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Conférence : ARBRES ON THE ROCKS

Origine des espèces végétales et de la biodiversité

Samedi 30 novembre 2024 à 18 heures 
Au domaine COSTE MOYNIER 266 Mas de la Coste 34 400 Saint CHRISTOL – Entre-vignes

Samedi 30 novembre 2024, l’Association Restinclières Beaulieu pour le Respect de l’Environnement organisait une conférence sur le thème « De l’émergence des plantes sur les continents à celle des arbres et des forêts au Paléozoïque » 
Environ 70 personnes étaient présentes originaires de Beaulieu et des communes environnantes.
Jacqueline Taillandier, Présidente d’A.R.B.R.E a rappelé les buts poursuivis par l’association créée en 2011 et reconnue d’intérêt général, notamment l’éducation à l’environnement des enfants des écoles des deux communes.

La Présidente remercie les deux conférencières de la soirée venues présenter un thème issu de leurs travaux de recherche à l’invitation d’Yves Caraglio, botaniste et chercheur au CIRAD, référent scientifique de l’association.

Brigitte Meyer-Berthaud : Paléobotaniste – CNRS, UMR AMAP*
Depuis le début de sa carrière au CNRS, Brigitte Meyer-Berthaud a focalisé ses recherches sur divers aspects de l’évolution des plantes au Paléozoïque, la période pendant laquelle les plantes acquièrent bois, feuilles, racines et graines, et où deux grands groupes de plantes actuelles, les fougères et les gymnospermes, apparaissent et se diversifient.

Anne-Laure Decombeix : Paléobotaniste – CNRS, UMR AMAP*
Chercheuse au CNRS affectée à l’UMR AMAP, elle travaille sur les plantes fossiles du Paléozoïque et du début du Mésozoïque afin de comprendre l’origine et l’évolution de ces groupes de plantes, clés de compréhension des végétaux actuels. Anne-Laure s’attache à reconstruire leur biologie au travers de l’étude des relations entre la systématique et la diversité fonctionnelle, et entre l’évolution des plantes et les bouleversements climatiques du passé.

*UMR AMAP lab : botAnique et Modélisation de l’Architecture des Plantes et des végétations, à Montpellier.
Le programme de recherche d’AMAP recoupe plusieurs grands enjeux sociétaux et environnementaux actuels, tels que relayés par l’IPBES (https://www.ipbes.ne), le GIECC (https://www.ipcc.ch/) et les Objectifs du Développement Durable (https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/)

Les premiers arbres sont enregistrés dans des roches paléozoïques âgées de 385 millions d’années environ. Le syndrome arborescent, depuis son origine jusqu’à l’heure actuelle, combine des éléments de forme (un tronc vertical portant des éléments latéraux tels que feuilles et branches), de dimensions (hauteur, biomasse) et de durée de vie singuliers.

Si on enlève les feuilles qui sont des organes transitoires et qu’on se focalise sur le squelette, on peut considérer deux grands types chez les arbres actuels :

  • L’Arbre Poteau ou « arbre tronc », représenté par les Palmiers et les Fougères arborescentes. Sa structure permanente se résume au tronc. Dans ce type d’arbre, la fonction de conduction hydraulique est assurée par de nombreux faisceaux vasculaires séparés, tandis que le soutien mécanique (rigidité en flexion) est assuré par des fibres ainsi que par la base engainante des feuilles.
  • L’Arbre 3D, représenté par de nombreux arbres tels que chênes, hêtres ou conifère. Sa structure permanente, constituée du tronc et des branches permanentes, est en 3 dimensions dans l’espace. La conduction hydraulique et le soutien mécanique sont assurés par un seul tissu, le bois.
    Diverses combinaisons ont produit divers types d’arbres au Paléozoïque et la diversité des formes arborescentes est importante dès le Dévonien, entre -385 et -360 millions d’années. On documente à cette période :
  • des arbres Poteau chez les Cladoxylopsida que nous nommerons « Clados ». Les spécimens les plus emblématiques sont découverts dans l’état de New York aux USA où ils forment une forêt à Gilboa. Ces arbres n’ont pas de feuilles et peu de bois.
  • des arbres 3D chez Archaeopteris. Ces arbres ressemblent à des conifères actuels. On a récemment retrouvé des paléosols avec leurs systèmes racinaires très étendus à Gilboa où ils formaient des forêts à peu près contemporaines des précédentes. Ces arbres ont des feuilles et beaucoup de bois.
  • des arbres à écorce. Ce troisième type a disparu au cours du Mésozoïque. Il est représenté par les Lycopsida que nous nommerons « Lycos ». Ici, la conduction hydraulique est assurée par un petit cylindre vasculaire au centre du tronc et le soutien mécanique par l’écorce dont le volume est plus important que celui du bois.
  • un quatrième type a été mentionné, mais en fait, il ne s’agit pas de plantes et ils n’ont donc ni bois, ni feuilles. Ce sont des champignons géants représentés par un « tronc » de plus de 8 mètres de long et 1 m de diamètre, les Prototaxites. D’abord imaginés tenant debout, ils ont été interprétés plus récemment comme des formes rampantes.

Le syndrome arborescent résulte de la combinaison de caractères anatomiques et architecturaux qui sont apparus progressivement chez les plantes depuis qu’elles ont colonisé la terre ferme au cours du processus qu’on appelle « la terrestrialisation ». À l’origine, les plantes sont petites et présentent une seule tige dressée de quelques cm de haut et quelques mm de diamètre, terminée par un sac qui contient les spores destinées à la reproduction. La ramification arrive très tôt, vers 445 millions d’années, avec une tige qui se divise en 2 branches égales et dressées. Puis les branches se multiplient, se latéralisent à partir de divisions inégales et se réorientent ; certaines se stérilisent, et forment des systèmes ramifiés latéraux qui, en s’aplatissant, aboutiront à l’évolution de proto-feuilles, puis de feuilles. En même temps, le bois apparaît vers 405 millions d’années, mais dans des axes qui n’excèdent pas quelques mm de diamètre. Quelques soit leurs types, les premiers arbres évoluent des tiges plus hautes, mais selon leur type, ils possèdent ou non des feuilles et du bois.

Dès leur origine, les arbres ont formé des forêts qui ont profondément modifié les paysages et les écosystèmes terrestres, mais également les climats. Les forêts paléozoïques se sont développées sous toutes les latitudes, y compris jusqu’aux pôles lorsque les conditions climatiques le permettaient. Des forêts, dont les fossiles ont été reconnus par les premiers explorateurs de ce continent au début du 20ème siècle, ont ainsi colonisé l’Antarctique dès la fin du Paléozoïque, vers -260 millions d’années.
Les forêts étaient présentes dans les zones tropicales, dans les zones marécageuses, on trouve les Lycos et les Clados, là où l’eau est directement disponible. Un peu plus éloigné de l’eau, on trouve les « progymnospermes » comme Archaeopteris», puis les gymnospermes à partir de la fin du Dévonien.
Au cours du Permien, il y a une période de réchauffement et d’aridification. Les végétaux gagnent des tropiques vers les pôles. Ce sont alors les gymnospermes type conifères, Cycas, et Ginkgo qui forment les forêts, ainsi que d’autres groupes aujourd’hui éteints comme les Glossopteris avec de grandes feuilles en forme de langue (Glosso).

Une feuille fossile de Glossopteris du Permien d’Antarctique

Les Lycos arborescentes disparaissent vers 200 Ma mais leurs restes s’accumulent parfois dans les marécages sans se décomposer : ils donnent naissance aux lignites. Ces lignites (charbon) donnent son nom au Carbonifère, mais tous les charbons n’ont pas été formés au Carbonifère. C’est le cas en Europe, mais dans d’autres régions comme la Chine, il s’est formé du charbon au Permien par exemple.

Une couche de charbon formée par les lycophytes au Carbonifère près de Graissessac (Hérault)

Ensuite, c’est une promenade à travers les âges qui nous est proposée, on traverse le Dévonien, le Carbonifère, le Permien, le Trias en parcourant les modifications de la flore (et peu de la faune).
Il nous restera à découvrir toutes les périodes suivantes qui ont vu l’arrivée et la diversification des plantes à fleurs : les Angiospermes.

La dernière partie de cette conférence a laissé place aux questions et aux échanges fructueux et se sont poursuivis autour d’une dégustation des vins du domaine Coste Moynier.

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Régine Paris avec la relecture attentive d’Yves Caraglio.

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Jardin des Carriers : énième RDV collectif

Les étapes s’enchaînent…

Ce dimanche 17 novembre nous étions 8, dont deux enfants, qui ont vraiment participé à cet énième rendez-vous collectif au jardin des Carriers.

Nous avons planté une trentaine de plantes et en plus nous avons remplacé 6 arbres morts dans le parc des Carrières.

Tout à été arrosé, la partie haie fruitière commence vraiment à prendre forme.

Nous avons aussi déménagé le tas de plantes débroussaillées et nous l’avons posé dans la zone du potager.

Merci à tous ! À bientôt.

Les personnes qui souhaitent nous rejoindre peuvent signaler le jour et l’heure de leur participation sur le goupe WhatsApp Jardin des Carriers.


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Collecte de déchets sauvages

À Restinclières

 » Nettoyons la nature  » le dimanche 13 octobre de 14 à 16h

L’opération annuelle « Nettoyons la nature » organisée par l’A.R.B.R.E, programmée initialement à Restinclières le dimanche 6 octobre a été reportée au dimanche suivant en raison d’un temps pluvieux.

Une dizaine de personnes étaient au rendez-vous à l’Espace fête accueillies par Louise Achard, vice-présidente d’A.R.B.R.E. Munies de gants, de pinces et de sacs poubelle fournis par la Métropole, elles se sont égayées dans les chemins alentour pour ramasser les déchets non périssables et redonner à la nature son vrai visage.

La collecte a été conséquente même si, de l’avis des participants, la situation s’est améliorée au fil des années. On peut  y voir  un encouragement pour les actions menées par de nombreuses institutions et associations.

À 16 heures un goûter était offert par l’A.R.B.R.E.

Compte-rendu de Régine Paris (Secrétaire de l'A.R.B.R.E).

À Beaulieu

 » Nettoyons la nature  » le samedi 5 octobre de 14 à 16h

C’est par un beau samedi après-midi ensoleillé qu’une poignée de volontaires a participé à l’opération annuelle de collecte de déchets sauvages dans les carrières de Beaulieu.

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Activités avec l’A.R.B.R.E

Week-end de travail participatif en plein air

Le week-end du 3 et 4 août 2024 se sont tenus au jardin participatif des Carriers et au parc des Carrières de Beaulieu deux rendez-vous au choix pour avancer le travail d’installation de la biodiversité sur ces lieux réhabilités par l’association A.R.B.R.E avec le soutien de la municipalité. 

Au Jardin des Carriers

  • Les ronces sur le cheminement du jardin participatif ont été arrachées.
  • Yves a apporté de la paille pour l’ajouter sur les buttes du futur potager.
  • Les pluies orageuses du vendredi soir ont bien été accueillies par la mare temporaire, du coup il n’a pas été déposé une nouvelle couche de marne dans le fond, peut-être lors du prochain rendez-vous.

Au parc des Carrières (*)

  • Sur le parking du théâtre des Carrières un groupe muni de sécateurs à longs manches ont coupé et calibré des cannes.
  • Ces cannes ont été dressées en barrières pour délimiter un premier chemin dans le parc des Carrières.

(*) Après 10 années de plantation « Une Naissance un Arbre » le parc des Carrières est dorénavant entretenu et exploité en tant que lieu pédagogique pour les écoles et les sorties de découvertes, comme son homologue le parc de la Roselière à Restinclières.

Prochain rendez-vous au mois de septembre !

Les personnes qui le souhaitent peuvent rejoindre le groupe via le goupe WhatsApp Jardin des Carriers. ou se signaler par e-mail.


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Jardin des Carriers : étape 6

4e rendez-vous collectif

Le 21 juillet était un beau dimanche pluvieux où une dizaine de personnes est venue participer à l’avancement du jardin des Carrier. Un jardin participatif qui avance, qui avance… grâce aux efforts de chacun. Merci à tous !

Pour préparer un beau potager 🌿

Ingrédients
● une remorque de compost
● une remorque de bonne paille

Verser le compost puis recouvrir copieusement de paille à aide d’une vingtaine de bras.
Pour parfaire votre compost n’hésitez pas à terminer par un tressage en Canne!

Ne surtout pas mettre à four chaud !

Et vous, avez vous déjà créer votre potager ?

Prochain rendez-vous au choix

  • Samedi 3 août de 8h30 à 10h et/ou de 18h30 à 20h
  • Dimanche 4 août de 8h30 à 10h et/ou de 18h30 à 20h

Les personnes qui souhaitent nous rejoindre peuvent signaler le jour et l’heure de leur participation sur le goupe WhatsApp Jardin des Carriers.


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Sortie botanique à Restinclières

Dimanche 16 juin 2024, au parc de la Roselière

Le rendez-vous avec les familles avait été fixé au parc de la Roselière à Restinclières à 10 heures. 25 adultes et six enfants ont répondu présents. 
Jacqueline Taillandier, présidente d’ARBRE, rappelle en quelques mots les objectifs de l’association et la nécessité d’entretenir les deux parcs créés il y a une dizaine d’années à l’occasion des naissances dans les deux villages, Beaulieu et Restinclières. 
Le but de la promenade animée par Yves Caraglio, botaniste référent de l’association, est de montrer les relations qu’entretiennent les plantes et les insectes apparus il y a quelques 260-300 millions d’années (les plantes à fleurs ont seulement 150 millions d’années). Nous savons qu’ils sont indispensables pour assurer la pollinisation et la fécondation croisée d’une fleur à une autre.

Mais qu’est-ce qu’une fleur ? 

Frédérique Caraglio en dessine une sur une tablette. Que voit-on ?  Le public ne se fait pas prier : des pétales, une tige, le pistil qui est l’organe de reproduction femelle, les étamines …

De la « Marguerite », image d’Épinal de la fleur ! À la structure d’une vraie fleur avec son calice sa corolle, ses étamines et son pistil. 

A quoi ça sert une fleur ? Assurer la reproduction de la plante par le rapprochement des organes mâle/femelle et en attirant les insectes grâce à leur odeur et/ou à leur couleur. 
La balade est rythmée de pauses pour faire le point sur quelques notions indispensables.
Les pétales sont des feuilles modifiées et colorées.
Cinq pièces plutôt vertes, les sépales constituent le calice.
Les pétales forment la corolle, sorte de petit entonnoir que va sentir l’insecte, qu’il va repérer de loin grâce à son odeur puis il passera en visuel, le dernier élément étant tactile pour finalement goûter au nectar. 
Yves nous montre une fleur en forme de lèvres qui appartient à la famille de la sauge, du thym et de la sarriette. On découvre le calice avec un plan de symétrie qui contraint les insectes pour atteindre le nectar. Il s’agit du phlomis, ou sauge de Jérusalem. La corolle est tombée. La fructification est faite, il reste le calice. 

À gauche : les fleurs du phlomis regroupées en inflorescence. À droite : La sauge avec ses deux lèvres.

Puis on remarque un ensemble de fleurs constituant ce que l’on appelle « inflorescence ». Cela facilite le parcours de l’insecte. Nous avons affaire à une plante très odorante. Les insectes aiment bien travailler là-dessus.
On voit un insecte de la famille des punaises qui n’est pas pollinisateur puis un coléoptère sur une fleur. Il s’agit d’un pollinisateur non spécialisé, il consomme le pollen et participe malgré lui à la pollinisation.

Punaise du groupe des Pentatomidés. La « fleur » des scabieuses et est fait une inflorescence : ensemble de fleurs regroupées ensemble. Les fleurs de la périphérie sont plus grosses que celles du centre.

Nous observons des petites et des grandes fleurs sur le bord, les premières sont symétriques avec le bagage étamines et pistil et les secondes dissymétriques avec des sépales plus grandes qui s’ouvrent les premières. Il s’agit d’une scabieuse de la famille des chèvrefeuilles.

Pour mieux observer on peut utiliser des lunettes grossissantes. La binoculaire permet de voir une bonne centaine de fleurs qui constituent à proprement parler l’inflorescence mimant une fleur-type la marguerite) la fleur que l’insecte broute pour aller chercher le pollen. Le nectar constitue alors la récompense et la ressource alimentaire recherchée par l’insecte, c’est la récompense en échange de la pollinisation. L’échange génétique s’opère grâce à l’insecte vecteur.

Une inflorescence de pissenlit avec des abeilles solitaires (des Dasypodes) dont les pattes sont chargées de pollen.

Poursuivant notre chemin, on observe un insecte qui a du pollen sur ses pattes. Il appartient à la famille des abeilles. L’andrène est poilue c’est une abeille solitaire.

Abeille solitaire sur une inflorescence de scabieuse.

Les hyménoptères (dotées en général de deux paires d’ailes qui sont couplées par deux) ont une langue pour aller au fond de la corolle. On distingue deux groupes :

  • les vespidés ont peu de poils et sont des insectes sociaux (guêpe, frelon) ou solitaire (guêpe maçonne par exemple),
  • les apidés sont des insectes soit sociaux soit solitaires (comme les Xylocope ou abeille du bois). L’abeille en fait partie ainsi que les bourdons. Ces deux groupes prennent le pollen qu’ils mélangent à leur salive et en font des boules qu’ils se colle sur les pattes. Pendant leur vol, le pollen ne se décolle pas. Chez les abeilles sauvages solitaires, le pollen n’est pas collé il est simplement déposé sur les pattes ou sous l’abdomen, durant leur vol des grains de pollen se détachent et vont polliniser des fleurs au passage. Ils font des pelotes de pollen sans le coller et sont efficaces en ce qui concerne la transmission.
Abeille domestique avec des grains de pollen de Mauve sur sa tête, son abdomen et ses pattes.

Au passage, clin d’œil au liseron qui constitue une seule fleur de forme circulaire (la corolle forme un entonnoir amenant l’insecte vers le nectar sur les 5 étamines).

Le Citron utilise sa grande trompe pour aspirer le nectar dans chacune des fleurs de la scabieuse.

Durant l’évolution des organismes vivants, les insectes sont arrivés très tôt, les plantes ont réagi aux attaques des insectes par la mise en place de défenses chimiques (latex, résine…) puis il y eut les ruminants. Pour éviter que ces derniers n’en fassent qu’une bouchée, certaines plantes ont développées des épines. Une autre protection en réponse aux gros herbivores c’est de repousser comme avec les graminées qui ressortent toujours de terre (c’est pour cela que le gazon supporte la tondeuse !). Face à une contrainte, il y a toujours plusieurs solutions qui existent.
Le nectar n’a pas de production en continu, les insectes butineurs font alors leur parcours de fleur en fleur selon les horaires de sécrétion du nectar. Si on observe le millepertuis, les petites feuilles ont des petits trous. C’est translucide. La fleur simple possède une poche à huile.

Millepertuis, fleur avec plein d’étamines jaunes et ses petites feuilles avec des glandes à huile essentielle donnant une impression de mille petits trous dans la feuille.

Un trèfle : c’est comme un épi de blé avec des parties roses qui sont les fleurs. Il appartient à la famille des « fabacées ». Toutes les plantes de cette famille des Légumes (fève, haricot, petit pois, lentille…) ont des feuilles composées et on observe des « stipules » à la base de la feuille (elles ressemblent à deux petites feuilles). 
Sur du genêt on voit de grosses abeilles noires, des xylocopes. La femelle est plus grosse que le mâle. Elles piquent si on les embête vraiment. Elles ont des territoires et se battent pour les défendre. Les fleurs du genêt de loin ressemblent à celles du phlomis. Mais la fleur du genêt montre une configuration qui ressemble sur le dessus à un casque et en dessous à une piste d’atterrissage.

À gauche : la fleur du genêt (Spartium junceum, Fabaceae). À droite : le zygène (Zygaena fausta) sur la scabieuse.

Son fruit est comme celui de la fève, typique de cette famille. Les gros insectes fréquentent cette plante. Le calendrier journalier des visites aux fleurs correspond aux périodes de sécrétion. Il y a des stratégies d’évitement pour certains insectes : au lieu de passer par le centre de la fleur, ils passent en-dessous pour récupérer le nectar (par « effraction ».
On observe un papillon sur une scabieuse. On voit sa trompe qui s’enroule et se déroule et les ailes sont repliées. Il s’agit d’un zygène qui se déplace de fleur en fleur. Ce sont des papillons toxiques. Ils ont des couleurs très visibles. Ils sont équipés de quatre ailes avec sur le dessus des écailles colorées. Il est conseillé de ne pas les toucher ou les attraper par les ailes car on va enlever de la poussière qu’il y a sur les ailles (très fines écailles emboitées comme des tuiles) et ils ont alors du mal à se reconnaitre car il n’y a plus les couleurs ni les dessins des ailes. Ils hibernent en hiver. Des pontes commencent. Ils vivent entre un et deux ans. 
Un petit rappel concernant les cigales qui vivent sous terre entre deux et quatre ans à l’état de larve fixée sur une racine pour manger et seulement quelques mois à l’air libre à l’état adulte. Elles attendent la chaleur pour sortir et n’aiment pas l’humidité.

Cigale venant d’éclore accrochée à sa mue. La transformation de la larve en adulte s’est faite dans la mue.

Nous observons des euphorbes. Ce sont des fleurs discrètes et complexes. Le sphynx de l’euphorbe est un papillon rosé. L’animal se déplace à la différence de la plante d’où un intérêt plus important du public pour ce qui bouge.

L’inflorescence de l’euphorbe des moissons (Euphorbia segetalis, Euphorbiaceae) et la chenille du sphinx de l’euphorbe grignotant les feuilles et le latex !

Les étamines transformées en glandes (orange sur la photo) sécrète le nectar au centre. L’euphorbe est une grosse structure en trois parties : on trouve la fleur femelle et la fleur mâle à la périphérie. Une fleur femelle et des fleurs mâles forment une étamine. On a affaire à une inflorescence.

Toutes les plantes du genre euphorbia ont une structure de « fleur » identique quelle que soit la région du monde. Le latex protège la plante. La pollinisation s’opère par des mouches équipées d’une langue particulière : on parle de « lécheurs ». L’appareil buccal fonctionne comme le système de la paille. La trompe va se déployer. Les mêmes pièces se sont développées différemment. En regardant les pièces de la bouche on sait ce qu’elles mangent.
Les céréales sont pollinisées par le vent. 
Les insectes se caractérisent par six pattes, des antennes, deux paires d’ailes, un corps en trois parties (tête, thorax, abdomen). On observe une symétrie bilatérale. Tout est porté par le thorax. L’oeil est une grosse structure qui occupe la moitié de la tête.
Ce sont des organismes segmentés. Ils respirent par des petits trous -des stigmates- en contractant et décontractant.
La nervation des ailes permet de savoir quand est apparue l’espèce, moins ils ont de nervures et plus ils sont récents. Ils ne naissent pas « insectes » mais sont d’abord des larves avant de changer de forme. 
La guêpe se nourrit de nectar. Elle pollinise un peu. Mais c’est aussi une prédatrice, elle fait des boulettes avec ses proies pour nourrir ses larves.
Depuis la naissance de l’insecte, on observe des changements de régime alimentaire (nectar pour la guêpe/larve carnivore, de lieu de vie (eau pour la larve de libellule/air pour l’adulte), de forme (la chenille/le papillon). Pour le passage à la forme adulte, l’organisme se dissous. On refait complètement l’organisme cellulaire et on assiste à de grosses transformations : les mues.
Exemple : les petites punaises n’ont pas d’ailes mais elles ont leur forme dès le départ.
Ainsi le degré de transformation n’est pas le même pour toutes les espèces. Certains secrètent du nectar : la propolis pour les abeilles.

Nous arrivons à la fin de cette exploration dans le parc de la roselière et ses nombreux habitants. 

Quelques ouvrages peuvent nous aider à approfondir nos connaissances :

  • Intimités de Liliane Delattre avec 1 000 plantes dans son jardin.
  • Plantes et insectes, une histoire d’amour édité par les Ecologistes de l’Euzière.
  • La collection des petits zécolos : A la rencontre des petites bêtes du célèbre naturaliste Jean-Henri Fabre.

On peut aussi suivre l’inventaire de la biodiversité métropolitaine qui concerne toutes les espèces en consultant iNaturalist.

Pour terminer on observe dans un angle du préau un nid primaire de frelons qui ont migré vers un nid secondaire.

Notre sortie prend fin vers 11h30.

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Régine Paris avec la relecture scientifique d’Yves Caraglio et les photos de Frédérique Caraglio.

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