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Regards Croisés 2023

Samedi 15 avril à 18 heures 
Salle de l’Esplanade du Pic Saint-Loup – Beaulieu (34160)

Vous avez dit Nature ?

Les écosystèmes – Science et Philosophie

La 11e édition des Regards croisés de l’association A.R.B.R.E a réuni une soixante de personnes dans la salle de l’esplanade du Pic Saint-Loup à Beaulieu autour d’un thème qui est la continuation de ce qui avait été abordé l’an dernier : L’humanité face au déclin de la biodiversité.

Deux conférenciers, un philosophe, Pierre Plumerey, et un scientifique, Fabien Anthelme, ont abordé chacun dans leur discipline une approche de la Nature et des écosystèmes. Le public a pu ensuite prendre la parole pour des échanges directs avec les intervenants.

La soirée a débuté avec la présentation par deux élèves du cours préparatoire d’Isabelle Vaxelaire de l’école primaire de Beaulieu des travaux réalisés dans le cadre scolaire qui font suite à trois jours de sorties nature. Les deux fillettes sont assistées par Catherine Fels, en charge des relations avec les écoles, et par Yves Caraglio, le référent scientifique d’A.R.B.R.E.

Chaque fillette prend la parole pour présenter des dessins d’arbustes, de feuilles, de troncs et de racines. Les arbres peuvent avoir différentes formes en fonction de leur tronc, des branches, des feuilles et des écorces. Les troncs peuvent êtres courts et s’arrêter là où commencent les branches ou être très allongés et avoir des branches tout le long.

Lors de la deuxième sortie, les élèves ont pu observer différentes feuilles palmées, découpées, dentées, sous la forme d’aiguilles et distinguer les arbres à feuilles caduques qui perdent leurs feuilles en automne et en hiver, des arbres à feuilles persistantes qui conservent leurs feuilles.

Après cette introduction rafraîchissante, Pierre Plumerey prend la parole pour s’interroger sur le concept de « Nature ». La question posée indique pour le moins que l’idée de « nature » ne va plus de soi. Certains parlent même de « mort de la nature ». Cela peut se dire en trois sens : – les plus catastrophistes disent que la nature est en train de mourir tant elle subit les assauts destructeurs de notre société productiviste et consumériste. – notre monde est totalement artificialisé. Il n’y a plus rien de naturel. – la vieille idée de nature a fait son temps. Le concept est vide. D’autres concepts plus pertinents sont nécessaires comme ceux d’écologie, d’environnement, de développement durable. Tout le monde semble encore s’accorder pour dire que l’écologie s’occupe de la nature, sauf peut-être les écologues qui étudient des écosystèmes plutôt que la nature. Alors faut-il et peut-on encore recourir à cette notion ou idée ou concept ? 

1 – La nature est-elle morte ?

1.1. Qu’entendons-nous par « nature » ?

1 – Pourquoi aimons-nous nous promener dans la nature ? 

  • Le mot nature vient de « nasci » en latin et signifie « naître ».Il désigne donc un état originel, premier, qui n’a pas été touché et qui est resté tel qu’il est apparu. Se promener dans la nature c’est avoir l’impression de retrouver cet état. Cela permet de se ressourcer, renaître. D’où aussi l’idée de préserver, protéger cette nature.
  • Mais n’est-ce pas une illusion ? Qu’y a-t-il encore de naturel ? Voir aussi l’ambiguïté de l’idée de réserves naturelles. Se référer au concept de « wilderness ».

2 – « Ça pousse tout seul »

La nature est définie comme un principe de mouvement et de repos autonome. Le mot contient alors le sens du mot grec « phusis » et contient l’idée de croissance, de production, d’épanouissement, d’éclosion. La nature n’a pas besoin d’une intervention extérieure. Elle peut ainsi apparaître comme principe de vie. Deux idées apparaissent ici : – la nature est autonome – l’idée d’une inépuisable prodigalité. La nature est ressource. 

3 – « La nature est bien faite » ; « la nature fait bien les choses »

Elle désigne l’ensemble de ce qui est (parfois synonyme de cosmos, univers, monde), ou la somme des êtres qui présentent un ordre et sont soumis à des lois. (Pythagore, Galilée…).

La modernité depuis le 16e siècle a un double héritage :

  • La conception d’une nature ordonnée, la place privilégiée de l’homme dans l’ordre de la création.
  • L’homme n’est pas un être comme les autres ; il a une origine surnaturelle dont il « tire le droit et la mission d’administrer la terre » (Descola,p.129) .

4 – « C’est dans ta nature »
La nature humaine. Le mot sert à défini ce qu’est un être.
L’homme défini comme être de raison et libre. 
1.2. Tous ces éléments conduisent à définir ce que Descola résume dans le mot « naturalisme ». La nature est donc définie comme une réalité séparée dont l’homme dispose à son gré jusqu’à « se rende comme maitre et possesseur » (Descartes) Descola demande d’arrêter de voir les choses selon notre modèle mettant la culture et la société d’un côté et la nature et l’environnement de l’autre, « le point important, c’est l’idée d’une interdépendance ente nature et culture, entre humains et non-humains. »

1.3. Que valent encore les grandes distinctions par lesquelles nous nous distinguons de la nature ? – nature/culture – nature/technique, naturel/artificiel – nature/société – nature/histoire – nature humaine/ non-humain. Critique de M. Merleau-Ponty : « tout est fabriqué et tout est naturel chez l’homme ». Exemple l’expression de la colère par un japonais. Critique de Bruno Latour : tout est « nature/culture ». Ex. le climat qui comportent bien des explications physiques dites naturelles mais est aussi lié à l’activité humaine.

1.4. On peut continuer à parler de nature « en y voyant un ensemble de relations dans lesquels les hommes sont inclus, un enchevêtrement de processus ». ( Dans Penser et agir avec la nature, Catherine et Raphaël Larrère, p.11)

2 – L’écologie a-t-elle effacé la nature ? 

2.1. Que recouvre le mot « écologie » ?

  • Il y a l’écologie des écologues. Elle est alors une science.
  • Il y a l’écologie des défenseurs de la nature. (cf définition partie 1)
  • Il y a l’écologie des défenseurs de l’environnement avec des concepts d’aménagement, de gestion. En 1971, création d’un ministère de la nature et de l’environnement. Le mot nature disparaît très vite pour laisser place à l’environnement associée souvent à l’équipement. A partir de 2002, la question environnementale disparaît des attributions ministérielles au profit du concept de « développement durable ».
  • Il y a l’écologie concrète qui désigne une manière de vivre et de consommer. Elle se développe dans des mouvements d’expérimentation sociale.
  • Il y a l’écologie politique. Création de partis écologistes mais aussi de nombreux mouvements d’action comme le mouvement antinucléaire ou, aujourd’hui, les soulèvements de la terre.

2.2. Est-ce de la nature que s’occupe l’écologie scientifique ?
Qu’est-ce que l’écologie comme science ? En 1866, Ernest Haekel (1834-1919) : « la science des relations des organismes avec le monde environnant, auquel nous pouvons rattacher toutes les conditions d’existence au sens large. »
Les concepts de milieu, de vivant, de systèmes de relations sont des concepts de base de l’écologie. Importance centrale du concept d’écosystème. 
L’écologie correspond à un nouveau paradigme i.e. un nouveau cadre, modèle d’explication et de connaissance du réel. 
Edgar Morin le caractérise par le concept de « complexité ». 

Conclusion : Ce n’est donc pas « la nature » qu’étudie l’écologie, cette notion ou idée est bien trop générale et ne manque pas d’ambiguïtés. D’ailleurs, l’expression « produits bio » se substitue peu à peu à celle de « produits naturels ». 

2.3. L’écologie environnementale.
L’objectif est de définir un cadre de vie, un monde habitable et vivable.
On peut relever ici deux problèmes :

  • Le mot environnement reste anthropocentrique ; l’homme au centre et face à ce qui l’entoure ;
  • Cet environnement est à aménager pour répondre aux exigences humaines. Dans ce contexte apparaît un nouveau concept qui s’impose : le développement durable. Continuez à développer des politiques de croissance, de production et de consommation mais avec une meilleure connaissance des écosystèmes pour en assurer la permanence.

Conclusion 
L’écologie de l’environnement, dans un contexte politico-économique de développement durable, reconduit les rapports que les hommes entretenaient avec la nature même si ce mot s’éclipse de plus en plus. Il y a ainsi deux attitudes qui ne sont que les deux faces d’une même réalité : 

  • Il y a un rapport de domination et de maîtrise. Tout s’ordonne autour de l’homme et ses exigences spécifiques. L’homme face à son environnement.
  • Il y a un rapport de protection et de préservation. De maitre et possesseur de la nature nous sommes devenus maître et protecteur c’est-à-dire gestionnaire.

Ces deux attitudes ne sont pas antinomiques. Il peut s’agir de protéger et de préserver pour mieux exploiter avec une confiance totale dans la puissance techno-scientifique. 
Mais la crise climatique ne révèle-t-elle pas les impasses d’une telle attitude ? De nouveaux concepts émergent aujourd’hui.

3 – Où pouvons-nous atterrir ? 

3.1. L’anthropocène. – Ce concept répond à la question :
Quel est l’impact de l’activité humaine sur son environnement au sens large à l’échelle de la planète terre. Le terme a pris le sens actuel avec Paul Joseph Crutzen (1933-2021) ; il désigne l’entrée dans une nouvelle ère géologique dans laquelle l’activité humaine modifie l’environnement à l’échelle planétaire et met en danger la stabilité actuelle du « système terre ».

3.2. L’ère de l’anthropocène définit une nouvelle condition terrestre et nous pose 4 questions

  • Avons-nous les moyens, les connaissances pour évaluer les risques ? Comment faire face aux incertitudes nouvelles ? Si la techno-science exerce une maîtrise, parvient-elle à maîtriser sa maîtrise ? Nous flottons dans l’incertitude sur ce que nous pouvons et sur ce qui advient. Les risques pris sont à quels prix ? Suffit-il d’inscrire un principe de précaution dans la constitution (en 2005) ?
  • N’avons-nous pas à répondre de ce qui nous arrive ? Comment appliquer le principe de responsabilité formulé par le philosophe Hans Jonas (19031993) : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre. »
  • Comment éviter les « tyrannies bienveillantes » ?
  • Que pouvons-nous faire ?
    – Continuez à faire ce que nous faisons mais dans une perspective de développement durable. Quel sens donner au nouveau concept de « transition écologique » ?
    – Fuir. Dénier la réalité des problèmes. Créer de nouvelles communautés humaines sur une autre planète ? Fabriquer une nouvelle espèce « d’être humain » qui s’adapte aux nouvelles conditions ?
    – Atterrir sur terre et vivre en terrestre. Voir Bruno Latour (1947-2022) Nous avons encore le temps, malgré l’urgence, de devenir des terrestres.

3.3. Qu’est-ce que vivre en terrestre ?
Nous ne sommes ni « dans », ni « devant », ni « sur », ni « face » à la terre, la nature, le monde. Toutes ces prépositions contiennent l’idée d’un humain séparé, éloigné de ce qui n’est pas humain, la terre, les autres êtres vivants, alors qu’il appartient à la terre, à la nature, au monde qu’il habite. Les organismes font leur environnement. Et en faisant leur environnement ils se font eux-mêmes. Cf. l’exemple des termites et leur termitière. Nous sommes la terre (B. Latour), nous sommes la nature (B. Morizot), nous sommes le monde (Jean-Luc Nancy).

Conclusion avec Baptiste Morizot
« Nous héritons d’une manière de voir le monde (l’ontologie naturaliste) qui établit une distinction entre d’un côté, le monde humain et politique, et de l’autre, la nature, vue comme un ensemble inerte qui ne serait régi que par des rapports de force. Cette séparation bute désormais sur un problème : les sciences ont montré que le monde vivant est complexe et régi par une infinité de types de relations. 

C’est tout l’espace des relations possibles entre nous et les autres vivants, le continent englouti qui sépare le monde moderne de la politique et celui de la « nature ». Son émergence repose sur un fait simple : nous avons besoin de l’action des autres vivants car ils façonnent l’habitabilité des milieux pour la vie. Nous en dépendons. La beauté du monde vivant, c’est que tout le monde vit glissé dans la vie des autres, et on ne sait jamais dans la vie de qui nous sommes glissés. Il y a donc là une possibilité politique passionnante : on ne peut pas choisir qui joue un rôle dans la chaîne des interdépendances, il faut composer des alliances avec tout le monde vivant. Libération 13 avril 2023. 

Le deuxième intervenant va compléter cette première conférence par un point de vue scientifique.                               Fabien Anthelme est écologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) de Montpellier. Son intervention combine des notions générales d’écologie – à travers des figures majeures de cette discipline – et des exemples en partie tirés de son expérience de chercheur dans les Andes tropicales. Il centre son propos sur les interactions entre espèces végétales et animales avec leur environnement comme fondement d’un monde vivant en interactions.

1 – Introduction par l’exemple

Le Puya de Raimondi est une plante de la famille de l’ananas (Broméliacées). Parmi ses particularités, elles se développe sur l’altiplano andin, à plus de 4000 m d’altitude. Malgré le froid, elle pousse pendant plusieurs décennies puis forme, une seule fois dans sa vie, des inflorescences géantes pouvant atteindre plus de 10 mètres, avant de mourir. Ces inflorescences sont visitées par un colibri géant.  Les activités humaines font que cette espèce est aujourd’hui en danger d’extinction.

C’est une espèce en danger d’extinction. L’homme fait-il partie de cet écosystème, de cette nature ?

2 – Alexander von Humboldt et la naissance de l’écologie

Lors de son voyage en Amérique latine au début du XVIIIème siècle, Humboldt visite des écosystèmes tropicaux riches en biodiversité et variés. En escaladant un volcan qui culmine à plus de 6000 m, le Chimborazo alors considéré comme le plus haut sommet de la planète, il observe le paysage qui s’offre à lui. Il réalise que les différents étages de végétation qui se succèdent à différentes altitudes sont liés aux variations du climat. Par exemple, les forêts de nuages sont remplacées à plus haute altitude par les forêts andines, qui laissent place à une végétation alpine localement appelée « paramo ». Il voit la nature comme un tout, ou le vivant et le non-vivant interagissent.  C’est une introduction à l’écologie, une vision globale ou « holiste ».

3 – Frederic Clements et les communautés végétales (1916)

En 1916, soit plus de 100 ans après le voyage de Humboldt, Frédéric Clements observe au Nebraska  des étage des végétation dans une région encore peu modelée par l’homme. Il décrit pour la première fois le concept de communauté végétale, soit des groupes d’espèces qui coexistent et interagissent pour créer de nouvelles conditions qui mènent à l’installation d’une autre communauté végétale. Le concept de succession végétale de Clements se base sur le fait que les plantes d’espèces différentes peuvent avoir des interactions positives entre elles : il s’agit de facilitation entre plantes, l’inversée de la compétition. Le concept de facilitation a été formalisé beaucoup plus tard, à la fin du vingtième siècle, notamment par Ragan Callaway qui montre que la facilitation est un moteur de la dynamique des écosystèmes. Parmi les exemples de plantes facilitatrices on trouve notamment les plantes en forme de coussin dans les régions alpines de haute altitude, puisqu’elles améliorent le micro-environnement pour l’installation d’autres plantes (températures plus élevées, plus de nutriments, plus d’humidité)

4Arthur Tansley et la définition d’écosystèmes (1935)

En se basant sur les travaux de Clements, il inclue les animaux dans le système : toutes les composantes de l’écosystème sont maintenant présentes (végétaux, animaux, autres organismes vivants, environnement physique). Tansley développe une idée novatrice à l’époque :  les écosystèmes sont non seulement le résultat de la succession végétale mais ils sont aussi régis par des évènements perturbants extérieurs (feux, crues, tempêtes, etc.).

Ces dix dernières années, beaucoup d’études ont montré qu’un écosystème stable peut se transformer à la suite de perturbations créées par l’homme :  il s’agit d’effets des changements globaux sur les écosystèmes. Parfois ces perturbations ont des effets irréversibles, on parle alors de transition catastrophique comme la dégradation des écosystèmes semi-arides surpâturées en Espagne. On ne revient pas à l’état ancien. Toutefois, les perturbations ont parfois des effets positifs sur la biodiversité. Par exemple, les feux en plaines africaines produisent des écosystèmes alternatifs fonctionnels et riches en biodiversité : c’est le cas de la savane. Des écosystèmes ont été façonnés par les dinosaures il y a plus de 65 millions d’années. Lorsque les dinosaures ont disparu, les gros fruits qu’ils mangeaient ont persisté.

Arthur Tansley considérait que l’homme fait partie de la nature.

Conclusion

On peut noter des interactions entre le philosophe et le scientifique. La philosophie se nourrit aussi de ce qui n’est pas d’elle.

Aujourd’hui on observe un dérèglement climatique. Qu’est-ce que ça veut dire ? Faut-il continuer à faire la distinction Nature/Culture ? Comment parler du climat ? On peut répondre par le concept de complexité.

Après quelques questions du public les échanges se poursuivent dans le cadre convivial du repas partagé avec ce chacun.e a apporté. La formule rencontre un certain succès qui permettra de la renouveler l’an prochain autour d’un nouveau thème.

La présidente de l’association A.R.B.R.E remercie les deux fillettes du cours préparatoire de l’école primaire de Beaulieu et les deux intervenants qui ont su capter l’attention d’un public curieux de mieux appréhender le concept de Nature.

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Régine Paris avec la relecture attentive des deux intervenants.

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Futur espace « Jardin des Carriers »

Un jardin participatif aux Carrières de Beaulieu

Au printemps 2023, grâce à la subvention de notre nouveau partenaire la Fondation Roi Baudouin, nous démarrons l’aménagement d’un nouvel espace « Jardin des Carriers » proche du parc de plantation Une Naissance un Arbre (UNA). 

Notre association travaillent depuis plusieurs années avec la commune de Beaulieu sur le réaménagement des carrières et de la zone servant actuellement de parking du théâtre.

Cette zone a fait l’objet d’extraction de pierre depuis l’époque romaine. Les trous d’extraction ont longtemps été utilisés comme lieu de décharge. Si le substrat est bien du calcaire coquiller, il y a eu dépôts de gravats, de pierres et de terres argileuses. De fait ce projet est aussi une action de réhabilitation d’une zone dégradée.

LA BIODIVERSITÉ

L’impact sur la biodiversité du lieu après aménagement, du fait de l’implantation d’une cohorte de végétaux natifs d’une part et importés d’autre part (espèces potagères), est attendu surtout au niveau de la fréquentation des insectes et des oiseaux qui trouveront dans cet espace des ressources nouvelles. Pour de l’installation et de la nidification, les insectes seront les premiers concernés puis à terme les oiseaux dans la partie jardin d’agrément.

IMPACTS PÉDAGOGIQUES

À destination des enfants
À ce titre l’apprentissage de la notion du vivant (versus non vivant) est un des moyens de s’intéresser aux graines et à la germination, préambule incontournable pour les pratiques du jardin.
Notre association qui milite pour la connaissance du milieu proche, veut développer par le biais de ce jardin une réappropriation du savoir basique de la production de la nourriture (de la graine au jardin, du jardin à l’assiette, découverte et prise de conscience de la saisonnalité des productions végétales) et plus largement la connaissance de la biologie et de l’écologie, thèmes très à la mode mais peu enseignées.
Le faible éloignement du jardin permet des sorties sur la journée avec pique-nique pour les élèves du primaire. Dans ce cadre il permettra des expériences sensorielles dans le jardin d’agrément olfactives

À destination des adultes
Les habitants des deux communes demandent très régulièrement des conseils de jardinage que ce soit pour le potager, les arbres fruitiers, le jardin d’agrément. Ce jardin de démonstration se veut répondre pour partie à ces demandes au travers de la réalisation du jardin d’une part et d’animations sur le jardinage d’autre part.

Aussi la création du jardin de démonstration fera l’objet de communiqués réguliers tout au long des étapes de sa réalisation.

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Éducation à l’environnement

Journée de découverte pour des élèves de CE2 à Restinclières avec une animatrice qualifiée de « Les écologistes de l’Euzière », des bénévoles de l’A.R.B.R.E., et des parents accompagnateurs.

Mardi 21 mars 2023

Qu’est qu’une Forêt ?

En classe, présentation des personnes présentes et des 27 enfants de la classe de CE2 de Nathalie Roques-Meynier (+ 3 parents accompagnateurs : Ariane, Marion, Noëmie + Myriam AVSH et Evelyne /ARBRE). 

L’animatrice Maelis des Ecologistes de l’Euzière, assistée d’Audrey (stagiaire) introduit le sujet en demandant aux enfants de dessiner ce que représente pour eux la forêt, et d’écrire des mots qui leur font penser à la forêt. (un joli mot d’enfant : « La forêt, c’est un endroit où les animaux peuvent vivre en paix » !)

Départ en sortie au Bois de la Jasse, accessible rapidement (500m de l’Ecole). Les enfants respectent parfaitement la consigne « silence » pour écouter la nature.

– Conte « le perce neige » : Les couleurs de la nature : chaque enfant choisit une carte de couleur et doit récupérer des éléments de la nature qui ont la même couleur. 

PAUSE

Composition d’un arbre

Tous assis en rond dans l’herbe, à partir d’un schéma simplifié d’un arbre sur un carton, Maelis présente et décrit les différents éléments qui constituent un arbre et son environnement, puis on vient coller les éléments récoltés sur le schéma de l’arbre en carton.

Vocabulaire : racine, tronc, écorce, branche, feuilles, lichens, thym, écailles de pomme de pin, genévrier cade, chêne kermès, chêne pubescent (blanc), pollinisation …

À quoi servent-ils ? Comment ça marche ?

PIQUE-NIQUE + Temps libre : autonomie : « dans la forêt il y a … »

Atelier de découverte des différents types de feuilles/ formes de feuilles. Classification / Identification/ Observation à la loupe. 

Herbier : Fiches empreintes d’espèces différentes. 

La chasse aux plantes ; les élèves partent (dans une atmosphère bien joyeuse) trouver dans la nature des feuilles de toutes formes, puis rassemblement pour fixer leurs récoltes sur une feuille et en dessiner les différents éléments.

Vocabulaire ; formes dentées, en écaille (cyprès), en aiguille (pin), bords lisses, folioles, positions alternées, opposées…

PAUSE Goûter

La croissance des arbres

De quoi ont-ils besoin ? Qu’est ce qui freine leur croissance ? 

En quatre petits groupes, les enfants doivent en lister les besoins et les freins.

Puis un temps de mise en commun, qui sera reprise sur la prochaine journée.

 Sur le chemin du retour : Collecte de glands : chaque enfant récolte quelques glands qui seront plantés à l’école le lendemain après une nuit de trempage. 

Retour à l’école Bilan météo (bilan de la journée).

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Compte-rendu de l’accompagnatrice Évelyne, membre du conseil d’administration de l’A.R.B.R.E.

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Regards croisés 2023

11e édition – Samedi 15 avril

Vous avez dit Nature ?

Pour sa 11e édition de Regards Croisés l’A.R.B.R.E (Association Restinclières Beaulieu pour le Respect de l’Environnement) a choisi de programmer sa soirée « Regards Croisés » au printemps :

L’association a invité deux personnalités qui proposeront chacun leur regard de spécialiste sur les notions de nature, d’écosystème, d’environnement… :

  • Fabien Anthelme (Directeur de recherche à l’IRD).
  • Pierre Plumerey (Philosophe).

L’A.R.B.R.E propose régulièrement des activités dans les écoles en lien avec ce thème avec la participation de spécialistes comme les Ecologistes de l’Euzière. Une présentation des travaux réalisés par les élèves ouvrira la soirée.

La soirée débutera à 18 heures dans la salle municipale du Pic Saint-Loup à Beaulieu et se prolongera avec un repas partagé constitué de ce que chacun aura apporté. Entrée libre.

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Atelier d’initiation à la botanique

L’utilisation de la Flore

Samedi 26/11/2022 – 17 h – Salle de réunion du gymnase Edmonde Carrère – Beaulieu (34160)

Ce troisième atelier de l’année 2022 était animé par Yves Caraglio, botaniste référent de l’association ARBRE. Il s’inscrit dans le cadre du projet d’élaboration, sur deux ou trois années, d’un atlas de la biodiversité concernant les deux communes de Beaulieu et Restinclières, avec la possibilité pour les personnes intéressées d’élaborer un herbier personnel. Il fait suite à une sortie sur le terrain le 9 avril 2022 pour observer in situ différentes plantes et à un premier atelier organisé le 24 juin 2022.

Dix personnes ont participé à cet atelier.

Yves rappelle les deux flores utilisées le 24 juin :

  • Flore de France de la Société botanique de France, ouvrage moins précis pour la région méditerranéenne. Il nous a donné la clé photocopiée.
  • La Flore méditerranéenne de Henri Michaux (Ed. Naturalia) Conservatoire des espaces naturels. Réédition prochaine. On a les espèces du bassin méditerranéen. Coût autour de 100€.

L’objet de la séance est d’apprendre à l’utiliser. Il y a une clé pour travailler les familles.

Pour faire une séance de détermination avec une flore, il faut avoir une loupe à main au minimum. 

Yves a mis à notre disposition des binoculaires de marque Paralux (coût environ de 800 euros) qui permettent un grossissement jusqu’à 100 alors que le microscope grossit 1000 à 2000 fois. 

Le réglage effectué, on prend connaissance de l’extrait de Flora Gallica (Biotope éd.) intitulé : Clé des familles d’Angiospermes de la flore française.

La clé est dichotomique : il y a une question avec deux propositions de réponses, on choisit l’une des propositions en fonction de notre échantillon de plante.

On note le numéro de la réponse – puis on passe à la question suivante et ainsi de suite : on va tracer le parcours dans la clé de la flore. 

Dans une clé il y a toujours une aide (dessin, glossaire) qui va permettre de mieux comprendre les termes de la question.

On commence par les questions p. 45 (ouvrir le document PDF), Yves nous recommande de bien lire la question, deux fois c’est mieux au début pour ne pas se tromper. Nous avons pour chaque question deux propositions. Très vite on est confronté aux difficultés inhérentes à un vocabulaire scientifique spécifique, d’où l’utilité du glossaire :

1  – plante holoparasite (holo = entièrement) – Ex. : le gui. C’est rare de tomber sur ce type de plante. 

1’ – Plante autotrophe…   oui, ex. le genet – on va au 2

2 – Feuilles munies d’une ochréa.  Petite membrane autour de la tige (stipules soudées)– chez l’oseille – famille des Polygonaceae.

Coccoloba

2’ – Feuilles dépourvues d’ochréa : on répond oui et on va vers 3.

3 – Plante +- aquatique, flottante ou fixée sur le fond de pièces d’eau   

3’ – Plante plutôt terrestre ou vivant au bord des pièces d’eau : oui donc renvoi au 4

4 – Etamines à déhiscence valvicide :  les tissus se dessèchent, les anthères vont s’ouvrir et les grains de pollen vont pouvoir s’échapper par des valves/pores. Déhiscence = ouverture.

4’ – Etamines à déhiscence non valvicide : oui, renvoi au 6

6 –  Feuilles éphémères ; plante portant des épines et des glochides fasciculées sur une aréole et à tiges aplaties en raquettes

6’ – Caractères non réunis : oui, renvoi au 7

7 – Arbre, arbuste ou plante grimpant sur un support vivant ou non 

7’ – Sous-arbrisseau ou plante herbacées non grimpante sur un support : oui, renvoi au 8

8 – Plante à feuilles composées de folioles ou divisées presque jusqu’aux   nervures : on a une feuille composée de 3 ou 4 folioles. On va à 9.

8’ – Plante à feuilles entières, non composées (ou réduites à 1 foliole), ou diversement divisées mais non jusqu’aux nervures, ou nulles

9 – Fleurs grandes, solitaires, rouges, à 5 sépales verts persistants et nombreuses étamines ….  Ex : laPivoine – non-

9’ – Fleurs petites, vert jaunâtre ou vert clair, réunies par (4)5(7) en un glomérule cubique… Non-9’’ – Caractères non réunis – Aller à la clé D (p. 55)

Clé D
1 – Feuilles opposées ou verticillées, au moins les inférieures et moyennes
1’ – Feuilles alternes ou toutes à la base – Oui , on va à 10 p. 56

10 – Plante monoïque ou à fleurs hermaphrodites,  ou toutes en capitules involucrés ; pétales nuls ou tous soudés ; gynécée à ovaire infère. « involucre » = un axe porte des fleurs. Petite feuille (bractée) à la base de chaque fleur. La tige va s’aplatir. On va retrouver les petites fleurs tassées dessus. Ex : le tournesol.

Dalhia arborea – involucre de bractées.

10’ – Plante à fleurs hermaphrodites, en ombelles, ombelles d’ombellules ou pseudocapitules ; pétales libres ; gynécée à ovaire infère.   Non

10’’ – Plante monoïque ou polygame…  Non

10’’’ – Plante à fleurs hermaphrodites ni en capitules, ni en ombelles, ni en spadice ; gynécée à ovaire supère. Oui, on passe à 12 avec quatre propositions. 

12 – Fleurs gamopétales (soudéesà 5 étamines

12’ – Fleurs gamopétales  à 4 étamines

12’’ – Fleurs gamopétales  à 2 étamines

12’’’ – Fleurs à pétales nuls ou à au moins 3 pétales libres :  Oui, on passe au 16

16 – pétales +- profondément laciniés (très découpés); fruits = capsules

16’ – Pétales non laciniés, ou nuls.   Non, on va au 17

17 – 6 étamines (parfois 4, alors calice à 4 sépales) ou 2 trifides

17’ – 8-10 étamines ou 5 étamines + 5 staminodes. Oui, on va au 19

19 – Plantes pourvues de poches sécrétrices internes…

19’ – Caractères non réunies ; fruits = schizocarpe, capsules ou gousses, celles-ci devenant parfois  indéhiscentes ou lomentacées. Oui,  on va à 20

20 – Corolle actinomorphe

20’ – Corolle zygomorphe – Oui, on va au 22

Corolle zygomorphe.

22 – Androcée à 10 étamines monadelphe ou diadelphe ; 1 carpelle Fabaceae

Conclusion

On arrive à la famille des Fabaceae. C’est un très grand groupe avec des sous-familles.

La terminaison -aceae- désigne la famille, elle est nommée à partir d’un genre typique, ici Faba. Il nous faudra déterminer le genre « Faba » en utilisant à nouveau des clés. Puis on déterminera l’espèce.

Comme « Rosaceae », genre Rosa (les roses) ; « Apiaceae » pour Apium (les céleris).


Pour acquérir plus de dextérité, Yves conseille de faire l’exercice tous les quinze jours et pour développer nos compétences en botanique, il conseille deux ouvrages :

Petit Guide illustré de botanique   de Corinne Décarpentrie (Ulmer édition) 14,90€
Idéal pour se familiariser avec les termes et leur définition et peu onéreux.

La botanique redécouverte d’Aline Raynal-Roques (Belin) INRA Edition, 31 euros
Plus copieux, pour vraiment apprendre et s’investir dans la botanique.

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Régine Paris avec la relecture d’Yves Caraglio

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UNA DÉCEMBRE 2022

Plantations dans le parc des Carrières à Beaulieu

Dimanche 11 décembre à 14 heures

Comme chaque année à la même saison, l’association ARBRE avait donné rendez-vous aux parents volontaires pour planter un arbre à l’occasion de la naissance de leur enfant. 14 familles ont répondu positivement, 3 ont demandé que l’on plante les arbres en leur absence et finalement 5 familles étaient au rendez-vous dimanche après-midi. Le soleil était présent aussi, ce qui fut bien agréable compte tenu des basses températures en cette période de l’année.

La présidente de l’association, Jacqueline Taillandier, a présenté aux parents les activités d’ARBRE tout au long de l’année : des animations auprès des enfants des écoles par les Ecologistes de l’Euzière, des sorties et des ateliers nature dans la perspective de la confection d’un atlas de la biodiversité en partenariat avec tous les habitants volontaires, l’opération annuelle Nettoyons la nature avec cette année l’accent mis sur le devenir des déchets, la soirée Regards croisés avec deux conférences-débat axées en 2022 sur les menaces pesant sur la biodiversité et par voie de conséquence sur l’humanité toute entière.

A l’aide de pioches et de pelles et après le traditionnel tirage au sort, les jeunes parents ont planté un cerisier bigarreau, un pommier d’ornement, un prunier « valor », un érable champêtre, un néflier sauvage et un olivier, sous le regard attentif et les conseils de Claire Atger, spécialiste du système racinaire, et d’Yves Caraglio, botaniste au Cirad.

Claire Atger a rappelé les règles simples mais indispensables pour réussir une plantation qu’elle avait déjà indiquées l’an dernier.

Un arbre supplémentaire, un robinier, a été planté aux abords du parking du théâtre des carrières.

Avec les plantations du jour, le parc des carrières, créé il y a 8 ans, est riche d’une centaine d’arbres. Une extension est prévue pour 2023.

Les plantations effectuées, l’association a offert aux parents et aux enfants présents une collation -boisson chaude ou froide et pâtisserie maison-. Les échanges se sont poursuivis dans une ambiance conviviale et sous les regards bienveillants des promeneurs du dimanche. Un jeune couple de passage venant de St Géniès des Mourgues n’a pas hésité à venir découvrir le parc et l’association.

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Régine Paris, secrétaire de l’ARBRE


Plantations dans le parc de la Roselière à Restinclières

Dimanche 11 décembre à 10h30

Une matinée de plantations pour les bébés nés en 2022

Une quinzaine de familles avaient bravé les températures glaciales en cette matinée de dimanche pour rejoindre au parc de la Roselière les bénévoles de l’ARBRE venus les aider à planter l’arbrisseau offert pour leur enfant né dans l’année.

Sans doute en raison du report de l’opération d’une semaine pour cause de pluie, le maire Geniès Balazun habituellement présent avec sa famille n’avait pu venir. Après quelques mots de la présidente Jacqueline Taillandier pour présenter l’association de protection de la nature créée en 2011 et son fonctionnement, en insistant sur l’importance des adhésions qui la font vivre, les familles étaient invitées à tirer au sort le petit papier portant le nom de l’arbre dévolu à leur bébé. A noter que ce geste symbolique s’adresse à tous les parents habitant le village, adhérents ou pas.

Comme toujours, les arbrisseaux principalement choisis par Yves Caraglio, notre référent scientifique (botaniste au CIRAD) sont des espèces bien adaptées au climat de notre région. Sa collègue Claire Atger, Docteure en botanique, chargée d’études à Pousse Conseil, spécialiste des systèmes racinaires, remettait les arbres aux familles avec les explications nécessaires à leur installation réussie.

Munis de pelles et de pioches, les parents secondés par nos bénévoles, ont ensuite trouvé leur emplacement et procédé aux plantations. Certains qui n’avaient pu venir ont eu leur arbre planté par nos soins.

Au total, 136 arbres, dont 25 ce dimanche, ont été plantés en 9 ans, ce qui oblige l’association à trouver désormais une extension au parc de la Roselière.

Pour réconforter les jardiniers improvisés, les membres de l’association avaient apporté le traditionnel vin chaud et boisson épicée à la pomme, et confectionné leurs spécialités pour l’apéritif (pissaladière de Jacqueline, houmous aux avocats de Louise) ; un moment convivial qui permet aux jeunes parents de se rencontrer et d’échanger dans une ambiance bucolique.

A noter que plusieurs animations sont organisées au parc chaque année, notamment avec l’école ou les associations de parents d’élèves. Et les familles sont bien sûr toujours les bienvenues pour venir entretenir et arroser les plantations en période de sécheresse.

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Louise Achard, vice-présidente de l’ARBRE

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