Archives d’Auteur: ARBRE

Regards croisés 2022

Samedi 22 octobre 2022 à 18h – Salle du Pic Saint-Loup à Beaulieu (34160)

L’Humanité face au déclin de la biodiversité

La salle du Pic Saint-Loup, mise à disposition par la commune, accueille une cinquantaine de personnes.  

En introduction, Jacqueline Taillandier, présidente de l’association, rappelle brièvement l’historique, les objectifs et les activités poursuivis depuis dix ans par l’ARBRE : animations par des spécialistes dans les écoles des deux communes, sorties botaniques, géologiques, ornithologiques et batraciens, plantations d’espèces méditerranéennes dans les deux parcs botaniques à l’occasion des naissances, création d’un sentier botanique dans les carrières de Beaulieu, conférences-débats, déplacements doux. 

Yves Caraglio, botaniste et chercheur au CIRAD, référent scientifique de l’association, présente les deux intervenants de la soirée : Mickael HEDDE, Directeur de Recherche à l’INRAe[1] et Alix Cosquer, chercheuse du CNRS[2] au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive de Montpellier.


Mickael Hedde a centré son propos sur la vie du sol à travers un diaporama disponible sur le site Internet d’ARBRE : Présentation de Mickael Hedde.pdf

Les premières images nous sensibilisent sur la notion de sol qui à première vue se présente comme une surface plate, uniforme et artificialisée. Quand on décape les premiers centimètres on découvre un volume complexe et très diversifié, organisé en horizon : dans 90 % des cas un sol c’est ça avec une formation sur des milliers d’années. Les deux photos suivantes montrent un ours blanc, un loup, un éléphant, un papillon… perçus par le plus grand nombre comme la biodiversité terrestre alors que dans 99,9 % elle est constituée d’algues, amibes, mille pattes, tardigrades, vers de terre, bactéries et champignons… Ainsi un quart des espèces vit dans le sol. Elles sont de tailles diverses, de la mégafaune à la microfaune.

A partir des années 1970 les scientifiques ont décrit les organismes du sol. Mais l’intervenant rappelle que Darwin à la fin du 18ème siècle passait plus de temps à observer les vers de terre qu’à construire sa théorie de l’évolution.

L’objectif était de repérer toutes les espèces de vers de terre. Au fil des années on en a dénombré une centaine dans la région de Montpellier mais seulement 22 en Guyane avant 2010 et 144 depuis ce qui fait un total de 166 espèces pour ce seul département ultramarin. Plus c’est petit, moins on connaît. Un graphique montre les espèces connues et les espèces probables à découvrir en fonction de la taille des organismes. 20 nouvelles espèces ont été décrites en France depuis 2019.


[1]    Institut National de la Recherche Agronomique et Ecologique[2]    Centre National de la Recherche Scientifique

Au début des années 1970, un chercheur montpelliérain, Marcel Boucher, a parcouru la France avec un camping-car pour faire des repérages de vers de terre qu’il notait sur une carte (1400 points au total). Ce serait intéressant de revenir sur ses pas pour voir ce qu’il en est cinquante ans plus tard. Les changements de pluviométrie en forêt ont des effets sur les vers de terre. Le climat a modifié leurs communautés qui doivent s’acclimater. Ainsi dans le Massif Central, entre 1972 et 2022 des espèces sont remontées en altitude. On constate aussi des invasions biologiques avec des espèces non indigènes.

A la suite des grandes glaciations anciennes, l’Amérique du Nord était dépourvue de vers de terre. Ils sont arrivés plus tard par les bateaux lestés avec du sol ce qui a entraîné des modifications au niveau des cultures et la volonté des américains, à la différence des européens, de tuer les vers de terre…

La biodiversité est menacée par le travail du sol et l’utilisation de pesticides qui modifient les réseaux trophiques des sols agricoles.

Avec l’urgence de l’anthropocène on continue à découvrir de nouvelles espèces de collemboles dans les névés des Pyrénées mais les névés vont disparaître…

Un dessin montre les facteurs d’appauvrissement des sols: changement d’affectation des terres, espèces envahissantes, perte de la biodiversité de surface, pratiques non durables de la gestion des sols, pollution, changement climatique, imperméabilisation des sols et urbanisation, feu sauvage, dégradation des sols.

Il est difficile de dire quand le système commence à s’écrouler. Il y a un capital à conserver pour ce que l’on connaît et ce que l’on ne connaît pas. Il faut repenser l’agriculture, faire un pas de côté, limiter les intrants et pour arrêter cette érosion, sensibiliser, plaider pour la biodiversité cachée, gérer durablement.

On peut consulter sur le diaporama des documents produits par la FAO[1] sur les causes d’appauvrissement des sols et les remèdes proposés ainsi qu’une vidéo.

En complément Mickael Hedde évoque une étude menée en Allemagne sur une durée de 50 à 70 ans concernant la perte des insectes (nombre et fonction). Aujourd’hui on a identifié environ 4 000 espèces de vers de terre connues. Il y en aurait 6 000 à 10 000. Pour cela on fait appel à la modélisation. Jusqu’ici on sacrifiait des animaux pour les identifier. On dispose aujourd’hui des méthodes moins invasives (scanners et signatures génétiques).


[1]    Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture

A la fin de ce premier exposé, Yves Caraglio assure l’intermède avec la seconde intervenante en observant que nous marchons sur le sol en ignorant sa composition alors que tout le système est peut-être en train de s’effondrer.


Alix Cosquer prend la parole pour parler des aspects humains et environnementaux suite aux bouleversements climatiques et de dégradation de la biodiversité. Son diaporama est également disponible sur le site Internet d’ARBRE : Présentation de Alix Cosquer.pdf

Elle propose de penser notre lien à la nature. Il va falloir changer nos manières de vivre avec des actions rapides et de grande envergure (cf. le rapport du GIEC[1] de juin 2021).

Elle déplore une forte inertie face aux enjeux environnementaux. Cette détérioration serait due à la diminution du contact avec la nature, un éloignement physique et psychique. Elle s’interroge sur les relations que nous entretenons avec le vivant compte tenu des transformations sociales (sédentarité, transports, urbanisation, multiplication des écrans…). La nature serait de moins en moins présente dans notre vie. Plus de la moitié de la population mondiale vit dans les villes et en France cette proportion atteint les trois quarts. L’expérience serait de plus en plus indirecte et procurerait moins d’émotion. Elle évoque une amnésie générationnelle environnementale.

Elle tempère son propos en constatant que les enjeux environnementaux sont mieux connus surtout par les jeunes. On a pu constater pendant l’épidémie de Covid un phénomène d’attrait maintenu pour la nature et l’émergence d’un mouvement de fond avec le désir pour une partie de la population de s’installer ailleurs que dans les villes.

Il faut aussi s’interroger sur les effets de la nature sur notre santé et le bien être humain. Des études très documentées ont émergé ces dix dernières années. On relève un grand nombre d’effets positifs :

  • un effet physiologique bienfaisant sur l’activité cérébrale, la diminution du stress et des troubles anxieux,
  • une amélioration de l’humeur, de l’attention, de la mémoire et de la créativité,
  • des bénéfices sociaux avec une baisse des inégalités sociales, de santé.

La sylvothérapie permet une expérience multisensorielle et une meilleure connaissance des arbres. 


Le public prend la parole.

En milieu scolaire il y a un réaménagement des cours d’école. Alix Cosquer a constaté que les enfants avaient des relations plus faciles avec les insectes qu’avec les végétaux.

Des auditeurs questionnent : Il faudrait peut-être commencer par s’interroger sur ce que c’est que la nature ? Fait-on partie de la nature ?  La nature parle à tout le monde mais il faudrait apprendre aux jeunes comment une graine pousse.

Les discussions se poursuivent autour d’un apéritif dînatoire offert par l’association.


[1]    Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat

___________
Régine Paris
avec la relecture d’Yves Caraglio

Sortie champignons

Suivie d’une mini conférence

Samedi 19 novembre 2022

C’est une première pour l’association A.R.B.R.E ! Le rendez-vous est fixé à 15 heures devant la mairie de Restinclières après inscription pour limiter le groupe à 30 personnes. Ce sont quelques 40 personnes qui sous un beau soleil d’automne ont emprunté le chemin de Galargues pour se rendre dans le petit bois de la Jasse en lisière de la départementale 118 sous la conduite d’Yves Caraglio, botaniste et référent scientifique de l’association, accompagné de Franck Richard, professeur à l’Université de Montpellier dans le département Biologie, Ecologie et Evolution. 

Après une petite mise en jambes, nous nous arrêtons dans le bois. Franck Richard propose de découper l’après-midi en trois séquences : d’abord quelques conseils de base avant de procéder à la cueillette puis un atelier dans une clairière voisine pour examiner les champignons ramassés et en fin d’après-midi la poursuite de l’observation dans la salle des Rastincles, à proximité du stade.

Installés en cercle autour de l’intervenant et pour certains précautionneux munis de paniers et de sachets, les participants se montrent attentifs aux conseils prodigués pour effectuer une cueillette efficace.

De prime abord Franck Richard indique que la microscopie a permis de grands progrès dans la connaissance scientifique de la mycologie et l’identification des familles de champignons. Il a en main le Guide des champignons en France et en Europe de Guillaume Eyssartier et Pierre Roux édité chez Belin. C’est la bible pour utiliser les clés de détermination des différentes espèces de champignons à partir des odeurs, du goût et des caractères morphologiques.

Pour effectuer une cueillette utile il préconise de collecter l’intégralité du champignon pour ne pas se priver des caractères utiles. On peut toucher les champignons sans risque pour la santé. Seule l’ingestion peut se révéler dangereuse. Il faut aussi se servir du nez pour les champignons frais. Eviter les coups de pied qui brutalisent ainsi que le piétinement du mycélium. Il suffit de détacher le champignon du sol à la main ou avec un couteau. Il évoque une expérience effectuée sur 30 ans dans un champ partagé en deux parties : sur l’une on cueille tout, sur l’autre on ne cueille rien. La cueillette n’a pas compromis la repousse de la première partie bien au contraire. Seul le tassement est dangereux.

Il conseille également de ramasser des champignons à différents stades de développement et d’observer la couleur des spores notamment sur les individus les plus âgés. Différents individus à des degrés de maturation différents permettent de préciser la détermination. Sur ce point, la période hivernale est intéressante car il y a moins de cueilleurs.

Aujourd’hui on constate un déficit de connaissances par rapport aux générations passées lié sans doute à une déconnexion de la population, de plus en plus urbanisée, avec la nature. De surcroît l’enseignement de la mycologie est assuré que dans une faculté de pharmacie sur deux d’où un recours plus incertain au pharmacien exerçant en officine. On se contente de cueillir quelques espèces. On a ainsi perdu l’usage de 90 % des espèces pour n’en vendre qu’une dizaine. En 1904 on connaissait 104 espèces comestibles. Cela peut expliquer aussi les accidents de plus en plus nombreux. 

Les champignons vivent plusieurs milliers d’années. Certains champignons parasites, avec le mycélium dans le sol, peuvent dévorer des forêts entières. Ils vivent très vieux, quelques 2 000 ans. Certains se mettent en sommeil comme l’armillaire et d’autres comme la truffe déménagent en cas de gêne.

Après cette première présentation, Franck Richard nous invite à procéder à une cueillette pendant une vingtaine de minutes puis à se retrouver dans la clairière voisine pour bénéficier de la chaleur et de la lumière du soleil. Les participants s’égayent dans le petit bois à la recherche du précieux butin.

De retour dans la clairière, chaque cueilleur est invité à déposer sa récolte au sol où Franck Richard procède à un tri par types de quelques 40 espèces.  Il propose un atelier olfactif autour de sept catégories d’odeurs les plus fréquentes. Pour cela il demande aux participants de sentir quelques champignons en essayant de mettre des mots sur les senteurs et en faisant appel à notre bibliothèque mentale d’odeurs. Il procède du plus facile au plus difficile. Ainsi circulent le clitocybe odorant à l’odeur d’anis et bon comestible, l’amanite ovoïde à l’odeur d’iode, fréquent sur le bord des routes et consommé au 19ème siècle, à distinguer de Amanita proxima toxique. Le mycène pur, petit champignon violet, évoque la rave, le navet ou le radis noir.  Il est toxique. Il faut se méfier de la couleur pour faire un diagnostic. Le marasme à odeur de choux brûlé sent mauvais. Le Clitocybe gibba a une odeur d’amande.

Les spécialistes distinguent ainsi trois types d’odeurs : farineuse, ravanoïde et de rose. Mais attention il n’y a pas de règle sûre. Claire Atger, spécialiste du système racinaire, fait préciser qu’en matière de chimie organique il y a une grande diversité de composés pour identifier les champignons.

Franck Richard nous met en garde contre certaines espèces d’amanites qui peuvent être mortelles certaines après une longue incubation. On n’est pas malade immédiatement mais 7 à 8 heures plus tard. On ressent d’abord des frissons et des courbatures puis cela se calme et la deuxième crise est mortelle faute d’avoir vomi le champignon vénéneux. De plus en plus, le commerce de certains champignons est interdit pour des raisons de sécurité.

En France on dénombre quelques 12 000 espèces dont les trois quarts sont présentes dans la région méditerranéenne. L’antolome livide présent dans les chênaies est toxique. Idem pour le clitocybe.

C’est l’heure du goûter. Notre spécialiste propose de croquer dans les champignons… On sent quelques hésitations parmi les personnes présentes mais certaines n’hésitent pas à croquer un petit morceau pour sentir le goût puis à le recracher… on ne sait jamais ! Le Lactarius evosmus ou lactaire à odeur de pomme a comme son nom vernaculaire l’indique une odeur de pomme. Séché et réduit en poudre il devient un condiment pour relever les potages. Il peut être extrêmement amer. Le goût sert dans les clés de détermination des espèces de champignons.

On passe aux caractères morphologiques. Pour cela il faut gratouiller. Pour les bolets on gratte le pied pour chercher le bleuissement. Dans la famille des champignons de Paris, se méfier de Agaricus xanthodermus qui est toxique. On le reconnaît car en froissant la chair il jaunit. Les bons sentent l’anis, les mauvais le phénol !

Il faut apprendre à regarder les détails :

  • les petits bolets, on les retourne, sous le chapeau on voit des tubes avec de la mousse,
  • d’autres champignons ont des lamelles ou des aiguillons : familles des hydnes et des agarics.
  • d’autres en forme de poire ont besoin des animaux pour disperser leurs spores.

La chair peut être fibreuse (le pied) comme pour l’amanite ou grenue pour le lactaire. On parle de la famille des Russulaceae pour la chair grenue. Ce ne sont pas de grands toxiques. Ce sont même d’excellents champignons sans compétiteurs car méconnus aujourd’hui. Il faut regarder la couleur des lames qui vire du blanc au noir avec l’âge.

L’amanite possède quelques 100 millions de spores mais rencontre des difficultés pour se reproduire. Comme les autres champignons, elle présente deux types de formes sexuées. Quand les mycéliums des deux formes se rencontrent, elles fusionnent et forment un couple inséparable et platonique, on note une absence de senescence du mycélium. Après fusion seulement, le mycélium peut former une fructification (le champignon). Si le mycélium d’une forme sexuée ne rencontre pas l’autre forme, le mycélium meurt au bout de quelques jours.

Chez la truffe, au contraire le mycélium d’une forme sexuée se développe fortement même s’il ne rencontre pas l’autre forme sexuée. Quand il rencontre l’autre forme, il l’incorpore a son mycélium. La truffe a la vie d’une baudroie des grandes profondeurs. 

L’après-midi se poursuit dans la salle des Rastincles vers 17h 15. On passe de la pratique à la théorie pour retenir quelques principes fondamentaux dans la connaissance des champignons.

Franck Richard reprend les différentes catégories :  bolets (une centaine d’espèces),  hydnes (5 espèces) et agarics. Il faut regarder sous le chapeau et examiner la chair qui peut être fibreuse ou grenue (famille des Russulaceaavec en déclinaison les genres Russula et Lactarius).

Pour les bolets, on regarde la réaction à l’oxydation. La chair peut être immuable ou changer de couleur. On fait le test systématique : on gratouille partout. Se méfier du bolet satan qui est toxique.

Le pied creux du Gyroporus (compressible au toucher) se décline en deux espèces castaneus non comestible et cyanescens -comestible-.

Les champignons s’associent aux arbres (mycorhization): l’amanite panthère fréquente tous les arbres alors que d’autres champignons sont liés à un seul type d’arbre comme le mélèze. Ainsi les arbres constituent des collectifs d’échange.

Circule dans la salle un bolet à mycelium rose. C’est le Suillus collinitus.

Encore quelques conseils pour les cueilleurs : 

  • couper les pieds proprement au couteau pour permettre la repousse,
  • manger les champignons dans les 2/3 jours suivant la cueillette,
  • ne pas faire sécher les girolles car on ne peut plus les réhydrater,
  • sous les chênes verts, on ne ramasse pas les meilleures girolles.

Du côté des agarics, il faut regarder la couleur des lames. On distingue :

  • les lames décurrentes,
  • les lames libres
  • les lames échancrées,
  • les lames adnées.

On fait circuler le Lactarius atlanticus puis un second appelé le pied bleu qui est comestible.

🍂 🍄 🍁

Pour conclure cet après-midi découverte in situ et en salle, Franck Richard nous recommande quelques ouvrages scientifiques pour nous aider à identifier les champignons à partir des clés de détermination :

– Guide des champignons en France et en Europe de Guillaume Eyssartier et Pierre Roux édité chez Belin.

https://www.belin-editeur.com/guide-des-champignons-france-et-europe-4e-edition

– Champignons de France par Marcel Bon, appelé communément « Le Petit Bon » avec des aquarelles édité chez Flammarion.

https://editions.flammarion.com/champignons-de-france-et-deurope-occidentale/9782081288218

– Les champignons de France et d’Europe de Régis Courtecuisse chez Delachaux Niestlé.

https://www.delachauxetniestle.com/livre/champignons-de-france-et-deurope-2

Nous remercions chaleureusement Franck Richard pour ses explications très claires à l’attention des cueilleurs de champignons et des curieux en général.

Il existe aussi un site de description des champignons en ligne : https://www.mycodb.fr/

🍂 🍄 🍁

Pour les cadeaux de Noël, Yves Caraglio recommande l’achat de l’ouvrage suivant  en deux volumes : https://leclub-biotope.com/fr/librairie-naturaliste/1358-les-champignons-deurope-temperee-2-volumes

_____________________________________________
Régine Paris avec la relecture précieuse d’Yves Caraglio
Reportage photos : Patrick Paris

Éducation à l’environnement

Trois journées de découvertes pour des élèves de CP à Beaulieu avec des animatrices qualifiées de « Les écologistes de l’Euzière », des bénévoles de l’A.R.B.R.E., et des parents accompagnateurs.

Vendredi 14 octobre 2022

Cette dernière journée sera consacrée plutôt aux vertébrés.

🐾 Matinée en classe

Rappel de la journée précédente consacrée aux insectes et autres petites bêtes, les invertébrés.
Comme il est difficile de les voir, il faut rechercher les indices qui peuvent témoigner de leur passage.

  • Premier jeu : les enfants découvrent quels types d’indices on peut trouver : excréments, empreintes, restes de repas, restes d’animal, habitat (terrier, nid) et signes de passage (coulée, souille de sanglier…).
  • Deuxième jeu : Reconnaitre un certain nombre d’objets, un crâne de blaireau, une pelote de grand-duc ; un bois de chevreuil… (Explication de pelote de rapaces).
  • Découverte du film obtenu par la caméra infrarouge installée près d’un terrier de blaireau pendant la séance précédente : pas de blaireau mais un chat est passé pendant la nuit !

La matinée s’achève par la projection d’une petite vidéo, montage des observations d’une caméra installée pendant plusieurs semaines près d’un ruisseau. Pendant le jour choucas, merles, martins pêcheurs viennent boire et la nuit s’est au tour de la fouine, de la genette et des loutres.

🐾 Après-midi départ pour la sortie sur le terrain

 Dans un premier temps les enfants cherchent les indices placés par les deux animatrices puis en petits groupes ils partent à la recherche d’indices « réels ».

L’après-midi se termine par le tri des récoltes avec l’aide des documents fournis.

____________
Compte-rendu de l'accompagnatrice Jacqueline Taillandier, présidente de l'A.R.B.R.E.

Vendredi 7 octobre 2022

Observation des insectes et petites bêtes avec Emilie et Khelia

🐜 À 14h les 24 élèves de CP de Mme Vaxelaire étaient réunis en classe pour un petit rappel des informations apprises le matin sur les insectes et petites bêtes, avec Emilie et Khelia. Ensemble, ils avaient observé les planches offertes aux Ecologistes par un généreux donateur, et pu ainsi distinguer les insectes à 6 pattes des autres petites bêtes. Leurs dessins à partir de ces données étaient épinglés sur des tableaux au mur, et une superbe photo de sauterelle brillait sur un grand écran, devant le tableau.

5 mamans et papas étaient venus accompagner la promenade, c’est donc un groupe de 24 enfants et 9 adultes (en comptant Louise, vice-présidente de l’ARBRE, Isabelle Vaxelaire, Emilie et Khelia) qui se sont mis en route destination les prairies et petits bois à l’ouest de Beaulieu, à moins de 500 mètres de l’école.

Installés en grand cercle, tous ont écouté les instructions des Ecologistes avant de se répartir en groupes de 4 ou 5, guidés par les parents, pour aller ramasser des insectes ou petites bêtes et les placer délicatement dans des boîtes transparentes, à rapporter ensuite sur un drap, à l’intérieur du cercle.

Une heure plus tard, les boîtes rapportées comptaient 14 insectes, 5 arachnides, 2 mollusques (limace, petit escargot), un crustacé et 1 myriapode (poisson d’argent). Après une minutieuse observation de leurs prises (passablement stressées dans leur petite boîte transparente !), les enfants ont dessiné chacun un des prisonniers avant leur libération dans la nature.

Cette sortie était aussi l’occasion d’aller observer le piège photo installé dans un endroit secret par Khelia, à proximité d’un terrier de blaireaux. Lors de la prochaine sortie, le 3e vendredi d’octobre, la caméra dévoilera les photos prises pendant la nuit, et nous saurons alors si le terrier était ou non habité… affaire à suivre, donc – info interdite aux chasseurs qui les massacrent sans pitié ! (NDLR)

____________
Compte-rendu de l'accompagnatrice Louise Achard, vice-présidente de l'A.R.B.R.E.

Vendredi 30 septembre 2022

Première journée sur les trois interventions planifiées avec les Ecologistes de l’Euzière à l’école de Beaulieu pour les élèves de la classe de CP de Madame Isabelle Vaxelaine.

Une journée consacrée à la découverte des végétaux

🌿 En classe

Jacqueline Taillandier, présidente de l’ARBRE, explique aux enfants l’objectif et l’organisation de cette journée. 

Emilie Lenglet, l’animatrice des écologistes de l’Euzière, introduit le sujet en faisant participer les enfants sur une énumération des différents végétaux.

☘️ Départ en sortie

Petit chemin derrière l’école, la classe rejoint l’espace verdoyant prévu pour passer la journée, accompagnée de la maîtresse, Emilie, trois Papas et moi-même.

  • Tous assis en ronde dans l’herbe, Emilie présente et explique à l’aide de dessins sur un tableau la composition d’un arbre (racines, tronc, branches feuillage, tige…), d’un arbuste, d’un arbrisseau, des herbacées.  
  • La chasse aux plantes ; en 4 groupes, les élèves partent (dans une atmosphère bien joyeuse) trouver dans la nature des éléments précités, puis rassemblement pour fixer leurs récoltes sur une feuille et en dessiner les différents éléments (feuille, tige, fleur, fruit …).
  • Pause goûter
  • Tableaux couleur : sur un petit carton adhésif, les enfants ont collé des petits végétaux de couleur (fruits, fleurs…), et ont produit de réelles œuvres d’art très imaginatives (voir photos).
  • Pique-Nique
  • Mon moment à moi (après le repas) ; chaque enfant va passer un moment seul dans un endroit qu’il a choisi puis moment de partage en cercle, chacun s’exprime sur son ressenti.
  • Récolte de fruits colorés diversifiés : les 4 équipes du matin, toujours très animées, ont pour mission de récolter le maximum de fruits différents et colorés, qu’ils viendront ensuite disposer sur un drap blanc par catégorie.

Et pour terminer… deux équipes créent un « Land Art » avec tous les matériaux récoltés (fruits colorés, fleurs, feuilles, petites branches, cailloux, coquilles d’escargot …). Un enfant s’allonge sur le sol dans une position de son choix, et ses camarades le dessinent à l’aide de petites branches ou de cailloux, puis la silhouette est « remplie » avec les éléments récoltés précédemment. (Voir photos).

🌿 Retour à l’école – récréation –

Le calme revient, les enfants sont assez fatigués !!! Emilie les intéresse à la constitution et la vie du fruit et de ses graines (les fruits servent à faire voyager les graines…).

____________
Compte-rendu de l'accompagnatrice Évelyne, membre du conseil d'administration de l'A.R.B.R.E.

Rejoignez 74 autres abonnés

Collecte de déchets sauvages

Week-end du 24 et 25 septembre 2022

Nos deux rendez-vous de collecte des déchets sauvages en partenariat avec les municipalités de Beaulieu et de Restinclières on bien eu lieu cette année grâce à une météo favorable.

Dimanche 25 septembre 2022 à Restinclières : collecte de déchets sauvages.
Samedi 24 septembre 2022 à Beaulieu : collecte de déchets sauvages.

Yves Caraglio, le botaniste membre de l’association, a abordé deux points au départ des collectes en interaction avec les participants sur qu’est-ce qu’un déchet, et quel est la vie du déchet, que l’on pourrait résumer ainsi :

Le déchet est une chose dont on veut se débarrasser, dont on ne se sert plus.
Le devenir d’un déchet : tri poubelles (recyclage) et déchetterie.

  • Déchets organiques
  • Déchets inertes (dans lesquels il reste un petit peu d’organiques)

À noter que dans le cycle de recyclage le plastique reste tout de même du plastique !

Le verre quant à lui est très difficile à recycler (couleur, qualité du verre, débris à faire fondre avec de l’énergie), il faudrait privilégier les consignes. Des initiatives commencent à se mettre en place.

La vie d’un déchet dans la nature

La pluie transporte les déchets vers les fossés (il n’y a plus qu’à récolter !).
Les déchets dans la nature ne disparaissent pas tous de la même façon, ni dans les mêmes délais : papier 3 mois, pelure de fruit 6 mois, journal 1 an, filtre cigarette 2 ans, chewing-gum 5 ans, canette de 10 à 100 ans, plastique jusqu’à 1 000 ans, polystyrène 1 000 à 10 000 ans, le verre de 4 000 à + de 4 000 ans (jusqu’à 10 000 ans).

Le déchet c’est aussi un point de vue

La notion de déchet du point de vue de l’homme « ça fait sale », on s’en débarrasse.
Mais ça peut être un habitat (recyclage) et les animaux utilisent les zones qui nous paraissent sales comme tel (lézard, guêpes…). La vie colonise les espaces, comme par exemple dans le milieu océanique où la vie recolonise des bateaux coulés.
Impact : c’est la nature du déchet qu’il faut questionner sur une zone naturelle par rapport à l’impact de son enlèvement.
À contrario, le pneu jeté dans la nature est TRÈS polluant et un super habitat pour le moustique qui est un vecteur de maladies.
Autrefois, la notion de déchet n’était pas forcément perçue : on mangeait, on jetait des déchets non polluants qui ont permis de comprendre, retrouver de l’histoire : verre, terre-cuite, os… Des dépotoirs qui ne nuisent pas à la nature. 

Dimanche 25 septembre à Restinclières

La matinée à Restinclières s’est elle aussi déroulée de façon très conviviale avec une bonne participation des enfants. L’association remercie l’école primaire d’avoir relayé l’information de cette opération annuelle en faveur de l’environnement local.

Les participants ont tous eu l’impression que les lieux visités étaient moins parsemés de déchets que certaines années précédentes, c’est une bonne nouvelle !

Samedi 24 septembre à Beaulieu

L’association a eu la bonne surprise d’accueillir un bon nombre de familles au rendez-vous annuel (menacé par la pluie de la nuit). Les enfants étaient tous motivés à partir durant une bonne heure collecter des déchets sauvages tout autour de leur quartier d’habitation en pleine nature.

Regards croisés 2022

Samedi 22 octobre 2022

L’humanité face au déclin de la biodiversité

L’Association Restinclière Beaulieu pour le Respect de l’Environnement vous propose la 10e édition de Regards croisés « L’humanité face au déclin de la biodiversité » dans le cadre de la thématique annuelle 2022 sur la Biodiversité.

Nous recevrons Mickaël Hedde, directeur de recherche en écologie des sols à l’Inrae dans l’Unité Mixte de Recherche Eco&Sols à Montpellier. Il est spécialisé dans la macrofaune du sol, de ses interactions avec d’autres organismes et sur les conséquences sur la vie du sol.

L’autre partie de la soirée consistera à confronter la perception de la biodiversité, sa perte et ses impacts sur notre quotidien. La présentation de la biodiversité du sol, une diversité cachée sera un thème privilégié pour ces échanges avec Alix Cosquer qui est chercheuse en psychologie environnementale et psychologie de la conservation au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE, CNRS), à Montpellier.  Elle est spécialiste des interactions entre individus et environnements naturels.

Le rendez-vous est donné le samedi 22 octobre à 18 h dans la salle municipale de l’esplanade du Pic Saint Loup à Beaulieu.

Rejoignez 74 autres abonnés

Sortie à l’écoute des chauves-souris

Pipistrelles de Kuhl (wikipedia.org)

Samedi 27 août 2022

Dans le cadre de la nuit des chauves-souris, l’association A.R.B.R.E  organisait une soirée d’observation et d’écoute de ces petits mammifères.

Samedi soir à partir de 20h30, 26 personnes étaient présentes au rendez-vous fixé à l’ancien quai de décharge à Beaulieu. Cette sortie était animée par Aurélia Dubois, naturaliste, et Jules Teulières, chiroptérologue.

L’observation directe des chauves–souris étant très difficile, Aurélia et Jules avaient amené le matériel approprié soit une caméra thermique permettant d’observer les trajectoires de vol et un micro permettant d’écouter et d’analyser les sons des chauves-souris. 

Image de la caméra thermique.
Écoute et analyse des sons de chauves-souris

L’animation a débuté par un échange avec les participants portant sur la perception que l’on peut avoir des ces animaux : les chauves-souris suceuses de sang, s’accrochant aux cheveux et autres représentations négatives de ces mammifères.

Les explications passionnantes nous ont permis de mieux connaitre le monde des chauves-souris.

Voici quelques exemples :

  • L’étymologie d’abord
    Le terme chiroptère signifie « mains ailées », la chauve-souris est seul mammifère à vol actif.
  • Ouïe et écholocation
    Pour l’écholocation le fonctionnement est identique à celui d’un sonar, la chauvesouris produit des cris en ultrasons et capte en retour l’écho renvoyé par les obstacles. Cet écho leur permet de localiser avec une précision extraordinaire les objets (taille et mouvement) et leurs proies (moucherons, moustiques, papillons).

Les chauves-souris européennes sont essentiellement insectivores. De plus, la chauve-souris a une bonne vision nocturne.

Au cours de la soirée Aurélia fait observer les chauves-souris à la caméra thermique tandis que Jules a identifié les espèces présentes grâce au micro enregistreur car chaque espèce produit des ultrasons à des fréquences différentes.

Sur le site de Beaulieu, 6 espèces étaient présentes : Pipistrelles de Kuhl, Pipistrelle commune, Pipistrelle pygmée, Vespère de savi, Sérotine commune et Noctule de Leisler.

Ont été abordés les problèmes de déclin des populations de chauves-souris, déclin principalement dû aux activités humaines (pesticides donc raréfaction de la nourriture, pollution lumineuse, prédateurs comme les chats, la fragmentation des habitats par les routes par exemple …)

Maintenant toutes les espèces de chauves-souris sont protégées et des plans de restauration et de protection sont mis en place.

La soirée s’est terminée à 22h30, les participants enthousiastes remercient chaleureusement Aurélia et Jules pour toutes ces explications.

______________________________________________
Compte-rendu rédigé par Jean-Paul Taillandier.

Rejoignez 74 autres abonnés