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Animation Enfants

6e édition Regards Croisés
Des insectes et des plantes

Mercredi 14 novembre 2018

Autour des abeilles et du miel

Dans le cadre de son « Regards croisés » annuel autour du thème cette année des insectes et des plantes, l’association ARBRE a organisé deux ateliers –le matin à Beaulieu, l’après-midi à Restinclières- destinés à des enfants âgés de 6 à 10 ans,  sur inscription préalable.

19 enfants (11 le matin et 8 l’après-midi) ont répondu présents avec pour quelques-uns le souvenir de l’atelier tapenade de l’an dernier.

En première partie, M. Almès, apiculteur à Saint-Drézéry, fait une démonstration de son savoir- faire. Les enfants découvrent dans une ruche vitrée les abeilles au travail avec de surcroît la présence d’une reine marquée d’un point jaune sur le thorax. A ce propos M. Almès indique qu’il existe trois castes d’abeilles :

  • Les reines : elles assurent seules la ponte
  • Les mâles : ils sont chargés de la reproduction au printemps. Ils se baladent de ruche en ruche et meurent tous la même nuit au début de la mauvaise saison.
  • Les ouvrières, très nombreuses, sont de sacrées travailleuses : elles assurent le nettoyage de la ruche, la fabrication de la cire, la récolte de l’eau, du pollen et du nectar, le gardiennage…

Les enfants sont subjugués par l’activité incessante et le bourdonnement des abeilles présentes sur le cadre de la ruche vitrée. D’habitude elles vivent dans l’obscurité de la ruche. Dans une colonie d’abeilles 1000 meurent chaque jour. Il y a donc un grand renouvellement.

Selon le type de miel que l’on veut obtenir, les ruches sont transhumées dans différentes régions, sur des terrains mis à disposition par des propriétaires qui reçoivent en contrepartie quelques pots de miel : dans la région de Toulouse pour le miel de tournesol, en Haute-Provence pour le miel de lavande, dans les Cévennes pour le miel de châtaignier et le Larzac pour le miel de thym. A ce propos, M. Almès rappelle aux enfants qu’en cas d’attaque des abeilles il vaut mieux se sauver que chercher à se défendre. En règle générale  les abeilles ne sont pas agressives si on ne les embête pas.

Les abeilles butinent dans un espace de 3 km, voire jusqu’à 6 km. Elles recherchent le nectar des fleurs qui servira à fabriquer le miel. Elles préviennent les copines, nous dit M. Almès, au moyen de danses, de vibrations et d’odeurs. En allant de fleur en fleur elles assurent la pollinisation des plantes et sont ainsi très utiles.

Elles se nourrissent de miel –pour l’énergie- et de pollen –pour grandir- mais actuellement la raréfaction des ressources de nourriture oblige parfois quand l’hiver est arrivé à leur apporter des compléments alimentaires.

  1. Almès montre aux enfants le matériel nécessaire à l’apiculteur pour, au moment de recueillir le miel dans la ruche, se protéger des piqûres d’abeilles : le port d’une combinaison, d’un voile pour la tête et de gants ainsi que l’utilisation d’un enfumoir. L’enfumage supprime les odeurs qui permettent aux abeilles de communiquer entre elles et de structurer la colonie. Au plus fort de la saison, une ruche peut contenir jusqu’à 60 000 abeilles contre 30 000 habituellement.

L’apiculteur procède ensuite à la dégustation de différents miels qu’il offre aux enfants, du plus doux au plus fort. Ils se régalent tous avec le miel de tournesol, le miel du Larzac toutes fleurs, le miel de lavande délicatement parfumé et pour terminer le miel de châtaignier au goût plus marqué. M. Almes explique que la cristallisation du miel est normale et naturelle et assure une meilleure conservation.

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Dans un second temps et toujours en présence des abeilles en démonstration, les deux  animatrices de L’Effet Gomasio prennent en charge les enfants autour d’une grande table garnie de plantes aromatiques et de fruits séchés. On passe à la pratique avec l’atelier cuisine pour confectionner deux samosas et une barre de céréales.

Pour le premier samosa, chaque enfant reçoit une demi-feuille de brick et un bol contenant un mélange à base de carottes rapées mi cuites, de fromage de brebis  frais et biologique et du miel.

La séance pliage peut commencer : après avoir déposé une bonne cuiller à café du mélange carottes-brebis-miel sur le coin gauche de la demi-feuille de brick pliée en deux, on forme le premier triangle puis le second et ainsi de suite (cf. pliage sur Internet). Les samosas sont ensuite déposés sur une plaque huilée (huile de tournesol) et mis au four préalablement chauffé pour la cuisson pendant 10 à 15 minutes. Chaque enfant récupère son samosa après cuisson.

Pour le second samosa, les enfants ajoutent au mélange de base carottes-brebis-miel, à leur guise et après les avoir goûtés le cas échéant, quelques extraits des plantes aromatiques fraîches et/ou séchées mises à disposition : fenouil, sauge, cumin, origan, estragon, aneth, menthe, basilic, graines de césame…

La seconde recette réalisée par les enfants concerne le flapjack ou barre de céréales énergétique.  Par groupe de deux, les enfants vont mélanger 200g de flocons d’avoine dans un saladier avec 100g de beurre fondu, une cuiller à soupe de miel des Cévennes, une cuiller à soupe de sirop d’agave. A leur choix ils pourront ajouter les fruits séchés rapés à disposition : noisettes, pommes séchées, coco rapé, amande, raisins secs, banane séchée, chocolat noir … La préparation terminée, ils la verseront dans des fonds de tarte individuels qui seront disposés dans le four chaud pendant 10 à 15 minutes.

À midi, chaque enfant part avec ses petites préparations qu’il pourra faire goûter à sa famille et amis. Les ateliers se sont déroulés dans une bonne ambiance. Les enfants ont été attentifs aux consignes qui leur étaient données et les plus timides marmitons se sont bien intégrés au groupe.

Rendez-vous l’année prochaine pour de nouvelles découvertes culinaires.

Merci à M. Almès qui nous a fait partager sa passion pour les abeilles et à L’Effet Gomasio pour sa prise en charge gourmande des petits marmitons d’un jour.

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Compte-rendu de Régine Paris

Animation zéro déchet

“la famille zéro déchets”

Caroline Audibert nous proposera deux ateliers  :
• à Beaulieu le 16/09/2017 à 9h30à l’espace sportif
– Matinée des association» sur le stand de l’ARBRE
• à Restinclières le 24/09/2017 à 11h au stade
– au cours de l’opération «Nettoyons la nature»
zero dechet

Les plus jeunes, pourrons exercer leur créativité en fabriquant divers objets :

  • pots à crayon à l’aide de boites de conserve ou de bouteilles en plastique et de papier de magazine (voir photo ci-jointe),
  • un mobile pour l’extérieur à l’aide de perles de vieux colliers et de bouchons en plastique (voir photo ci-jointe).
  • personnages ou boite cadeau à l’aide de rouleau de papier toilette (voir photo ci-jointe).

Les grands, découvrirons des recettes simples et naturelles de produits ménagers

  • recette multi-usage,
  • recette nettoyage des surfaces,
  • recette pour nettoyage des vitres.
  • quelques recettes de cosmétique (huile démaquillante, dentifrice).

À ne pas manquer!

 

 

Regards croisés 2018

6e édition Regards Croisés
Des insectes et des plantes

Samedi 17 novembre 2018

Conférence-débat 

La soirée se déroule au Foyer de Beaulieu mis à disposition par la commune. La salle a été décorée avec des panneaux prêtés par la Maison Départementale de L’Environnement (MDE) de Restinclières (Prades-le-Lez) et des panneaux photographiques confectionnés par Liliane Delattre qui a animé la veille une soirée autour de la fable de La Cigale et la Fourmi à la bibliothèque de Restinclières. À notre demande Jean-Pierre Almès, apiculteur à Saint-Drézery, a installé un échantillon de ses miels. Sur une autre table on peut découvrir quelques publications des Ecologistes de l’Euzière sur les plantes et les insectes. Liliane Delattre expose également quelques-unes de ses créations artistiques (livre pour enfants, photophores, magnets, lampes).

Jean-Pierre Fels, président de l’ARBRE, ouvre la soirée avec la présentation des intervenants :

  • Stéphane JAULIN de l’Office Pour les Insectes et l’Environnement (OPIE)
  • Etienne LUCAS, étudiant en Master2 Ecosystèmes
  • Bertrand SCHATZ du CNRS-Montpellier, spécialiste de la pollinisation
  • Jean-Pierre ALMES, apiculteur à Saint-Drézéry.

Yves Caraglio, chercheur au CIRAD, en charge de la logistique scientifique de l’association assurera l’animation de la soirée.

Nous saluons la présence d’Arnaud Moynier, maire de Beaulieu et de deux de ses adjoints, Marie-Paule Dusserre et Jean-Luc Bourdenx ainsi que la participation d’une quarantaine de personnes.

Yves Caraglio donne la parole à Stéphane Jaulin, entomologiste à l’OPIE, pour le premier exposé.

M. Jaulin attire l’attention du public sur la disparition en 40 ans de 45% de la population invertébrée, en même temps qu’un déclin de la diversité : les populations disparaissent avant les espèces. Il fait état d’une étude allemande qui conclut à une diminution de 76% des insectes volants, liée principalement à l’utilisation des pesticides. Pour la même raison, la population des oiseaux a décru de 30% en 15 ans.

On dénombre dans le monde 3,5 millions d’espèces d’oiseaux qui se sont adaptés à la vie terrestre. En France on a identifié 39 299 espèces d’insectes (INPP 2018). Ainsi ¾ des espèces sont des insectes. M. Jaulin déplore le retard pris au niveau de l’acquisition des connaissances.

Le décor étant planté, il aborde les principaux ordres  d’insectes : éphéméroptères, odonates (libellules), orthoptères (grillons), plécoptères, coléoptères (coccinelles, scarabées…), lépidoptères (papillons), diptères (moustiques), hyménoptères (abeilles, guêpes, fourmis) et ce n’est pas fini… des groupes sont encore inconnus !

Il évoque ensuite quelques éléments de biologie : des insectes revêtent des  formeset des couleurs très varies, avec des ailestrès variables selon les groupes. Les ultraviolets permettent de faire de nouvelles découvertes ; des cycles biologiquesdifférents (métamorphose incomplète/métamorphose complète (papillon) ; des modes de reproduction sexué (accouplement en quelques secondes ou quelques heures) ou par parthénogenèse (phasme, magicienne dentelée) ; des régimes alimentairesdifférenciés (coprophage, détritivore, insectivore, hématophage, phytophage, nectarivore, suceurs de sève, xylophage (bois mort) ; plusieurs modes de déplacement(vol, marche, saut) ;  une communicationvisuelle (lucioles, vers luisants), sonore (cigales -22 espèces en France mais en déclin), chimique (phéromones), tactile. Attention : le port de la couleur rouge signifierait « je suis méchant “Avis aux amateurs !”

Une telle variété d’insectes amène à se demander : A quoi ça sert ?

M.Jaulin s’empresse de nous rassurer. Les insectes assurent :

  • la pollinisation : son absence entrainerait la disparition de 85% des fleurs !
  • la régulation
  • un réservoir alimentaire y compris pour les hommes : 1200 espèces sont consommées dans le monde
  • le recyclage des matières organiques
  • ce sont des bio-indicateurs pour surveiller la santé des milieux naturels,
  • du matériel biologique.

Leur mauvais côté : les insectes sont vecteurs de maladie (paludisme, chikunguna), ravageurs de cultures et de denrées alimentaires. 

Mais ils sont aussi des auxiliaires de l’agriculture (coccinelles), parfois un outil d’identification en criminologie (datation de la mort).

Bien que très menacés, ils nous survivront quand nous aurons disparu ainsi que les mammifères. 

Ce qui les menace : la fragmentation des habitats, les destructions directes et indirectes (pesticides, changements climatiques), la pollution lumineuse et atmosphérique, les espèces invasives. D’autres menaces : intensification agricole, abandon de l’agriculture en moyenne montagne, sécheresse climatique, sylviculture intensive, pression touristique, gestion inconsidérée, urbanisation, feux… Pour toutes ces raisons, il est urgent de mener une réflexion sérieuse sur l’aménagement du territoire.

Une étude récente  menée sur 38 espèces en France de 1980 à 2000  a révélé la disparition totale de certaines espèces de notre territoire national.

Les principaux programmes de conservation en France ont pour but l’amélioration des connaissances, la protection et la gestion (ZNIEFF, conventions Cités, Natura 2000), la communication et la sensibilisation, la réglementation (la Convention de Bonn en 1979, une convention européenne en 1992). On ne s’intéresse aux insectes que depuis 200 voire 300 ans. C’est récent. Les critères sont souvent esthétiques et concernent les plus grosses bêtes et les plus jolies. Il faudrait revoir les listes et les critères plus ou moins scientifiques qui président à leur confection. La réussite est mitigée. Il y a des mutations. On a ainsi découvert trois nouvelles espèces de libellules.

Après ce panorama très complet illustré d’un joli diaporama, Yves Caraglio remercie l’intervenant et donne la parole à Etienne Lucas, étudiant en Master 2, qui va nous parler d’une étude qu’il a menée sur la pollinisation. 

Son propos porte sur les plantes trompeusesqui, dépourvues de nectar, se parent de leurs plus beaux atours au moyen d’une floraison précoce afin d’attirer des insectes naïfs, souvent jeunes. Elles exploitent tout simplement des pollinisateurs. C’est le cas d’un tiers des orchidées qui fleurissent tôt. Il en est ainsi de l’ophrys jaune pollinisée par une jeune abeille. L’ophrys bécasseexploite les petites abeilles. La barlie de Robert(1) a une grosse inflorescence précoce (plusieurs dizaines de fleurs). Ses pollinisateurs sont le bourdon, le xylocope. L’iris naina deux couleurs –jaune et violet- et attire les bourdons, les abeilles solitaires et les xylocopes. L’arum d’Italieodorante attire la mouche papillon femelle et les diptères.

Cette intervention surprenante a constitué une petite récréation avant de retourner dans le « dur ».

(1) L’orchis géant, ou orchis à longues bractées est une espèce d’orchidée terrestre européenne. Elle fut d’abord décrite sous le nom d’Orchis robertiana par Loiseleur, qui l’avait dédiée à son ami botaniste G.-N. Robert. En 1967, après révision taxinomique, elle prit le nom de Barlia robertiana(Wikipedia)

Yves Caraglio remercie Etienne et donne la parole à Bertrand Schatz du CNRS qui s’est intéressé à un moment donné aux savoirs locaux portant sur l’utilisation du bois de châtaignier en apiculture cévenole. Ce travail est issu d’une thèse. 

Pour comprendre l’histoire de l’apiculture, il faut se souvenir des différentes étapes qu’elle a connues :

  • La collecte dans la nature
  • Les ruches fixes traditionnelles en bois, en paille, en écorce de bois
  • Les ruches modernes avec la transhumance et la pollinisation industrielle.

Cette étude a porté principalement sur les ruchers-troncs en Cévennesinstallés sur des terrasses et qui ont quelques 150-200 ans. Il a procédé sur le terrain à la collecte de ce savoir local. Pour illustrer son propos, Il projette des photos de ruchers-troncs  composés d’une lauze de base, d’un tronc évidé et d’une lauze de couverture. Il nous montre des schémas explicitant la fabrication et le fonctionnement de ces ruchers « exotiques » pour le commun des mortels. Il nous dit tout sur la collecte des essaims, le nettoyage des ruches au printemps, la récolte du miel en été. Il a ainsi pu décompter 323 ruchers-troncs en Cévennes, intégrés autrefois à des écoles ou installés en forêt, généralement situés à une altitude minimum de 660 m, avec une exposition sud et sur un terrain schisteux.

Une partie des 365 ruches du grand rucher-tronc au site «Les Balmelles» près de Villefort

Pour des raisons de conservation et d’intérêt touristique, le Parc des Cévennes assure désormais une protection de ce patrimoine naturel et culturel.

Dans le cadre de cette étude, Bertrand Schatz a consulté les archives du Gard et de la Lozère. Il en a conclu que l’abeille noire existait à l’époque de la Préhistoire, qu’en 464 après J.C. les Romains connaissaient cette zone fertile en miel (ruchers en paille ?), qu’en l’an 1000, on plantait des châtaigniers en Cévennes. En 1226, il est attesté l’existence de ruchers et de « bigres » : des collecteurs de miel. La cire et le miel ont semble-t-il constitué une monnaie. On retrouve la trace attestée de ruchers-troncs vers l’an 1500. En 1627 il est fait mention des bigres dans des actes notariés. Une gravure de 1774 atteste de leur existence et de leur manière de récolter le miel.

Gravure de 1774 de Johann Georg Krünitz (1728-1796) montrant à la fois la collecte de miel dans les arbres et la confection d’une ruche-tronc.

Les années 1800 constituent l’âge d’or de l’apiculture traditionnelle avec les ruches-troncs.  A partir de 1900 on voit apparaître les premières ruches à cadres. Aujourd’hui on peut parler du déclin de la ruche-tronc. En 1950, arrivée de nouvelles races d’abeilles. En 2000 on esquive un retour à la ruche-tronc pour le tourisme. Elle constitue un objet décoratif (coût de 300€ environ contre 150€ pour la ruche à cadres). Elle est moins productive (1 à 5 kg contre 10 à 40 kg pour la ruche à cadres). Elle est aussi destinée à une culture sédentaire et plus sensible aux maladies. Construite localement elle offre une économie optimisée. A côté, la ruche à cadres est mobile et permet la transhumance, fabriquée en matériau non local, elle offre une économie maximisée.

Les arguments qui plaident en sa faveur : l’ambiance à l’intérieur de la ruche est régulée, le bois de châtaignier est bénéfice à la colonie : il repousse le varroa, destructeur de parasites.

Pour en savoir plus, le conférencier conseille la lecture  du livre  intitulé : Les routes du mield’Eric Tourneret.

Le public s’est montré très intéressé par ces trois interventions. Quelques questions ont été posées aux intervenants qui se sont efforcés d’y répondre.

Pour clore la soirée Yves Caraglio donne la parole à Jean-Pierre Almès, apiculteur à Saint-Drezéry qui expose tout simplement son goût et son savoir-faire, hérité de son père, apiculteur. Son témoignage est le bienvenu après les exposés théoriques. 

À 22h, les intervenants et les auditeurs sont invités à poursuivre les échanges autour de quelques agapes offertes par l’ARBRE.

Bertrand Schatz, Stéphane Jaulin, Yves Caraglio, Jean-Pierre Almes, Lucas Étienne et Liliane Delattre. (Article Midi Libre)

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Régine Paris avec la relecture attentive d’Yves Caraglio