialement au Cameroun.

1re phase
Les enfants dessinent un arbre fruitier
et recueille de leurs commentaires. 

Mars 2019
  • Moyenne section de maternelle à Beaulieu : jeudi 14 mars le matin
  • Moyenne section de maternelle à  Restinclières : vendredi 15 mars matin
  • Grande section de maternelle à Restinclières : vendredi 15 mars après midi
  • CM1 Beaulieu : lundi 1eravril après midi 

Cette première étape sera suivie d’un apport de connaissances par Yves Caraglio au retour des vacances de printemps puis de la réalisation d’un second dessin.
Une sélection de dessins fera l’objet d’une exposition à l’occasion de « Regards croisés« .

2e phase
Apport de connaissances
sur le figuier.

Lundi 6 mai 2019

Lors de la 3e étape un nouveau dessin sera demandé aux enfants avant un bilan prévu en juin.

Sortie nature avec les écoliers

BEAULIEU lundi 15 avril 2019

Lundi 15 avril la classe du cours préparatoire de Laurence Orlandini de l’école élémentaire La Jasse à Beaulieu participait au projet associatif de découverte de la nature avec « Les écologistes de l’Euzière » et ses animatrices nature Mathilde et Julie.

Lorsque les animatrices demandent aux enfants « Est-ce que vous savez pourquoi nous sommes là avec vous aujourd’hui ? » et bien Sarah, Thomas, et chacun des petits élèves du cours préparatoire à tour de main levée s’expriment : « Pour connaître des nouvelles bêtes« , « Pour nous accompagner« , « Pour apprendre à respecter la nature« . Ainsi le dialogue se met en place, les intervenantes peuvent expliquer leur métier d’animatrice nature : faire découvrir la nature en partageant leurs connaissances avec les gens.

Devant l’impatience des enfants à faire la classe dehors, Mathilde et Julie demandent aux élèves de dessiner un insecte de leur mémoire. Papillon, fourmi, mouche, coccinelle, millepatte, abeille, scarabée, araignée poilue sont représentés. 

Et tous ensemble ils découvrent que sur les dessins il y a des bêtes avec des antennes, sans antennes, sans pattes, avec beaucoup de pattes. Alors Mathilde et Julie disent qu’il est temps de sortir pour allez découvrir qui a quoi et combien.

La maîtresse rappelle les règles à ses élèves, forment deux groupes, et hop nous voilà partis accompagnant la classe à cette journée en extérieur que l’association A.R.B.R.E. se fait un honneur de rendre possible pour sensibiliser et éduquer à l’environnement proche. Il y avait des parents accompagnateurs, et pour représenter l’association A.R.B.R.E. Le matin c’est Sylvie Amilien qui était présente, relayée par Yves Caraglio l’après-midi.

Arrivée sur le lieu de l’exploration – une magnifique clairière en contrebas de la table d’orientation- les animatrices ont distribué des boîtes à Petri (facilement manipulable) et des boîtes à loupe. Il y avait aussi a disposition un filet fauchoir et un filet à papillon.

Collée sous une pierre nous découvrons une oothèque qui est la ponte d’une mante religieuse. Un petit crapaud aussi a fait la curiosité de tous !

Les enfants ramènent sur un drap blanc à l’ombre leur boîte pour ensuite en faire l’observation, et ainsi acquérir des connaissances. En effet les enfants découvrent que les insectes ont 6 pattes et deux antennes, et que toutes les autres bêtes attrapées font partie d’un classement : zéro patte = mollusque (escargot) et amnélide (ver de terre), plus de 20 pattes = myriapode (mille pattes), entre 10 et 20 pattes = crustacé (cloporte), et 8 pattes = arachnide (araignée). La classe remplie des fiches d’identité des bêtes récoltées, puis les relâchent.

Après le pique-nique très apprécié, l’après-midi à démarré avec un temps seul et sans parler pour prendre conscience de la nature autour de soi ; une feuille avec des éléments à remplir a été distribuée si l’enfant le désirait.

Ensuite deux activités se sont succédées l’une sur la recherche de matériau pour alimenter le futur terrarium qui sera mis en place à l’école (élevage d’escargots et de cloportes qui décomposent la litière des feuilles mortes), l’autre sur la confection d’un tableau nature : collage d’éléments collectés  (fleurs, feuilles, restes de coquilles, mousse…) sur un petit carton adhésif.

Puis retour dans la classe pour continuer des activités en salle avec les deux animatrices.


L’article paru sur le Midi Libre le samedi 20 avril 2019 en lien ici.

Sortie nature avec les écoliers

RESTINCLIÈRES : lundi 15 avril 2019

Il y avait 3 écologistes de l’Euzières, Emilie secondée de Gaëlle et Amandine, Stéphanie la prof de GS/CP, Roland, le père d’un élève, et moi-même. Émilie a commencé par poser quelques questions en classe sur ce que les enfants pensaient trouver au petit bois : « sanglier », « écureuil », « léopard », « champignons » étaient quelques-unes des réponses données…

Puis nous sommes partis et avons marché jusqu’à la première prairie dans la colline où Emilie a demandé aux enfants de cueillir une plante qu’ils trouvaient jolie, qui sentait bon ou qui leur faisait se questionner. Assis en cercle, chacun a montré sa plante et a expliqué pourquoi il/elle l’avait cueilli. Emilie a ensuite présenté une affiche composée de 4 cases intitulées respectivement : « c’est doux », « ça pique », « ça sent bon », « ça sent mauvais ». Les enfants devaient cueillir différentes plantes et les coller dans les cases qui leur convenaient pour en faire un joli herbier.

Puis direction le petit bois en silence, pour écouter et observer les différences avec la prairie (histoire d’un ami imaginaire qui devait nous retrouver dans le bois et on devait lui décrire au téléphone ce qu’il verrait pour nous retrouver : mousses, arbres, branches…).

Muni chacun d’un gobelet, la consigne était de créer un parfum en ramassant différentes plantes, de les écraser dans le gobelet à l’aide d’un bâton pour en dégager des senteurs. Puis chaque enfant trouvait un nom à son parfum et le faisait sentir à quelques camarades. Ils ont adoré créer ainsi leur parfum et les senteurs étaient très variées d’un enfant à l’autre. À la fin, Emilie leur a proposé de faire une offrande à la nature en vidant leur gobelet à l’endroit qu’ils voulaient.

Puis pique-nique et jeu de ballon prisonnier et handball pendant que les 3 écologistes préparaient un parcours avec des cordages dans le bois (je n’ai pas vu la suite, Evelyne a pris la relève).

Lien vers l’article sur le Midi Libre


Compte-rendu d’Hilary

L’A.R.B.R.E. est en deuil

C’est avec une grande émotion que nous venons d’apprendre le décès brutal de Jean-Pierre Fels.
Il animait notre association depuis sa création en 2011.
Toutes nos pensées vont à Catherine et à sa famille.

Jean-Pierre Fels et son épouse Catherine (09/2017)

L’équipe de l’ARBRE


Lien vers l’article pour lui rendre hommage ici.