C’est à 7 h que nous nous sommes retrouvés devant le Parc de la Roselière de Restinclières pour entamer notre promenade ornithologique animée par Lucie Frison. Avant le départ, Lucie donne quelques éléments de base sur les caractères d’identification (plumage, couleur générale, bec, attitude en vol…) à la douzaine de personnes munies de leur paire de jumelles.
Les discussions sont interrompues par le chant mélodieux presque humain du Loriot, la silhouette jaune et noire du mâle est observable dans les grands frênes à proximité. Puis, nous continuons sur le chemin du Bois. Ce sont ensuite les trilles de l’Hypolaïs polyglotte qui attire notre attention tout autant que sa silhouette « punky ». Perché au sommet d’un amandier. Il nous fait la démonstration de tout son répertoire, tandis qu’un Rossignol tente de lui faire concurrence.
Une Cisticole des joncs passe au-dessus de nos têtes avec son vol ondulé ponctué de son petit cri caractéristique. Perché sur un buisson, un Rollier nous montre son superbe plumage bleu-vert métallique et son gros bec caractéristique de son régime alimentaire (scorpions, araignées, sauterelles… mais aussi lézards, petits mammifères…). Le chant terminé par des grincements du Serin cini fait l’objet de commentaires tandis que, posée sur un piquet dans les vignes, une jeune Alouette lulu se laisse observer par toute la troupe.
Puis, nous bifurquons vers le ruisseau de la Chaussée en traversant une zone ouverte de garrigue ensuite en logeant une vigne et un cannier pour rejoindre le bois de Litarges. Durant ce trajet, nous pouvons entendre et observer la Tourterelle, le Pigeon ramier et l’Etourneau sansonnet. En remontant le chemin du Bois de Litarges, nous entendons la Fauvette à tête noire, des Mésanges bleues.
De retour au point de départ, nous sommes survolés par un Milan noir et une Bergeronnette grise vient se poser juste à côté de nous permettant une observation soutenue de cet oiseau qui agite constamment sa queue d’où son non vernaculaire de hoche-queue. Les différentes espèces de bergeronnette (grise, des ruisseaux et printanière) sont aussi appelées Lavandières.
La sortie se termine et tous remercient Lucie pour ses commentaires et sa gentillesse.
D’après les notes de Régine Paris et la relecture appréciée d’Yves Caraglio
Franck Richard, professeur à l’Université de Montpellier dans le département Biologie, Écologie et Évolution
Cette sortie initiée par l’association ARBRE est conduite par Franck Richard, professeur à l’Université de Montpellier dans le département Biologie, Écologie et Évolution, avec la participation de Lucas, jeune doctorant qui travaille sur une nouvelle truffe énigmatique trouvée sous différents cistes.
Jean-Pierre Braye qui nous avait invité dans sa truffière l’an dernier est venu avec sa chienne truffière, Astra, ratier-caniche âgée de 12 ans. Nous sommes 14 adultes et trois enfants. Nous nous dirigeons vers la carrière du Génie. L’écologie des truffes concerne une dizaine d’espèces dont la truffe du Périgord dans le Vaucluse, la truffe d’été, la truffe de Malençon (odeur d’excrément, espèce mycorhizienne trouvée sous des cistes de 2 mètres de hauteur, sur très peu de terre dans le parc des carrières créé à l’emplacement d’un ancien dépôt d’ordures). Toutes les plantes qui produisent du carbone sont mycorhizées. Un tiers du travail est effectué par les champignons. On peut parler d’entraide, de symbiose mutualiste qui protège contre les maladies. Ça se passe par les racines. Les centaurées, les mauves, le plantin … on observe des mycorhizes microscopiques, invisibles. Pour voir les filaments, il faut utiliser une loupe binoculaire.
À l’endroit où nous sommes il n’y a pas de truffes Dans le système « pelouse », on ne voit rien. Dans le système « forêt » on voit les champignons (les fructifications que l’on récolte). C’est ainsi que 1 000 champignons mycorhizent 150 000 plantes. La forêt est un milieu riche aussi en champignons de Paris non mychorhiziens.
On distingue ainsi trois groupes de champignons :
mutualistes (truffes)
parasites (oïdium, rouille)
décomposeurs (type champignons de Paris).
La truffe est rare, mais pas ici. Si un chêne arrive, la pelouse se transforme. Des brûlés (zones dénudées indiquant la présence du champignon mycorhizien qui agit comme un herbicide sur les graines qui arrivent) fournissent le phosphore par « siphonnage » par le champignon sur les petites plantes (dites « plantes compagnes », car elles assurent la croissance du mycélium) qui faiblissent et disparaissent. Le champignon n’effectue pas de photosynthèse. Ici réside une communauté de plantes avec ses champignons propres. Il y a une petite rémunération pour la plante. On recherche des champignons sous les cistes. Les érables, oliviers et fruitiers sont des arbres endomycorhiziens (les filaments du champignon traversent les tissus de la racine) à la différence des noisetiers, hêtres, chênes et cistes qui sont ectomycorhyziens (le champignon forme des petits capuchons autour de racines courtes). Chemin faisant, Astra nous a déniché des truffes.
Nous faisons un deuxième arrêt en forêt avec peu de lumière. On a perdu des plantes (moins d’espèces), on a gagné des champignons. Le pin d’Alep, le chêne vert, le chêne blanc peuvent héberger des centaines de champignons. Ils sont en réseau. Les filaments sont dans les racines. La canopée du chêne vert fournit 40 % du carbone au champignon. On peut appliquer le dicton : « Je mange maintenant, je paye après ». Il faut trouver l’arbre qui offre à la fois le gîte et le couvert pour mettre en place un réseau mycorhizien. Il s’agit d’un réseau étendu et complexe. Franck cite une truffière naturelle dans les Pyrénées orientales qui mycorhize à 30 kilomètres alentour. Entre individus de plantes de la même espèce, la mycorhization s’effectue sur les jeunes et les vieux. Entre individus d’espèces différentes, les bouleaux qui sont des plantes pionnières (s’installent dans des zones ouvertes) nourrissent les Douglas qui leur rendent ensuite. Les réglages des échanges entre les espèces au travers des filaments du champignon se font en fonction de l’éclairage parvenant au sol. Quand le Douglas prend le dessus, le bouleau disparaît.
Franck Richard attire notre attention sur l’hélianthème, un tout petit arbuste en limite forestière qui a une durée de vie de vingt ans et qui héberge la même sorte de champignons forestiers que le chêne. Si on consulte les bases de données, on ne trouve pas d’espèces décrites !
On évoque la truffe de Malençon, le fumana à feuille de bruyère, le thym. On parle de l’hélianthème des Appenins : Helianthebum appeninum, sous laquelle on a trouvé la nouvelle truffe. On a procédé à l’examen des différents milieux. C’est là qu’il est le mieux avec 30° l’été et quatre à cinq mois sans eau. La plus grande partie des échanges passe par ses racines. Le gloméris (cloporte) adore les truffes. Les limaces assurent la germination des spores dans leur appareil digestif. On procède à une recherche sous un hélianthème.
Franck Richard évoque les disperseurs de truffes :
la mouche : six espèces pondent leurs œufs dans la truffe. On détecte la présence des mouches qui pondent. On se met sur un brûlé, elles reviennent.
un coléoptère, le genre Léiodes. La larve fait des galeries dans la truffe. Pour la lutte, on pose des pièges.
le sanglier : la truffe contient des substances identiques aux phéromones de la laie. Les spores sont conservées dans l’appareil digestif et leur capacité à germer est plus grande après être passé dans le tube digestif. Le sanglier sert donc de disperseur. À titre anecdotique : le sanglier absorbait le césium des bolets après Tchernobyl.
Dans le secteur des tombes, on trouve le cade endomycorhizien. C’est une plante charnière : gîte ou couvert ? Il pourrait faire le couvert pour la truffe après examen des racines. On travaille sur l’ADN. Au XIXᵉ siècle, on découvre une espèce mycorhizienne : le genévrier commun truffier.
Il existe 360 ouvrages sur le sujet et déjà 3 000 évocations fin 18ᵉ (1778).
D’après les notes de Régine Paris et la relecture appréciée d’Yves Caraglio
Samedi 1er mars 2025 à 18 h 15, dans les anciennes carrières de Beaulieu.
Grâce à la forte pluviométrie de ces dernières semaines, nous pouvons nous retrouver, à la différence des années passées, dans les anciennes carrières de Beaulieu. 18 personnes se sont inscrites pour cette sortie nocturne et fraîche. Un seul enfant jouera le rôle de Candide. Aurélia, technicienne en environnement, dont une des spécialités est l’herpétologie (études des reptiles et amphibiens), a installé une table face au parking du théâtre des carrières sur laquelle elle a déposé des amphibiens en plastique et deux ouvrages spécialisés afin de tester les connaissances du public sur les Amphibiens.
La classification
Sur la table, parmi les animaux présents, mettez les Reptiles d’un côté et les Amphibiens de l’autre. Le tri se fait sans grande conviction, mais une seule erreur est détectée : la tortue n’est pas un amphibien malgré la capacité pour certaines d’entre-elles de vivre dans l’eau. Le tri doit se faire à partir de la peau : nue chez les Amphibiens, recouverte d’écailles chez les Reptiles. Ensuite dans le lot des Amphibiens, quel critère pour séparer les grenouilles, les crapauds, les tritons et les salamandres : l’absence de queue chez les Anoures (Crapaud, grenouille …) et la présence d’une queue pour les autres chez les Urodèles (Triton, Salamandre).
Les espèces
Aurélia aborde ensuite les amphibiens présents dans notre région parmi les quelques 8 000 espèces recensées dans le monde :
La Rainette méridionale à distinguer de la Rainette verte, la première se caractérisant par une ligne noire qui s’arrête à mi-parcours ;
Le Pélodyte ponctué qui porte des tâches vert fluo et possède un petit chant caractéristique de boules de pétanque qui s’entrechoquent ;
Le Triton palmé identifiable par ses palmures aux pieds ;
Le Triton marbré avec ses belles marbrures vertes et noires et sa crête dorsale ;
Le Crapaud commun absent dans notre région et présent dans le Nord à la différence du Crapaud épineux. Ces deux espèces se différencient génétiquement. Le crapaud épineux possède de grosses glandes parotoïdes qui produisent des sécrétions un peu blanches si l’animal est stressé ;
Le Crapaud calamite est caractérisé par une ligne dorsale verte et tache verte ;
Le Pélobate cultripède présent dans d’autres communes. Il a un chant qui rappelle celui d’une poule. Il est équipé de petits « couteaux » sous les pattes qui lui permettent de creuser le sol.
Pour les reconnaître on dispose :
d’une expertise visuelle,
d’une expertise par les pontes,
d’une expertise par les chants.
Habituellement la rainette donne de la voix. Le complexe des Grenouilles vertes dispose de sacs vocaux de couleurs différentes. Ce sont des animaux qui ont une peau fragile notamment la salamandre. Les tritons sont des prédateurs, notamment d’œufs de grenouille. On trouve souvent le crapaud calamite en eau peu profonde, qui peut s’assécher plus facilement et alors les têtards meurent. Le Pélobate cultripède a un têtard qui peut être aussi gros qu’une main.
Aurélia rappelle les deux phases de la vie d’un amphibien :
aquatique pour la ponte des œufs deux fois par an pour certaines espèces dans notre région : printemps et automne ;
terrestre pour la plupart des adultes. Les crapauds sont plus terrestres que les grenouilles.
Les pontes
Un dernier test concernait les pontes des Amphibiens. Les œufs en chapelets, ce sont des crapauds, les œufs isolés sur une feuille enroulée ce sont des tritons… Et quelques autres espèces ont été présentées. Aurélia propose un jeu qui consiste à placer quelques amphibiens devant des pontes qui peuvent se présenter sous la forme de gros amas fileux, un long cordon ou une ponte en cordons. L’exercice est difficile, mais des volontaires tentent leur chance. Le résultat est mitigé.
la rainette a de petites pontes sous la forme de petits amas,
les tritons ont un œuf unique sous une feuille aquatique,
le pélodyte, un amas le long d’une tige. Une gangue enveloppe les œufs.
Les menaces On aborde ensuite les dangers qui menacent la survie des amphibiens :
les multiples prédateurs comme les poissons et larves de libellules sous forme de têtards ainsi que la couleuvre vipérine ou les hérons. Certaines espèces invasives prennent leur place comme les Tortues de Florides.
la sécheresse, de plus en plus fréquente avec les changements climatiques, accentue la diminution de l’eau dans les mares et perturbe la reproduction des amphibiens.
l’urbanisation et les routes causent de véritables hécatombes. Pour lutter contre ce fléau, on aménage des passages, on ferme des routes la nuit et on invite les automobilistes à ralentir. Ce sont les crapauducs.
la pollution avec notamment les pesticides qui causent une mortalité directe dans les mares. Les amphibiens ont une peau très fragile. On encourage les particuliers à ne pas utiliser de pesticides dans les jardins et à créer une mare.
la destruction directe par coup de pelle. Pour rappel, en France, les amphibiens et les reptiles sont protégés. Il est interdit de tuer un amphibien ou de perturber son développement. La plus grosse activité se situe de mars à juin et en automne chez nous.
La nuit est tombée, quittant le camp de base, nous nous dirigeons vers la carrière du Génie, dans le silence, pour surprendre peut-être ces petits habitants du soir. Sur place, Aurélia descend dans la mare temporaire et en évitant de remuer l’eau, elle pêche un triton marbré femelle aux flans gonflés d’œufs. On reconnaît la femelle à sa ligne dorsale orange. Elle a une jolie couleur verte. Les présentations faîtes, Aurélia la libère. On entend le chant de la rainette méridionale.
C’est aussi la recherche d’œufs. Le crapaud épineux pond assez tôt dans la saison et plusieurs pontes sont possibles. Aurélia pêche un triton marbré mâle magnifique. C’est une espèce en diminution. Elle est très fragile. On le reconnaît à sa crête plus en pointe. On l’appelle aussi « petit dragon des mares ». Les tritons vivent entre cinq et dix ans. Leur âge est difficile à déterminer. On peut trouver plusieurs espèces au même endroit. Comme on l’a précisé précédemment, ce sont des prédateurs d’œufs de grenouille. Ils hibernent l’hiver et se cachent sous une pierre ou un morceau de bois en été, d’où la nécessité de garder une petite mare et un pierrier dans son jardin pour garantir la biodiversité.
La pêche continue avec un triton palmé tout petit. Sa crête est fine et la palmure est peu marquée. Sa coloration est claire et il est de petite taille. On distingue le petit filet qui caractérise le mâle. Aurélia pense qu’il vient tout juste de sortir d’hibernation, car un peu maigre.
Pour clore la soirée, Aurélia nous montre la ponte du pélodyte. Pas de têtards ce soir, mais il est vrai que d’habitude, nous organisons cette sortie-découverte vers le 20 mars. C’est le grand calme. Les artistes font relâche ce soir. Alors faute de concert, Aurélia nous fait écouter un enregistrement du chant du Pélodyte ponctué qui fait penser au bruit de deux boules de pétanque qui s’entrechoquent. C’est une espèce moins présente ici que la rainette ou le crapaud commun.
L’Association Restinclières Beaulieu pour le Respect de l’Environnement (A.R.B.R.E) a tenu son Assemblée générale annuelle le vendredi 7 février 2025 à Beaulieu.
A l’issue du renouvellement partiel du conseil d’administration il a été procédé à l’élection du nouveau Bureau. Après six ans de présidence appréciée de tous, Jacqueline Taillandier a souhaité passer le flambeau. Yves Caraglio, botaniste, chercheur et agriculteur, très actif au sein de l’association depuis sa création en 2011 lui succédera.
Louise Achard à l’origine de l’association Rest’envi à Restinclières qui a fusionné avec l’A.D.E.B pour donner naissance à A.R.B.R.E se maintient en qualité de vice-présidente.
Jean-Paul Taillandier continuera à assurer la trésorerie avec François Bertin et Régine Paris le secrétariat avec l’aide de Jacqueline Taillandier.
Le Bureau accueillera un nouveau membre en la personne de Patrick Paris qui prendra en charge la communication en remplacement de Sylvie Amilien.
Régine Paris, Patrick Paris, Jacqueline Taillandier, Yves Caraglio, Jean-Paul Taillandier, Louise Achard, et François Bertin.
À Beaulieu et à Restinclières le programme des activités de l’année 2025 s’annonce dense avec des activités régulières au jardin participatif des carriers, un stage d’initiation à la construction d’un mur en pierre sèche, des journées d’éducation à l’environnement dans les écoles, des sorties découverte de la nature (champignons, batraciens, oiseaux, insectes, chauve-souris…), des activités inter-associatives, une soirée Regards croisés le 5 avril sur le thème : Cohabiter : Nature et humains. Tout le programme sera bientôt en ligne sur le site Internet de l’association.
En sa qualité de référent de l’Atlas de la Biodiversité de la Métropole (ABM) , Yves Caraglio sera présent le samedi 15 février au marché de Beaulieu avec Monique Gherardi, conseillère municipale, pour informer et inviter les habitants à participer aux actions menées dans ce cadre (comptage des oiseaux, le mois dernier).
Très prochainement, l’équipe de l’A.R.B.R.E va relancer la cagnotte en ligne afin de poursuivre la construction du mur en pierre sèche au jardin des carriers : https://arbre34160.org/jardin-de-demonstration/
La phase 1 de construction d’un mur en pierre sèche (1,40 m de haut sur 10 m de long et 0,80 m de large) a été réalisée par les muraillers professionnels Alizé Seckler et Alain Mathieu (pierre-seche.org). Lorsqu’il sera terminé le mur fera 70 mètres de long.
Soutenir notre projet
Pour financer les phases 2 et 3 de la construction du mur qui aura un rôle essentiel pour la biodiversité, l’eau, et l’harmonie du lieu, l’Association Restinclières Beaulieu pour le Respect de l’Environnement (A.R.B.R.E) ouvre une cagnotte en ligne sur Helloasso.
L’équipe vous souhaite de passer de très bonnes fêtes de fin d’année, à bientôt.